Age of Shadows : espionnage à Shangaï

Le cinéma sud-coréen vit un bel été dans les salles françaises. The Strangers, Man on High Heels, Black Stone et bientôt Dernier train pour Busan… Sans parler du nouveau film de Park Chan-Wook, Mademoiselle, attendu pour l’automne, la Corée du Sud s’avère bien plus représentée sur grand écran que ces dernières années, et ce n’est pas pour nous déplaire. Peut-être y verrons-nous bientôt un autre titre très attendu de 2016, nommé Age of Shadows. Le film, première production locale assurée par Warner Bros (qui le distribuera donc à l’international), marque le retour sur le devant de la scène de l’enfant terrible du cinéma coréen, Kim Jee-Woon. Après un détour hollywoodien intrigant, mais pas non plus inoubliable (c’était pour le film d’action Le dernier rempart, avec Schwarzenegger), Kim revient six ans après son définitif I Saw the devil (J’ai rencontré le diable) sur ses terres, pour y diriger une grosse production aux antipodes, comme d’habitude, de ses films précédents.

L’indépendance à tout prix

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Ainsi, après avoir tâté du western (Le bon, la brute et le cinglé), du fantastique (Deux Sœurs) et du thriller ultra-violent (A bittersweet life), ce technicien hors pair s’attaque au film d’espionnage, qui plus est en costumes. Age of Shadows se déroulera ainsi durant l’occupation japonaise de la Corée, qui s’est étendue des années 1910 jusqu’à 1945. Le film s’attarde ainsi, vers 1930, sur les agissements d’un groupe de résistants, les Heroic Corps, des indépendantistes qui veulent transporter de Shangaï à Séoul des caisses d’explosifs, afin de faire sauter des bâtiments stratégiques japonais. Bien évidemment, la police japonaise est sur leurs talons, et plus spécifiquement un officier aux origines coréennes, qui tente de les intercepter tout en se posant quelques questions sur la portée de son engagement.

Cet agent tiraillé entre deux nations est joué par l’une des plus grandes stars de l’industrie, Song Kang-Ho (Le transperceneige, The Host), qui arbore dans la première longue bande-annonce du film un air grave de circonstance. Age of Shadows semble ainsi bien plus sérieux et stressant que le récent Assassination, qui explorait une époque et des enjeux similaires.

Du suspense à revendre

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Une chose est sûre : Age of Shadows, qui s’appuie sur des décors luxueux, amples et évocateurs, semble gorgé de suspense et de mystère, comme en témoigne les passages extraits d’une séquence en train, qui devrait constituer l’un des morceaux de bravoure du film. Que l’on aime ou pas le cinéma de Kim Jee-Woon, impossible de nier ses qualités plastiques, calibrées pour être découvertes sur très grand écran.

« Age of Shadows semble plus sérieux et stressant que le récent Assassination, qui explorait une époque et des enjeux similaires. »

Age of Shadows, qui compte aussi au casting Gong Yoo (Dernier train pour Busan, Silenced) et Seo Yeong-Joo (Moebius), sortira en septembre prochain en Corée du Sud, mais fera un détour à la même période à la Mostra de Venise, où il sera présenté hors compétition. En attendant plus d’infos sur une sortie européenne, il faudra se contenter ce trailer heureusement sous-titré en anglais par les bonnes âmes de l’Internet… et espérer, pourquoi pas, une sélection à l’indispensable Festival du film coréen à Paris ?

Bande-annonce

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