Assassin’s Creed : pour les fans seulement ?

Un petit rappel s’impose pour ceux qui n’ont jamais lancé une partie d’Assassin’s Creed de leur vie : la juteuse licence créée par l’éditeur français Ubisoft en 2007 est au départ un jeu techniquement révolutionnaire. Un marqueur des consoles nouvelle génération, qui proposait de remonter au temps des Croisades, dans un monde ouvert reconstitué avec un soin maniaque, pour y incarner un assassin, Altaïr. Adepte du parkour et des pirouettes suicidaires, ce héros au look iconique (tunique avec capuche, lames rétractables) a instantanément rencontré son public. Et si leur identité a changé au fil des épisodes (l’idée qui parcourt toute la saga est que ces héros sont générés par une matrice futuriste, et par la mémoire résiduelle de leurs descendants), les héros du jeu se sont multipliés en dix ans comme des petits pains.

Bienvenue dans l’Inquisition espagnole

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Aujourd’hui, Assassin’s Creed, c’est une série de 9 jeux sur console et PC, une dizaine de jeux « spin-off » sur consoles portables et presque autant d’extensions indépendantes en dématérialisé. Mais Ubisoft a aussi lancé une série de comics, des romans, des BD, des courts-métrages live, et même récemment une « Escape Game » grandeur nature à Paris ! Bref, il ne manquait à cette panoplie de machine à cash qu’une adaptation filmique, exercice tombé un peu en désuétude – en partie grâce aux nanars cosmiques enquillés par Uwe Boll, qui avait notamment massacré Far Cry, autre franchise d’Ubisoft.

Pour ne pas louper ce passage au grand écran annoncé depuis déjà de nombreuses années, Ubisoft a créé une filiale de production à part entière, associée pour les besoins du projet à Regency (The Revenant, 12 years a slave) et Kennedy/Marshall Company. Des vétérans de Hollywood qui soutiennent un film budgété à 125 millions de dollars, tourné à la fois à Malte, en Andalousie et dans les studios anglais de Pinewood. Le principe choisi par Ubisoft pour ce passage au format cinéma reste cohérent avec l’univers de la saga : Assassin’s Creed, le film, proposera une histoire et une époque jamais vues dans les jeux. Le héros lui-même est un nouveau protagoniste : Callum Lynch (Michael Fassbender) y est un condamné à mort expédié par la société Aspergo dans l’Espagne du 15e siècle, au temps de l’Inquisition. Pas de Monty Python sur place, mais son ancêtre, Aguilar, qui fait partie de l’ordre des Assassins. Dans ce passé reconstitué, comme dans le présent, notre héros va devoir affronter les grands méchants de la franchise : l’ordre des Templiers.

Film à part entière, ou simple produit dérivé ?

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Après avoir révélé quelques photos de tournage puis les visuels officiels, la Fox, qui distribue le film, vient de dévoiler une première, et plutôt longue, bande-annonce. Celle-ci confirme l’ambition manifeste d’Ubisoft, de reproduire d’une part fidèlement l’esthétique et les codes des jeux vidéo, et d’autre part de proposer un grand spectacle mixant l’aventure et la science-fiction (un mariage qui ne s’avérait pas très concluant dans les jeux, mais passons). Les millions de joueurs d’Assassin’s Creed ont d’ores et déjà pleuré à chaudes larmes en voyant Fassbender et ses amis sauter de corniche en corniche, réaliser des « doubles assassinats » ou effectuer des « sauts de la foi », avec des pistes d’atterrissage plus réalistes qu’une botte de foin espérons-le. Du pur fan-service qui, de la même manière qu’avec Warcraft, peut inquiéter quant au potentiel commercial du film pour un public qui ne connaîtrait rien à cet univers. Assassin’s Creed ressemblera-t-il à un vrai long-métrage, autonome, mais intégré dans les canons narratifs de la saga, ou à un produit dérivé de plus dans une franchise déjà déclinée sur tous les médiums imaginables ?

« Assassin’s Creed, le film, proposera une histoire et une époque jamais vues dans les jeux. »

Cette question, Justin Kurzel a sans doute dû se la poser plusieurs fois. Le réalisateur australien des Crimes de Snowtown, projeté comme tant d’autres du monde du cinéma indépendant à celui du blockbuster, a déjà prouvé avec Macbeth son talent pour la reconstitution historique léchée et rugueuse. C’est à lui, à son scénariste Michael Lesslie, à son frère compositeur Jed et à la Française Marion Cotillard, que Fassbender a fait appel une fois son contrat signé. Signe que le star de Steve Jobs a apprécié leur collaboration, et a vu chez Kurzel le talent nécessaire pour donner de la personnalité à cette adaptation très attendue. Le verdict tombera le 21 décembre en France, et on espère déjà vivement que la bande originale ne sera pas aussi mal choisie que celle du trailer. Une faute de goût si impardonnable que les « Youtubeurs » ont déjà commencé à publier des vidéos retouchées de la bande-annonce, avec une musique plus appropriée ! (voir notre bonus)

Bande-annonce VOST

Bonus

Certains y ont mis du Woodkid, d’autres du Hans Zimmer… Voici une autre version de la Bande-annonce… mais avec la musique du jeu !

 

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