Excitant les réseaux sociaux depuis l’apparition de sa première et destructrice bande-annonce, Attraction est loin d’être une simple – mais impressionnante – bande promo pour la société de SFX MainRoadPost. C’est aussi l’un des plus gros succès récents en Russie, un triomphe de plus pour son réalisateur Fedor Bondarchuk. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Bondarchuk est le fils de Sergei, metteur en scène star du cinéma soviétique (l’adaptation de sept heures de Guerre et Paix, c’était lui), et une personnalité importante du paysage cinématographique moscovite. Après les films de guerre Le 9e Escadron et Stalingrad, qui se caractérisaient par leur emphase et une profusion d’effets visuels à la Zack Snyder, Bondarchuk signe avec Attraction un vrai film d’invasion alien à l’américaine, mais pas du style que l’on attendait.

Un Starman pour ados

Chroniques du BIFFF : Attraction, The Icebreaker, The Bride

Malgré ce que laisse supposer des trailers dévoilant le crash d’un vaisseau extraterrestre dans une banlieue grise de Moscou et une bataille contre des aliens très véloces, Attraction n’est pas le nouveau Independance Day : après une ouverture qui en donne pour son argent à Hollywood, le script bifurque vers… un triangle amoureux, typique des dystopies adolescentes type Les âmes vagabondes. Eh oui : la jolie Yulia, traumatisée après que sa copine ait été la victime de la destruction causée par les visiteurs de l’espace, est tiraillée entre son gangster de copain Artyom et l’humanoïde Hekon, cousin lointain de Starman au look de mannequin Calvin Klein. Pour couronner le tout, son papa (l’acteur Oleg Menshikov, immortalisé dans Le barbier de Sibérie) est un colonel pète-sec chargé de boucler la zone du crash et d’évaluer la menace représentée par les E.T. Ainsi, Attraction n’est pas l’orgie de destruction présagée, mais une aventure peuplée de personnages dépeints à gros traits, avec des touches d’humour inattendues (mais réussies), de la romance intergalactique et même une allégorie sociale incongrue empruntée à District 9.

Les aliens, qui nous ressemblent en tous points, excepté le fait que leur civilisation est pacifique et éco-friendly (leur vaisseau marche à l’eau !), ne sont-ils pas chassés et parqués comme des migrants indésirables par une nation apeurée ? Il faudra l’amour d’une jeune rebelle-mais-pas-trop, et son compréhensif papa soldat (parce que l’armée est toujours compréhensive en Russie, c’est bien connu) pour qu’in extremis, la compréhension entre les peuples soit possible. C’est beau, hein ? C’est cucul, aussi. Mais à partir du moment où l’on sait où on met les pieds, Attraction est une production, hyper léchée et grandiloquente dans ses effets de mise en scène (l’influence Snyder est toujours présente), qui conserve un charme étrange.