Avec The Dirt, Netflix tient-il son Bohemian Rhapsody ?

par | 19 février 2019

Après le triomphe du film consacré à Queen, le timing paraît idéal pour The Dirt, biopic braillard et trash du groupe de hard FM Mötley Crue. Bande-annonce !

Moins connu dans nos contrées qu’Iron Maiden ou même Def Leppard, Mötley Crue est plus qu’un groupe aux USA : c’est une institution du hard rock estampillé années 80. Avec 100 millions d’albums vendus au cours de leur carrière (dont la moitié sur le continent nord-américain), des hits aussi fameux que « Girls, girls, girls », « Kickstart my heart », « Dr Feelgood » ou « Home sweet home », Mötley Crue a fait partie, durant presque deux décennies, de ces monstres du rock capables de remplir des stades à travers le monde, tout en menant – comme le veut la tradition du sex, drugs & rock’n’roll – une vie monstrueusement dissolue. Dans le cas du groupe californien, et du biopic The Dirt qui va leur être consacré sur Netflix, « dissolu » est un euphémisme : les quatre membres font partie, avec leur pote Ozzy Osbourne et Keith Richards, de ces rocks stars miraculées que les overdoses, les bitures répétées et la tendance à l’autodestruction n’ont pas réussi à mettre à terre.

Rock stars de l’extrême

Alors que Bohemian Rhapsody cumule 853 millions de dollars de recette au box-office mondial, et que le Rocketman consacré à Elton John commence à pointer le bout de son nez, le timing apparaît idéal pour accueillir The Dirt le 22 mars. Adapté de la biographie collective du même nom parue en 2000, le film était, tout comme le film sur Queen, en développement depuis des années, sous la supervision étroite des principaux intéressés, dont la carrière sur scène s’est achevée très officiellement en 2015 avec un concert filmé titré « The End », et qui ont enregistré pour les besoins du film quatre nouveaux titres. Avec l’arrivée de Jeff Tremaine, qui a mis en boîte tous les  films Jackass et s’avère être un choix judicieux pour filmer les péripéties extrêmes de stars du rock obsédés sexuels et cocaïnomanes, The Dirt a pu quitter les limbes du development hell. Sans être idéal, le casting réuni pour l’occasion a plutôt bonne figure : Daniel Webber (The Punisher) incarne le chanteur blond Vince Neil, Douglas Booth (Riot Club, Golem) le bassiste ébouriffé Nikki Sixx, Iwan « Ramsay Bolton » Rheon le guitariste alcoolique Mick Mars et le rappeur surtatoué Machine Gun Kelly le… batteur surtatoué, et ex-mari violent de Pamela Anderson, Tommy Lee.

Si la bande-annonce survoltée révélée aujourd’hui par Netflix donne une indication sur The Dirt, c’est que le film, qui devrait comme Bohemian Rhapsody cultiver la nostalgie du grand public pour des années 80 bien plus permissives que l’est notre époque, ne devrait pas faire l’impasse sur les drames qui ont émaillé la vie du groupe. Accidents de la route, overdoses quasi-fatales, mariages désastreux, comas éthyliques, séjours en prison, meurtres accidentels… Si le film est fidèle à son pendant littéraire, The Dirt devrait éviter la gloriole politiquement correcte et déplacée qui plombait Bohemian Rhapsody et plonger les mains dans la saleté qui lui donne son nom. Rock’n’roll until the end, baby.