Best of : les meilleurs coffrets de 2014

par | 17 décembre 2014

Grosses productions, grands classiques, films cultes se bousculent aux portes de notre sélection des meilleurs coffrets Blu-ray et DVD sortis en 2014. Suivez le guide !

En panne d’idée cadeau ? Fans de coffrets collector-en-edition-limitée-ultimate ? Comme en 2013, BTW vole à votre secours grâce à une sélection des meilleurs coffrets et éditions sortis durant l’année 2014. Car oui, malgré la tendance lourde de la dématérialisation, la désertion progressive des magasins culturels et la fermeture de tout ce qui peut ressembler à un vidéo-club, l’« objet film » a toujours une valeur pour les cinéphiles et les éditeurs, même dans le format, mal-aimé du grand public et pourtant éblouissant, du Blu-Ray.

Tous les prix, tous les styles et toutes les « tailles » sont présents dans ce top 10 qui, espérons-le, vous donnera de bonnes idées pour passer quelques soirées vidéo au pied du sapin…

Coffret Steven Spielberg, director’s collection

Si vous aimez : le cinéma, l’aventure, l’émerveillement, les grands spectacles populaires et émouvants

Pourquoi ça vaut le détour : étrangement, hormis les box réunissant les trois Indiana Jones et les Jurassic Park, aucun coffret ne réunissait jusqu’à présent des œuvres de Steven Spielberg, qui ne porte pourtant pas le nom le plus difficile à vendre au grand public. Les studios Universal ont décidé de sauter le pas en réunissant dans un même objet rappelant un peu leur coffret Hitchcock huit films de l’éternel wonderboy de Hollywood. Jurassic ParkLes dents de la merET et Le monde perdu font bien sûr office de produits d’appel, mais tous existent déjà en Blu-ray. Le plus, ce sont les remasterisations de Sugarland ExpressDuel1941 et le mal-aimé Always qui bénéficient ainsi d’un regain d’attention, mis aux côtés des grands succès du réalisateur. Seul regret : l’un des films tournés par Spielberg pour le studio, l’oscarisé La liste de Schindler, manque inexplicablement à l’appel.

Le Hobbit : la désolation de Smaug, version longue

Si vous aimez : les dragons, les voyages épiques, les making-of VRAIMENT exhaustifs

Pourquoi ça vaut le détour : réglées comme des papiers à musique depuis 2002, les sorties de versions longues des films de Peter Jackson sont à chaque fois coulées dans le même moule. Productions gigantesques baignant dans une atmosphère de tournage conviviale, les Hobbit sont à chaque fin d’année rallongés ET décortiqués en profondeur, dans des éditions qui font figure d’incontournable pour les fans. Bien plus enthousiasmant que le Voyage InattenduLa désolation de Smaug est encore mieux équilibré et plus épique dans sa version de trois heures. À côté de ce spectacle unique, deux disques de bonus proposent pas moins de 9 h de making-of (!) s’attardant sur tous les aspects du tournage et de la post-production. Personnages, décors, création du fameux dragon Smaug, enregistrement de la musique… Tout y passe, dans un voyage aussi passionnant que peut l’être le film

Les Sept Samouraïs

Si vous aimez : Akira Kurosawa, Toshiro Mifune, les duels au sabre, les restaurations méticuleuses de grands classiques

Pourquoi ça vaut le détour : non content d’avoir inspiré un classique du western signé John Sturges (Les sept mercenaires bien sûr), ce chef d’œuvre d’Akira Kurosawa reste aussi, plus de 60 ans après sa sortie, l’une des dates clés du cinéma japonais, par son ambition, sa maîtrise et l’universalité de ses thèmes. Les cinéphiles, mais pas seulement, seront au 7e ciel en découvrant la remasterisation effectuée pour les besoins de cette édition Wild Side, le film étant désormais proposé sur deux disques avec entracte musical. Plus de deux heures de bonus et un copieux livret complètent cette sortie incontournable pour quiconque s’intéresse à l’Histoire et aux classiques du cinéma mondial.

Massacre à la tronçonneuse

Si vous aimez : la cuisine saignante, les ambiances poisseuses, le son d’un outil bien graissé.

Pourquoi ça vaut le détour : il était impossible cette année de passer à côté de la remasterisation en 4K du film séminal de Tobe Hooper. Massacre…, chef d’œuvre singulier du film d’horreur, mais aussi juteuse franchise, a été édité mainte fois en vidéo, mais aucune édition sans doute n’aura été aussi complète que cette ressortie collector assortie de quelques goodies (dont un tablier bien sanglant !). Avalanche de bonus pour une bonne part réalisés lors de la re-présentation du film à Cannes, nouveau livret du spécialiste Jean-Baptiste Thoret, et surtout, l’inclusion du tout premier long de Hooper, Eggshells, en bonus… N’en jetez plus, cette fois, le carnage est bel et bien complet ! En tout cas jusqu’à la sortie du reboot Leatherface

Coffret Alfred Hitchcock, aux origines du suspens

Si vous aimez : assister à la naissance d’un génie, le cinéma muet et les McGuffin

Pourquoi ça vaut le détour : c’est ainsi, près de quarante ans après sa disparition, on continue de redécouvrir chaque mois le cinéma d’Alfred Hitchcock. Dans la foulée de la restauration exceptionnelle des premiers films de sa période anglaise, datant de l’époque du muet, l’éditeur Elephant Films a sorti dans un coffret Blu-Ray cinq films du maître remontant aux années 20 et 30. Au programme, deux classiques incontournables et maintes fois copiés depuis, y compris par le réalisateur lui-même : Les 39 marches et la première version de L’homme qui en savait trop. Trois raretés aussi : Le passé ne meurt pasaliasEasy VirtueDownhill et surtout The Lodger, véritable laboratoire d’expérimentation d’un metteur en scène qui perfectionnera film après film son talent de conteur et de maître du suspens. Un sujet également au centre d’un long documentaire exclusif à cette édition idéale pour les complétistes.

Intégrale Planète des Singes

Si vous aimez : Charlton Heston, Weta Digital, la SF audacieuse, les bustes simiesques, vous moquer du remake de Tim Burton

Pourquoi ça vaut le détour : dans la foulée de la sortie en vidéo de La planète des singes : l’affrontement, nouvelle itération très soignée de la fameuse saga simiesque, voici venir une énième et luxueuse édition récapitulative qui compile en HD les huit épisodes (mais pas la sérié télé, malheureusement) que compte cette franchise de SF démarrée en 1968 et inspirée du roman de Pierre Boulle (oui, il y a aussi l’impayable remake de Tim Burton dans le lot). Ce qui fait de cette rétrospective un objet de collection incontournable, c’est l’inclusion d’une réplique « grandeur nature » de la tête de César réalisée par le studio Weta. Le héros des reboot à gros budget de la saga est ainsi canonisé de belle manière, et va vous hanter longuement par son regard criant de réalisme. Comme dans le film…

Coffret Brian de Palma : Furie, Pulsions, Blow Out

Si vous aimez : les split-screens, les thrillers parfumés à l’horreur et Nancy Allen

Pourquoi ça vaut le détour : s’il y a bien un cinéaste dont le travail peut profiter du gain de qualité d’image procuré par la Haute Définition, c’est bien Brian de Palma. Et l’éditeur Carlotta l’a bien compris, puisqu’il a sorti coup sur coup trois films parmi les plus fascinants du réalisateur de Carrie, tous garnis de bonus exclusifs centrés avant tout sur les collaborateurs de De Palma (si vous êtes fans absolus, un détour par les éditions américaines, où ce dernier figure en bonne place dans les bonus, s’impose). Télépathes adolescents (Furie), serial killers androgynes (Pulsions) ou complot postWatergate (Blow Out) : le réalisateur investit des histoires très pulp dans l’esprit avec une grandiloquence, une virtuosité et un investissement émotionnel qui en ont fait l’un des piliers du Nouvel Hollywood. Si vous ne connaissez pas ces classiques, ce coffret est un prétexte en or !

Le Transperceneige, édition ultime

Si vous aimez : la SF audacieuse (bis), la BD franco-belge, le choc des cultures et les p’tits trains.

Pourquoi ça vaut le détour : improbable coproduction internationale rassemblant un prodige du cinéma coréen et un classique de la BD franco-belge, Le Transperceneige s’est révélé être un miracle de SF sans compromis, un tour de force si parfait dans sa conception que même Harvey Weinstein a dû renoncer à le mutiler pour son exploitation américaine. La France a gardé l’exclusivité de cette édition « ultime » rassemblant, outre le Blu-ray et ses bonus (dont un documentaire passionnant sur les auteurs de la BD), un large carnet de croquis de Jean-Marc Rochette, et un livre/making of revenant sur les dessous de cette aventure hors du commun. Et, histoire d’allécher les vrais fans, quelques planches de la BD d’origine, disponible depuis cette année en intégrale. La vie est bien faite !

Johnny Got his Gun (édition limitée)

Si vous aimez : les classiques restaurés, les discours anti-guerre, en savoir plus sur le destin de Dalton Trumbo

Pourquoi ça vaut le détour : dans le genre « brûlot traumatisant anti-guerre », aucun autre film ne vient plus rapidement à l’esprit que Johnny s’en va-t-en guerre, unique réalisation du scénariste blacklisté Dalton Trumbo, et jalon incontournable du cinéma contestataire des années 70. Présenté dans une nouvelle version immaculée en Blu-ray, le film bénéficie, juste à temps pour Noël, d’une inattendue édition collector, avec deux DVD de bonus remplis à ras bord d’analyses et d’interviews en tout genre, une reproduction du dossier de presse d’époque, ainsi, bonus non négligeable, que le roman d’origine écrit par Dalton Trumbo lui-même. Un complément appréciable qui rend justice à l’incroyable force de ce récit bouleversant et toujours d’actualité sur l’horreur indicible que constitue tout conflit armé.

Jacques Tati : l’intégrale

Si vous aimez : la satire de la société française, la comédie burlesque et monsieur Hulot

Pourquoi ça vaut le détour : étonnamment moins culte dans son propre pays qu’à l’étranger, Jacques Tati n’en est pas moins un trésor national, dont l’œuvre ramassée et instantanément reconnaissable n’en finit pas d’étonner et de fasciner, longtemps après que les Trente Glorieuses soient devenues un lointain et embrumé souvenir. Cette intégrale massive rassemble les six films et la dizaine de courts-métrages réalisés par « monsieur Hulot », de Jour de fête (ici en couleur ET noir et blanc) à Parade, et tous sont restaurés comme il se doit, ce qui, dans le cas par exemple de Playtime, permet véritablement de les redécouvrir sous un nouveau jour. Seule petite déception, les bonus propres à chaque disque se révèlent un peu maigres en regard de l’importance de l’œuvre. En attendant une nouvelle édition prochainement ?