Dinard 2016 : l’invasion british !

C’est une véritable institution qui se niche depuis 27 ans maintenant au cœur de la côte bretonne, à quelques encablures de Saint-Malo : la cité balnéaire (et quelque peu endormie en cette saison) de Dinard célèbre et fait connaître en France la production cinématographique britannique. Chaque année, pendant cinq jours, le gratin des acteurs, scénaristes et réalisateurs du Royaume-Uni débarque dans la petite ville, tandis qu’un jury majoritairement composé de leurs homologues français décortique les films présentés en compétition officielle.

Valeurs sûres et découvertes inattendues

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Une machine discrète, moins exposée que le voisin très médiatisé de Deauville (dont les stars de films américains ont bien souvent des origines britanniques…), mais qui n’en demeure pas moins un bon point de repère pour juger de la richesse de cette cinématographie qui nous paraît si proche si familière, mais qui reste souvent en grande partie inédite sous nos latitudes.

Pour cette édition 2016, toujours placée sous le regard tutélaire d’Alfred Hitchcock (sa statue est impossible à manquer sur place), la recette familière de Dinard n’a pas changé. Six films sont présentés en compétition, et ce sont souvent de complètes découvertes, dont les spectateurs du festival seront les premiers critiques. Le petit phénomène Sing Street de John Carney (Once), plongée dans la scène musicale irlandaise des années 80, a déjà fait parler de lui auparavant. Mais on sait peu de choses sur le drame Away avec l’incontournable Timothy Spall, sur l’étrange Chubby Funny ou encore sur Prevenge, dont le pitch cinglé (une tueuse en série enceinte se pense possédée par son fœtus !) attise déjà l’intérêt.

Éclectisme et invités de choix

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Cette compétition n’est toutefois que le morceau émergé d’une programmation chargée comme souvent en avant-premières pour la plupart exclusives. On passera rapidement sur l’inévitable avant-première de la Palme d’Or 2016 Moi, Daniel Blake (ce sera l’occasion de voir également un documentaire rétrospectif sur Ken Loach, Versus), sur celle de Bridget Jones 3 et d’autres titres vus récemment à l’Étrange Festival, comme Detour et War On Everyone. Il est par contre conseillé de garder un œil sur « l’anti-comédie romantique » chorale Brakes, le film historique Finding Altamira avec Antonio Banderas, réalisé par un habitué des lieux, Hugh Hudson (Greystoke), le film d’action estampillé « MI6 » Stratton, réalisé par ce vieux mercenaire de Simon West (Expendables 2), ou encore le film d’horreur Eat Local, qui a la particularité d’être réalisé par une autre figure bien connue du cinéma anglais, l’acteur Jason Flemyng.

« Sous le regard tutélaire d’Alfred Hitchcock, la recette familière de Dinard n’a pas changé. »

Côté invités, outre l’inamovible Claude Lelouch qui présidera le jury et une masterclass le dimanche, les festivaliers pourront croiser sur place les deux acteurs auxquels cette édition rend hommage. Deux comédiens sur lesquels il est parfois difficile de mettre un nom, mais qui font indéniablement partie du paysage artistique du Royaume-Uni : l’Écossais Gary Lewis d’une part, qui avec sa bouille aussi joviale que sanguine, a réussi à se faire une place dans tous les univers possibles, depuis Billy Elliot jusqu’à la série Outlander en passant par des épopées comme Libertador ou Gangs of New York. De l’autre, l’actrice Kate Dickie, omniprésente ces dernières années sur le petit comme sur le grand écran, puisque, depuis la révélation Red Road, on a pu la croiser dans Game of Thrones (l’angoissante Lisa Arryn, c’était elle), The Witch, Les piliers de la Terre  ou encore Prometheus.

Un riche programme, donc, qui on l’espère permettra à la vingtaine de films programmés et encore sans distributeurs, de trouver leur chemin vers les écrans français !

Renseignements : www.festivaldufilm-dinard.com

 

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