Épisode 8 : La parole est aux armes

L’effervescence autour des trailers ne se tarit jamais. Vraiment, il ne se passe pas une journée sans que débarque d’un coin du globe une bande-annonce à déguster, parfois d’un œil distrait, parfois les yeux exorbités. « Bon sang, mais d’où sort ce truc ? ». Il n’y pas de meilleur outil promotionnel qu’un trailer bien charpenté. The Raid peut en témoigner. C’est peut-être un lieu commun, mais il est parfois bon de le rappeler, car à ce petit jeu, les plus expérimentés sont parfois les moins doués : peu de productions américaines tentent par exemple de surprendre. Montage chronologique, overdose de dialogues explicatifs, et toujours ce staccato final, où s’enchaînent money shots et stars à l’affiche. Une formule archaïque répétée ad nauseam, y compris pour des comédies ou des drames indépendants, et qui passe uniquement si le « produit » lui-même est original. C’est le cas de certains films ci-dessous.

La plupart d’entre eux ne réinventent pas la roue : on ne peut pas tomber tous les jours sur un Prometheus. Ils ont en commun d’être plutôt portés sur l’action et le suspense, à tendance rétro, brutale, intimiste ou futuriste. Encore une fois, My trailer is rich fait le grand écart entre plusieurs continents, cherche des sosies de George Clooney en Corée du Sud, avant de s’encanailler avec les britons et de se prendre les armes avec la version rewind chevelue de Bruce Willis. Pardon ? N’essayez pas de comprendre… Regardez.

Sans foi ni boire

Honneur au plus distingué du lot : les premières images de Lawless, le nouveau film de John Hillcoat (The Proposition, The Road) ont été révélées sitôt confirmée sa sélection au prochain festival de Cannes, en compétition officielle qui plus est. Et c’est un sujet en or qui est offert au peu prolifique cinéaste australien : une adaptation du roman The Wettest country in the world de Matt Bondurant, qui nous plonge dans l’époque de la Prohibition, au cœur de l’État de Virginie. Trois frères qui ne sont pas vraiment des inconnus (en tous cas des services de police) vont se la jouer Boardwalk Empire en devenant les rois de la contrebande d’alcool. Évidemment, la poudre va parler bien vite, ce qui est évident dans le trailer dès qu’on aperçoit les trognes de Tom Hardy, Gary Oldman, Guy Pearce et… Shia La Beouf, qui remporte sans conteste la palme de l’acteur qui n’aura jamais d’homonyme. Ni maintenant, ni jamais. Soyez pas vaches, quoi.

 

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C’est lui qu’a commencé !

Sélectionné pour sa part au dernier festival d’Austin (le SXSW pour tout vous dire), The Agression Scale est le nouveau film d’un cinéaste encore inconnu chez nous, Steven C. Miller. Ce gentil garçon a autoproduit son premier long, Automaton Transfusion – qui au cas vous en douteriez, est bien un film d’horreur et pas la suite de Photo Obsession -, et a fait assez de bruit dans le circuit pour avoir plus de thunes pour son deuxième, et se payer Ray Wise et Dana Ashbrook (qui nous font une petite « Twin Peaks reunion »). Agression Scale est donc un home invasion movie dans la lignée de Kidnappés, où les cambrioleurs sont remplacés par des tueurs à gages qui trouvent plus coriaces qu’eux en pénétrant une maison peuplée de teenagers rendus bien évidemment très violents par l’abus manifeste de jeux vidéo. Mais qu’est-ce qu’on attend pour les interdire, je vous le demande ? Hein, Laure ?

 

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Si ce n’est toi, c’est donc ton futur toi

Ça faisait déjà un moment qu’on voulait avoir des nouvelles de Looper, qui n’est pas un spin-off de L’Agence tous risques, mais un film à concept diantrement excitant, au moins autant que le plutôt mou Source Code l’an dernier. Mettez de côté les paradoxes temporels impossibles à résoudre et les derniers films de Bruce Willis, et jugez plutôt : en 2042, Joe est un tueur à gages exécutant des cibles envoyées depuis 2072 par une organisation criminelle utilisant en douce les technologies de voyages dans le temps. Manque de bol, Joe tombe bientôt nez à nez… avec lui-même, en plus âgé. N’en revenant pas de ressembler à Bruce Willis vieux, il le laisse s’échapper et les emmerdes commencent… On espère très fort que le film, réalisé par le très doué Rian Johnson (Brick, petit bijou de néo-noir teenage) ressemblera plus à un Minority Report bisseux qu’à un Timecop friqué. Ou alors on retourne dans le passé tuer le futur scénariste.

 

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Flics des années 80… (air connu)

On (enfin, les New-Yorkais) pourra voir au prochain festival de Tribeca un polar prometteur encore une fois – mais c’est une obsession ! – venu d’Espagne, Grupo 7, ou Unit 7 dans la langue de Matheson. Basiquement, c’est un Troupes d’Elite sans les troufions surarmés, l’action se concentrant là aussi sur la lutte contre le trafic de drogue dans une ville gangrenée par le crime, en l’occurrence Séville dans les années 80. Là aussi, les magouilles politiques rentrent en jeu puisque les flics de l’unité 7 doivent remplir leurs missions d’éradication avant la tenue de l’Expo universelle de 1992. Accentuant son côté épique, Grupo 7 se déroule sur plusieurs années, au cours desquelles on va voir changer les relations entre Angel, chef et véréran du groupe, et le jeune Rafael, un Dirty Harry en puissance. Énergique, tendu, le trailer donne envie d’aller illico chez De Niro.

  

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Korean’s Eleven

Les Coréens sont un peu les spécialistes du thriller frimeur, slick comme on dirait en british. Comme ce sont des gens branchés, il était naturel qu’ils s’intéressent un jour à la saga Ocean’s Eleven pour en tirer un caper movie à leur sauce. C’est désormais chose faite, avec le bien-nommé The Thieves, qui cligne très fort de l’œil aux fans de Clooney et Soderbergh, avec ses bancs-titres scintillants, ses acteurs (dont l’expatrié Simon Yam) en plein numéro de charme, et ses braquages cinématiques. Ça promet et encore : ce n’est qu’un teaser, les amis.

 

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London Shooting

Demandez à un Anglais s’il a déjà entendu parler de Police District. Peu de chances, hein ? Hé bien c’est pareil pour The Sweeney : cette série emblématique des seventies est complètement culte chez les britons, et totalement inconnue de l’autre côté de la Manche, même si elle a été diffusée en France sous le titre Regan. Le réalisateur Nick Love ne se facilite donc pas la tâche à s’attaquant à une adaptation contemporaine de ce show rugueux consacré aux enquêtes d’une escouade de flics bourrins, mi-justicier mi-ripoux. Love est surtout connu pour ses énergiques films de hooligans (The Firm et surtout Football Factory, sorti discrètement en dvd chez nous), mais il s’y connaît rayon action puisqu’il a également signé le vigilante Outlaw avec Sean Bean et son mate Danny Dyer. Il dirige ici un casting royal (Ray Winstone dans le rôle de Regan, Ben Drew alias Plan B, Damian Lewis et la bombastic Hayley Atwell) et semble rester fidèle à son style rentre-dedans sans chichis. Bring it on, Nicky.

 

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Pas encore de commentaire.

Vous avez la parole.