Expo Harry Potter : magie à Saint-Denis

Parole de voisins : elle ne désemplit pas ! Ouverte jusqu’au 6 décembre, l’exposition Harry Potter (qui succède à l’exposition Star Wars) bat son plein au sein de la Cité du Cinéma, ouverte par Luc Besson à quelques centaines de mètres de la tour Pleyel. Six années après le clap de fin de la saga, Warner a ouvert très grand ses archives, d’abord à Londres, sous la forme d’une exposition permanente, puis à Chicago, Boston, Toronto, Seattle, New York, Sydney, Singapour, Tokyo et maintenant à Paris (enfin à Saint-Denis, pour être précis !). Sept livres et huit films plus tard, la musique entêtante de John Williams résonne encore dans les mémoires (1). Alors, si d’un coup de baguette magique, le lecteur passionné d’autrefois souhaite revivre cette expérience, la Cité du Cinéma lui tend les bras.

Je sais que c’est pas vrai, mais j’ai dix ans…

Expo Harry Potter : magie à Saint-Denis

Des centaines d’accessoires, décors et costumes sont dévoilés dans cette exposition. Certes, la collection s’avère bien plus restreinte que sa grande sœur londonienne, mais elle a le mérite d’avoir traversé la Manche. La visite semble invariablement trop courte. De fait, il faudra prendre l’Eurostar pour admirer la collection complète, environ deux fois plus large (et deux fois plus chère aussi) qui intègre le bureau de Dumbledore ou encore le Chemin de traverse. Les Français, célèbres pour leur côté ronchon, grinceront quelque peu au moment de passer en caisse : 17 € pour un adulte, c’est un peu fort de potion. D’autant que ceux qui espéraient repartir avec une baguette ou une écharpe en souvenir racleront leurs derniers deniers.

Qu’il est excitant malgré tout de retourner à Poudlard une dernière fois ! Comme un doux retour en enfance, les organisateurs de l’exposition usent de leurs meilleurs sortilèges pour rendre l’exposition la plus immersive possible. Premier tour de magie : l’attente réduite, un véritable prodige pour la capitale. Petits et grands ne mâchent pas leur plaisir d’enfiler le Choixpeau magique en espérant secrètement qu’il désigne la maison Gryffondor.

Après un petit récapitulatif des huit longs-métrages, le rideau tombe et le spectateur se retrouve soudain téléporté sur le quai 9 ¾ où le fumant Poudlard Express attend de les déposer à l’école de sorcellerie. C’est parti pour une heure de visite : entre les différents costumes, la cabane d’Hagrid, un ballon d’essais de quidditch et un cri de mandragores, les yeux et les oreilles en prennent plein les mirettes. Il n’est pas nécessaire d’être incollable sur l’univers pour apprécier cette exposition ludique et agréable, qui nous plonge dans une atmosphère typiquement britannique.

J. K… qui ?

Expo Harry Potter : magie à Saint-Denis

Avant de devenir un phénomène littéraire et cinématographique mondial, le monde d’Harry Potter est né de l’imagination débordante d’une jeune mère sans le sou. La Britannique J. K. Rowling attendra sept longues années pour voir paraître le premier tome L’école des sorciers, qui rencontra immédiatement le succès. Paradoxalement, l’exposition ne mentionne jamais les sources littéraires de la saga. Si Harry Potter a conduit des générations de lecteurs à s’enfiler des pavés de 900 pages en une nuit, c’est que la saga va bien au-delà des simples longs-métrages. Chef-d’œuvre de fantasy, Harry Potter a créé un univers fédérateur, aux vrais vertus pédagogiques,  symbole de la quête d’identité et de la recherche d’un idéal. Il est donc dommage que Warner n’ait pas su s’associer avec l’éditeur Bloomsbury Publishing pour combler ce manque et rendre hommage à l’auteur grâce à qui l’expo elle-même existe.

« Les organisateurs de l’exposition usent de leurs meilleurs sortilèges pour rendre l’exposition la plus immersive possible. »

À moins de sortir de cette exposition avec une Dragée surprise de Bertie Crochue coincée en travers la gorge, l’expérience suscitera un étrange effet secondaire : une envie irrépressible de redécouvrir sans attendre tous les films ! En tout cas, le succès planétaire de cette exposition (3 millions de visiteurs cumulés, quand même) montre à quel point il reste encore difficile d’accepter le mot « Fin » lorsqu’il s’agit d’Harry Potter. D’ailleurs, le regard plein de malice de Fumseck, le phénix de Dumbledore disant adieu aux visiteurs semble prémonitoire. Car, comme tout bon élève de Poudlard, ne peut ignorer : « Le phénix renaît toujours de ses cendres ».

Conseil pratique : réservez en ligne sur harrypotterlexposition.fr

(1) et ça n’est pas fini puisque le studio a annoncé la mise en production d’une nouvelle trilogie adaptée de J.K. Rowling et située dans le même univers, Les animaux fantastiques, avec Eddie Redmayne.

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