Fun Fact : Charlie, Charlie Challenge, le nouveau Candyman

Qui n’a jamais succombé à la tentation de s’installer devant un miroir et d’appeler à plusieurs reprises le monstrueux Candyman pour voir s’il se sentait d’humeur à débarquer dans sa chambre ? Que les fans d’horreur se rassurent : les ados d’aujourd’hui témoignent sur les réseaux sociaux du même penchant pour le frisson de l’invocation des esprits. Grâce à YouTube où les vidéos de leurs expériences pullulent, cet engouement se voit (enfin s’entend surtout, tant les cris hystériques sont légion). Un nouveau jeu cartonne désormais dans les cours récré de l’Amérique du Sud à l’Europe : le Charlie, Charlie Challenge. Rien à voir bien entendu avec le journal satirique ou le petit bonhomme au chapeau rouge.

Ligne directe avec le diable

Fun fact : Charlie, Charlie Challenge, le nouveau Candy Man

Le jeu est très simple et ne nécessite aucune planche de Ouija. Prenez une feuille de papier, tracez une croix au centre séparant la feuille en quatre carrés distincts. Inscrivez « Oui » ou « Non » aux quatre coins. Superposez ensuite sur le tracé de votre croix deux crayons en équilibre. Il ne vous reste plus qu’à poser votre question (fermée) au démon Charlie qui se fera un plaisir de vous répondre en déplaçant le crayon du dessus de manière à pointer « oui » ou « non ». Invoquer les esprits n’a jamais été aussi simple ! Au point que la communauté catholique s’émeut de la dangerosité de pratiquer le spiritisme en amateur. Des vidéos conseillent également à ses apprentis exorcistes de bien penser à dire au revoir au démon à la fin de la séance pour être sûrs qu’il ne reste pas squatter la baraque des parents ad vitam æternam.

Si le jeu du Charlie, Charlie Challenge ressemble à une énième légende urbaine destinée à titiller les hormones des moins de 16 ans et faire chatouiller du clavier quelques illuminés, la presse anglaise et américaine a tenté de remonter la piste du buzz. Des reporters d’investigation ont donc mené leur petite enquête et creusé leurs sources dans la bouche de l’enfer. Le porte-parole officiel du cabinet du Diable a d’ailleurs fait une déclaration qui devrait en décevoir beaucoup : « Charlie ? C’est pas chez nous, désolé ! » Les forces démoniaques n’y sont visiblement pour rien dans cette affaire, il faudrait visiblement chercher du côté du cinéma pour trouver l’instigateur du phénomène.

Blumhouse a encore frappé

Fun fact : Charlie, Charlie Challenge, le nouveau Candy Man

Le 22 juillet prochain sortira sur nos écrans un nouveau film de fantômes ayant pour titre The Gallows, qui signifie « potence », mais également « humour noir ». Un titre prédestiné puisque Warner a dégainé une campagne de pub à l’ironie pour le moins macabre. Derrière le premier film de Travis Cluff et Chris Lofing se cache le maître de la flippe à petit budget, Jason Blum, patron malin de la société Blumhouse. Rendu célèbre par sa campagne marketing « en immersion dans la salle » pour Paranormal Activity, le businessman multiplie les projets du même ordre avec une rapidité digne de l’antique Cannon. Pour The Gallows, il s’est offert une promo astucieuse et gratuite peut-être plus efficace encore que sa bande-annonce très épurée. Le génie de la com’ a ainsi touché directement son public cible : les ados, qui ont investi les salles de projection avec des méthodes bruyantes qui font désormais fuir les adultes.

La preuve avec ce court trailer :

Cette méthode de marketing visant à plonger le spectateur potentiel dans le sujet du film, sans lui préciser l’origine du subterfuge, dans l’espoir d’attiser sa curiosité n’est pas une nouveauté. Même si dans le cas de The Gallows, cette petite blague reste inoffensive et suscitera au pire quelques déceptions chez les plus naïves de ses victimes, l’opération peut parfois avoir des conséquences plus importantes. Les producteurs du film français Un illustre inconnu, sorti en novembre, en ont par exemple fait les frais.

Un illustre hacker

Fun fact : Charlie, Charlie Challenge, le nouveau Candy Man

Les spécialistes en marketing viral en charge de la promotion du film ont pris son postulat de départ, l’usurpation d’identité, pour argent comptant. Quelques semaines avant la sortie, les comptes Twitter et Facebook de certains journalistes et blogueurs avaient, souvenez-vous, été brutalement « hackés ». Les intéressés ont découvert des copies quasi identiques de leurs profils en ligne ainsi que de mystérieux messages annonçant le vol de leur identité numérique. Après avoir convaincu sa victime du piratage, ils finissaient par consulter une vidéo, montrant Mathieu Kassovitz dans un rôle menaçant d’usurpateur, s’adresser directement aux personnes attaquées.

Malheureusement pour Pathé et l’agence Darewin, à l’origine de cette blague maladroite et totalement illégale, les propriétaires des comptes piratés n’ont pas du tout apprécié l’attaque et des plaintes ont été déposées. Pour couronner le tout, le pauvre Mathieu Kassovitz, directement mis en cause, s’est trouvé obligé de s’excuser pour ce canular de mauvais goût auprès de journalistes énervés et enclins à boycotter purement et simplement le film. Si la polémique a enflé, Un illustre inconnu, qui n’avait, c’est le comble, rien à voir avec les réseaux sociaux, a fait un bide. Si Charlie, le démon pourrait bien attirer les foules dans les salles, Kasso le hacker a lui été bel et bien maudit. Amen.

Crédits photo : 20 minutes

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