Inédits vidéo : la sélection DTV de février

Comme tous les mois sur Born to Watch, voici le moment où vous pouvez décortiquer sans effort l’actualité des films inédits en salles ! À l’heure où ces lignes sont écrites, les films de notre traditionnelle sélection DTV comme Manuel de survie à l’apocalypse zombie sont déjà disponibles pour quelques euros sur vos portails VOD respectifs, ou dans les linéaires des spécialistes encore en état de marche près de chez vous. Et si dans certains cas, vous vous dites que tel ou tel titre aurait bien pu eu sa place dans un multiplexe, arrêtez d’être aussi idéaliste : de plus en plus de films (asiatiques, hispaniques, mais aussi américains) ne sortent même plus dans nos contrées ! Des films de genre, le plus souvent, qui ne rentrent pas dans la case globalisée de l’art et essai, et ont trop peu de « potentiel commercial » pour intéresser les éditeurs vidéo. Il convient donc, dans cette jungle que représente le marché dématérialisé, d’être plus curieux et fouineur que jamais pour dénicher de l’inédit de haute volée.

La sélection qui suit est par essence subjective, et peut-être incomplète (nous nous demandons encore dans quelle catégorie placer le direct-to-Netflix Tigre et Dragon 2… En tout cas nous essaierons de le chroniquer rapidement !). N’hésitez pas à réagir dans les commentaires, pour nous faire part de vos découvertes, ou nous signaler des actus pas assez mises en avant. Bonne lecture… et bonnes soirées vidéo !


Manuel de survie à l’apocalypse zombie

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Un film de Chris Landon, avec Tye Sheridan, Logan Miller, Sarah Dumont

Sortie le 1er février en VOD (Paramount)

Avec son titre à rallonge explicite, Manuel de survie à l’apocalypse zombie ne part pas vraiment vainqueur. Des comédies remplies d’ados confrontés à des hordes de zombies, nos rétines de cinévores en ont déjà vu des tonnes, venues des quatre coins du monde. L’overdose des morts-vivants guette, et le film de Chris Landon (scénariste de pratiquement toutes les séquelles… de Paranormal Activity), tiré d’un script apparu en 2010 sur la Black List, n’a certes qu’un argument inédit (les ados en question sont des scouts, fan de camping et de médailles en chocolat, donc, mais tout aussi obsédés) pour justifier son existence. Mais Manuel… a la chance d’être produit par une major, Paramount, et donc de bénéficier d’un budget (15 millions de dollars) supérieurs à bon nombre de sous-produits du même genre. Le résultat est donc une comédie zombiesque soignée et généreusement pétaradante, mettant en vedette le très doué Tye Sheridan (Mud, Joe et bientôt le Ready Player One de Spielberg). Très graphique, le film baigne dans un humour aussi racoleur que graveleux (pénis maltraités et poitrines siliconées en décomposition au programme), mais ne néglige pas pour autant ses jeunes personnages, dont la turbulente amitié évoque toutes proportions gardées Stand by me. Bon et puis bonus immédiat tout de même : il y a des chats-zombies.

 À voir… si vous aimez les films de zombies, mais pas fauchés, si vous voulez voir enfin le jeunot Tye Sheridan dans un rôle d’ado normal.


L’affaire Jessica Fuller

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Un film de Michael Winterbottom, avec Daniel Brühl, Cara Delevingne, Kate Beckinsale

Sortie le 22 février en DVD (Seven 7)

Le titre français et la jaquette de L’Affaire Jessica Fuller, alias Face of an Angel, sont doublement trompeurs. Malgré les apparences et le sujet choisi par le versatile Michael Winterbottom (The Killer inside me), il ne s’agit pas d’un procedural ou d’un thriller classique. Et la top-model Cara Delevingne ne joue pas Jessica ! Ce drame psychologique étrange est une tentative de mise en abyme conceptuelle : le héros, incarné par Daniel Brühl (Rush), est un cinéaste partant en Italie pour transformer en film l’histoire vraie de l’assassinat d’une étudiante britannique. Il s’agit de faits réels, à tous les niveaux, mais le réalisateur, tourmenté par son divorce, rechigne à en tirer un scénario à sensations. Il s’acoquine avec une journaliste (Kate Beckinsale), puis une serveuse (Delevingne), et en se perdant dans cette Toscane mystérieuse, il fait face, littéralement, à ses démons. Nul besoin d’être thésard en cinéma pour comprendre que Brühl représente le double de Winterbottom : le véritable sujet de Jessica Fuller, c’est ce mélange d’attraction, de répulsion, de tristesse et de colère qui nous saisit lorsqu’on se penche sur les coulisses d’un fait divers. Ces ruminations sont inattendues (l’œuvre de Dante est par exemple longuement citée) et le projet indéniablement intrigant. Mais le fait est que Face of an angel s’éparpille trop pour convaincre, et le cheminement intérieur de Brühl est plus soporifique que secouant.

 À voir… si vous adorez les paysages de Toscane, si vous vous questionnez sur les raisons qui vous font acheter Le nouveau détective.


Freaks of Nature

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Un film de Robbie Pickering, avec Ed Westwick, Denis Leary, Josh Fadem

Sortie le 15 février en VOD (Sony)

C’est une idée à la mode depuis quelques années en littérature et à la télévision : mélanger des créatures mythiques dans un même monde fantastique, organiser un « clash des clichés » permettant d’apporter une patte inédite au genre. True Blood constituait un bon exemple de mash-up mythologique débridé, mais même dans le monde des Stackhouse, on allait pas aussi loin que Freaks of Nature. Dans cet univers de comédie teenage, vampires, humains et zombies vivent plus ou moins en harmonie, surtout au sein du lycée de Dillford. Dag (Nicholas Braun) est notre adolescent typique (peu assuré, joué par un trentenaire), obsédé par les filles et la fumette, qui va voir son monde s’écrouler spectaculairement avec l’arrivée… d’extraterrestres. Oui, Freaks of Nature joue sans sourciller la carte du grand n’importe quoi, avec un entrain qui fait parfois mouche : l’humour du film brasse large, les interactions entre personnages sont dynamiques, le budget décent… Mais le script n’est pas si malin ou azimuté qu’il le voudrait : de nombreux gags tombent à plat, les dialogues sont moyennement soignés, et le film lui-même traîne derrière lui un léger parfum de misogynie. Bilan mitigé, donc, pour ce divertissement qui aurait peut-être fait une excellente série télé !

 À voir… si vous avez toujours eu envie de voir des batailles entre zombies et vampires, si vous en avez marre des comédies pour ados classiques.


Robots Supremacy

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Un film de Jon Wright avec Gillian Anderson, Ben Kingsley, Ella Hunt

Sortie le 2 février en DVD et Blu-Ray (Zylo)

Le réalisateur irlandais Jon Wright nous avait bien fait rire en 2012 à l’occasion de sa première réalisation, Grabbers, film de monstre nostalgique où des aliens attaquaient un village paumé en épargnant uniquement les habitants les plus bourrés. Avec Robots Supremacy (alias Robot Overlords), Wright récidive dans la SF rétro en se plaçant à la fois dans la lignée des classiques du genre des années 50, des productions Amblin et des sagas pour jeunes adultes modernes. Dans cette production avant tout familiale, d’énormes robots ont envahi l’Angleterre et soumis sa population avec l’aide d’une puce greffée sous la peau. Quatre jeunes réussissent bientôt à déjouer leur surveillance et à contrer cette invasion, avec l’aide de résistants cachés en bord de mer et de leur leader, Sean, qui peut contrôler l’esprit de ces viles machines. Tourné dans de superbes décors naturels (l’île de Man, notamment), Robots Supremacy ne cherche pas à réinventer la roue avec cette histoire de guerre des mondes insulaire, malgré quelques excentricités – un robot humanoïde nain, surtout – qui marquent l’esprit. Ben Kingsley, en méchant grandiloquent (euphémisme), et Gillian Anderson, en mère courage, jouent les guest stars de luxe d’un divertissement trop gentillet pour être mémorable, mais qui change un peu des grosses machines similaires et militaristes à la Transformers.

 À voir… si vous aimez vos robots avec un zeste de nostalgie, si vous aimez les sagas pour ados et voir Gillian Anderson ailleurs qu’au FBI.

 Lire la critique de Robots Supremacy


Burying the Ex

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Un film de Joe Dante, avec Alexandra Daddario, Anton Yelchin, Ashley Greene

Sortie le 2 février en DVD (Factoris)

Resté inédit pendant plusieurs années, le temps notamment que le très similaire Life after Beth sorte avant lui, Burying the ex est le dernier film en date du désormais trop rare Joe Dante. Après la sortie en catimini de The Hole, le réalisateur de Gremlins semble définitivement condamné à enquiller des DTV : c’est entre deux épisodes de séries télé qu’il a emballé cette comédie fantastique malheureusement plus anonyme que réjouissante. Anton Yelchin (Star Trek) joue un gentil geek tiraillé entre son ex-petite amie revenue d’entre les morts avec la ferme intention de transformer son mec en zombie, et sa nouvelle petite amie, bien plus vivante et portée sur les films d’horreur. Une intrigue de vaudeville gore en puissance donc, seulement rehaussée par des maquillages convaincants et les clins d’œil cinéphiles du réalisateur. Pauvre en décors, en péripéties ou gags originaux, Burying the Ex est une déception de taille de la part de Dante, qui tourne trop peu pour se permettre ce genre de pantalonnade.

 À voir… si vous n’avez jamais vu Shaun of the Dead ou une zom-com dans votre vie, si vous êtes (comme nous !) un fan compulsif de Joe Dante.

 Lire la critique de Burying the Ex


Pay the Ghost

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Un film d’Uli Edel, avec Nicolas Cage, Sarah Wayne Callies

Sortie le 29 février en DVD et Blu-Ray (Metropolitan)

Il paraît désormais loin, le temps où le réalisateur d’origine allemande Uli Edel scandalisait son monde avec des films comme Last Exit to Brooklyn et Body, rip-off involontairement hilarant de Basic Instinct avec Madonna. Edel travaille surtout sur des mini-séries télé plus ou moins glorieuses (la dernière était sur Houdini), et ce n’est pas ce mollasson Pay the Ghost qui va le sortir de cette ornière. Nicolas Cage, toujours aussi somnolent et fascinant dans ses choix de coupe de cheveux, y interprète un prof de littérature dont le fils a disparu lors d’un carnaval d’Halloween, et qui confronté à une série de messages surnaturels, va se lancer à sa recherche dans les bas-fonds mystiques de New-York. Le mystère au cœur de Pay the Ghost n’aura rien de surprenant pour les initiés comme pour les néophytes (un prologue fumeux se charge de vendre en partie la mèche) et le film ne prend guère le temps de soigner ses effets, mille fois vu ailleurs, pour y apporter un peu d’originalité. Le résultat n’est pas honteux, et Cage et sa partenaire Sarah Wayne Callies (The Walking Dead) forment même un couple brisé crédible. Mais le film croule sous sa propre paresse visuelle, et malgré la nature du mal invoqué ici, n’a rien d’ensorcelant.

 À voir… si vous continuez comme nous de suivre la carrière toujours plus erratique de l’ami Nicolas, si les films de fantômes sont votre unique obsession.


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