Inédits vidéo : la sélection DTV d’août 2017

Western, film de guerre, suspense, science-fiction, horreur, action… Plus que jamais, le film de genre règne fièrement sur le monde des inédits vidéo. En ce mois d’août 2017, l’actualité assez riche nous impose comme toujours de faire des choix drastiques pour vous parler des titres qui nous ont (ou non) tapé dans l’œil. Partez en guerre avec Mine, en Espagne avec L’Accusé, ou dans les prisons coréennes avec… The Prison… C’est le moment, comme toujours, d’être curieux et de vous laisser entraîner dans ces univers passant souvent sous le radar de la presse spécialisée !

Comme d’habitude, si nous avons mis de côté un film que vous jugez incontournable (voir notre sélection « et plus » en fin d’article, notamment), n’hésitez pas à réagir dans les commentaires. En attendant, bonne lecture… et bonnes séances !


L’Accusé

Un film d’Oriol Paulo, avec Mario Casas, Jose Coronado, Ana Wagener

Sortie le 16 août en DVD et Blu-ray et sur Netflix (Koba Films)

Incontournable

Réalisateur du toujours inédit The Body, surtout connu chez nous pour être le scénariste des Yeux de Julia, Oriol Paulo parfait sa réputation de petit malin adepte des scripts à tiroir avec L’Accusé, alias Contratiempo (alias aussi The Invisible Guest, notamment sur Netflix), thriller payant ouvertement sa dette à Hitchcock. Bâti sur un récit en flash-backs, le film est conçu comme un pur exercice de style, empruntant pour cela d’inévitables raccourcis narratifs et autres arrangements avec la cohérence et la psychologie de ses personnages. Le héros (incontournable Mario Casas), accusé en question du meurtre de sa maîtresse, doit justifier son innocence en faisant le récit d’une autre disparition à son avocate : une machination improvisée qui tourne mal, et déclenche par ricochet la colère d’un père meurtri… Si l’on peut voir venir le grand retournement de situation assez tôt avec un peu de jugeote, L’Accusé sait toutefois ménager son récit pour le rendre d’une part palpitant (malgré des ingrédients très familiers) et de l’autre plaisant visuellement. D’un hôtel inquiétant en pleine montagne à un appartement luxueux à l’artificialité assumée, les décors participent à établir l’atmosphère glaciale et tranchante du film, en accord avec les sentiments de ses personnages, qui manipulent froidement la vérité selon leurs intérêts. Un beau puzzle donc, aux effets parfois trop appuyés, mais qu’importe : c’est de la belle horlogerie.

À voir… si vous aimez les narrations à tiroir, les jeux sur le point de vue et les hommages hitchcockiens assumés. 


In a valley of violence

Un film de Ti West, avec John Travolta, Ethan Hawke, Taissa Farmiga

Sortie le 8 août en DVD et Blu-ray (Universal)

Pas mal

Son nom vous est peut-être inconnu, mais pour les amateurs de films d’horreur s’éloignant à la fois du courant mainstream et des clichés attendus du genre, Ti West est devenu une valeur sûre, que l’on adore ou déteste à égale mesure. Après des titres comme House of the Devil, The Innkeepers ou l’inédit The Sacrament, le réalisateur américain effectue un virage à 180 degrés avec In a valley of violence. Produit, encore plus bizarrement, par l’écurie Blumhouse, ce western pur et dur rend hommage dès son très chouette générique et l’entame de sa BO à l’esthétique dépenaillée à Sergio Leone et ses compadres. Un soldat déserteur de la guerre de Sécession (Ethan Hawke, abonné récent au genre après Les Sept Mercenaires) fait étape avec son chien fidèle dans une bourgade que n’aurait pas renié l’homme des hautes plaines, et fait connaissance avec le fils du shérif (John Travolta, entre cabotinage et ridicule involontaire)… S’ensuit un règlement de comptes au milieu de nulle part, une histoire de vengeance tellement balisée qu’on jurerait qu’il s’agit d’un geste méta de la part de Ti West. Empruntant à tous les maîtres du genre, de Peckinpah au Mort ou Vif de Sam Raimi, il signe pourtant un exercice de style plutôt sage, visiblement un peu fauché et très bavard, dont l’humour sardonique touche rarement au but. Une curiosité plus qu’une vraie réussite. Le chien, par contre, est brillant. Donnez-lui plus de rôles à ce cabot !

À voir… si vous aimez les westerns un peu rustres et gentiment nostalgiques, les chiens fidèles et les bourgades improbables.


Mine

Un film de Fabio Guaglione et Fabio Resinaro, avec Arnie Hammer, Annabelle Wallis

Sortie le 8 août en DVD et Blu-ray (Universal)

Pas mal

Dans le genre film de guerre minimaliste, 2017 nous a offert il y a quelques mois The Wall de Doug Liman. Peu de personnages, un seul décor, et une tension à maintenir pendant 90 minutes : ce défi, Mine tente également de le remporter avec moins d’arguments encore à faire valoir. Dans ce film moins statique qu’on pourrait l’imaginer, deux troufions américains en mission au Moyen-Orient ratent leur cible et doivent traverser le désert pour évacuer la zone. L’un d’eux marche sur une mine, et l’autre, joué par Armie Hammer, se retrouve piégé sur un autre engin enterré. S’il bouge, c’est fini. Le pitch rappelle un film français passé inaperçu, Piégé, mais ici, le scénario envisage toutes les possibilités pour contourner le côté immobiliste de la situation. Le concept n’autorisant pas beaucoup d’action, Mine joue la carte de l’introspection, plutôt lourdement, en explicitant à coups de flash-backs et de visions les démons intérieurs de son héros, dont le professionnalisme cache mal les blessures émotionnelles. Hammer est un comédien tout indiqué pour endosser un rôle aussi prééminent, et son engagement donne au film une partie de son énergie. Impossible pourtant de ne pas être un brin frustré par son dénouement pachydermique, et un brin stupide aussi…

À voir… si vous aimez les films de guerre sans bataille, les introspections en plein soleil.


Osiris, la 9e planète

Un film de Shane Abbess, avec Kellan Lutz, Daniel MacPherson, Luke Ford

Sortie le 9 août en DVD et Blu-ray (Wild Side)

Á éviter

Bienvenue dans un futur lointain, où les humains ont étendu leur empire à d’autres planètes colonisées. Enfin, en partie, puisque dans Osiris, la 9e planète, l’astre en question est en grande partie désertique. C’est là que doit se rendre Kane (Daniel MacPherson) pour chercher sa fille. Les plans de ce militaire sont contrariés quand il est abattu en plein vol et comprend avec un ex-détenu (Kellan Lutz, La légende d’Hercule) qu’Osiris est sur le point de subir une catastrophe nucléaire… Conçue en toute indépendance et sur plusieurs années par le débrouillard Shane Abbess (Gabriel, et plus récemment Infini), cette production de SF a indéniablement de l’ambition. Abbess veut créer un univers complet, surtitre son film Science Fiction Volume One (rien que ça), divise sa narration en chapitres et malmène sa chronologie pour donner l’illusion d’une histoire épique. Le résultat est assez maladroit, entre l’acteur principal sans charisme, les ellipses gênantes, le montage et la caméra qui s’excitent à l’unisson dès qu’il s’agit de filmer l’action sans les moyens qui vont avec, et des créatures dont le design, qui évoque étrangement Dark Crystal, jure un peu avec le décor. C’est quand le récit se termine, avec l’alliance des deux seuls personnages attachants, qu’on voudrait presque que le film commence. Peut-être dans un futur Volume Two ? Te presse pas malgré tout, Shane…

À voir… si vous êtes en manque de space opera, si le post-apo et les tortues géantes sont votre came.


The Prison

Un film de Na Hyun, avec Han Suk-kyu, Kim Rae-won, Jung Woong-in
Sortie le 9 août en VOD

Pas mal

L’univers de la prison, en Corée du Sud, c’est un décor inattendu pour la comédie, qu’elle soit orientée action (Jailbreakers) ou familiale (Miracle in Cell 7). Parfois, aussi, le lieu se plie aux exigences de son sous-genre, et on obtient le bien-nommé The Prison. Dirigée de l’intérieur par un détenu tout-puissant, Ik-ho, qui ne rend de comptes à personne parce qu’il ne fait partie d’aucun gang, la taule sert de purgatoire à Yoo-gun, ripou teigneux comme on en croise des dizaines dans le cinéma local. Arrivé là après la bavure de trop, Yoo-gun en bave jusqu’à ce que le maître des lieux le prenne sous sa protection. Et lui révèle cet improbable secret : il contrôle tellement le coin qu’il peut faire sortir des détenus la nuit pour effectuer des braquages en toute discrétion… L’empire du crime décrit dans The Prison peut faire douter de l’efficacité du système carcéral coréen, mais difficile de prendre au sérieux une telle intrigue. Le nœud de l’intrigue c’est l’affrontement entre deux protagonistes entre lesquels se crée une relation d’apprenti et de mentor : un classique du genre mais qui fonctionne toujours quand on y greffe des enquêtes policières, des trahisons et retournements de veste se traduisant par des bagarres générales. Et de la baston, il y en a dans The Prison ! À tel point qu’au terme de deux longues heures (il y a des sous-intrigues parfaitement rabotables là-dedans), on aura l’impression d’être tombé dans une version asiatique de Coups pour coups ou Le dernier château, ce qui ne sera pas pour déplaire aux plus bourrins d’entre nous !

À voir… si vous aimez les films de prison bien virils, les récits à la Donnie Brasco en plus braillard.


Baba Yaga

Un film de Caradog W. James, avec Katee Sackhoff, Lucy Boynton, Jordan Bolger
Sortie le 8 août en DVD et Blu-ray (Condor Entertainment)

Pas mal

Sélectionné au BIFFF 2017, et précédé d’une petite réputation sur la base d’une efficace  bande-annonce, Baba Yaga, alias Don’t knock twice dans son titre original, plaira sans doute aux amateurs de fantômes malfaisants et de thrillers familiaux garnis de jump scares. Pas révolutionnaire pour un sou, mais plutôt soigné dans sa peinture d’une relation difficile entre une jeune fille déglinguée par une enfance passée en famille d’accueil (Lucy Boynton) et une mère artiste peintre anciennement toxicomane (Katee Sackhoff), le film remet sur le devant de la scène une fameuse figure du folklore slave. C’est son courroux que l’ado et ses potes déclenchent lorsqu’ils frappent, donc, deux fois à sa porte. Et c’est parti pour des morts inexplicables, des apparitions « bouh derrière toi ! », des enquêtes dangereuses et des frissons plus ou moins gore, que le réalisateur enchaîne avec un certain savoir-faire, à défaut de savoir innover. In fine, Baba Yaga perd des points dans un dernier acte précipité, qui exploite trop peu, trop tard, les possibilités d’une mythologie à peine effleurée, et nous offre un dernier twist aussi forcé que facile.

À voir… si vous adorez comme nous les films de fantômes, si vous voulez revoir Katee « Starbuck » Sackhoff se frotter à nouveau au cinéma d’horreur.


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