Inédits vidéo : la sélection DTV de septembre 2017

Des inédits, en veux-tu, en voilà ! Beaucoup, beaucoup de longs-métrages inédits en salle pour ce mois de septembre 2017, à tel point que la sélection des films que nous chroniquons cette fois pourra paraître ténue par rapport à l’offre disponible. Cela n’empêche pas quelques titres que nous jugeons incontournables, de Pris au piège à Identities, d’être présent ci-dessous : on vous les conseille fortement, quel que soit le format dans lequel vous les découvrirez !

Comme d’habitude, si nous oubliez un film que vous jugez incroyâââble (voir notre sélection « et plus » en fin d’article, notamment), n’hésitez pas à réagir dans les commentaires. En attendant, bonne lecture… et bonnes séances !


Pris au Piège

Un film d’Alex de la Iglesia, avec Mario Casas, Bianca Suarez, Secun de la Rosa

Sortie le 5 septembre en DVD et Blu-ray (My Digital Cie)

Incontournable

Plus connu sous son titre original d’El Bar, Pris au piège n’est rien moins que la nouvelle bombe d’Alex de la Iglesia, qui s’attaque à nouveau à l’exercice de huis clos énervé, plus de dix ans après Mes chers voisins. Il croque ici avec gourmandise une galerie de personnages coincée dans un bar madrilène, à cause d’un tireur ayant décidé d’abattre tous ceux qui sortaient dans la rue. Quelle est la raison de ce massacre ? En attendant de découvrir le pot aux roses, les personnages d’El Bar s’excitent, s’énervent, récitent la Bible ou soupçonnent leur voisin, avec une mauvaise foi et un sale caractère qui ne va pas faire de quartier. De La Iglesia reste fidèle à lui-même : tous les personnages du film se comporteront tour à tour comme de bons samaritains ou de parfaits égoïstes, l’instinct de survie individualiste primant sur toute effusion communautaire. Derrière son allure de suspense rutilant et son humour grinçant, qui cède ici et là à quelques facilités, le film commente brillamment l’évolution de nos sociétés modernes, traumatisées par le souvenir des attentats. Les comédiens, qu’ils soient habitués du cinéaste (notamment un Mario Casas en pleine forme) ou nouveaux venus (l’actrice et mannequin Bianca Suarez, dont le physique de rêve est mis à rude épreuve) sont aussi pour beaucoup dans la réussite de ce thriller truculent et brutal.

À voir… si vous aimez le cinéma espagnol et son enfant le plus terrible, si vous n’avez pas peur de boire la tasse dans ce café.

Lire la critique de Pris au piège


47 Meters Down

Un film de Johannes Roberts, avec Mandy Moore, Claire Holt, Matthew Modine
Sortie le 28 septembre en VOD, le 8 novembre en Blu-ray (Wild Side)

Pas mal

Recalibré avec succès pour une sortie salles outre-Atlantique, suite au succès inattendu d’Instinct de survie avec Blake Lively, 47 Meters down (alias In the deep) redonne tout comme le film Jaume Collet-Serra ses lettres de noblesse au sous-genre, si mal fréquenté, du film de requins. Réalisé par le sympathique Johannes Roberts (auteur du moins inoubliable The Door), 47 Meters down choisit lui aussi intelligemment la voie du récit resserré, à mi-chemin entre Open Water et la scène de la cage des Dents de la mer. Le film est consacré à l’aventure de deux sœurs, l’une plus aventureuse et extravertie que l’autre (une dissension simple, mais qui nourrit l’ensemble du scénario), qui décident de tenter une plongée en profondeur sur un rafiot commandé par Matthew Modine – pourquoi pas. Bien entendu, leur cage d’exploration va rester coincée au fond de l’eau, au milieu des requins qu’elles étaient venues admirer. Roberts joue habilement sur le côté survival (pas d’oxygène, pas de remontée possible) pour surmonter les limitations inhérentes à un tel pitch – ses héroïnes n’arrêtent pas de parler et gâchent du coup un peu leur seul moyen de survie ! 47 Meters down ménage aussi quelques fausses pistes et twists cruels, qui permettront de relancer la mécanique de ce récit aussi simple dans sa conception que tendu dans son exécution.

À voir… si vous aimez flipper en profondeur, les plongées sous-marines en famille et les requins à l’ancienne.


Identities

Un film de Joshua Marston avec Rachel Weisz, Michael Shannon, Kathy Bates
Sortie le 12 septembre en DVD et Blu-ray (Condor Entertainment)

Pas mal

Réalisateur remarqué au début des années 2000 avec l’impeccable drame Marie pleine de grâce, Joshua Marston s’est fait par la suite plus discret, se tournant essentiellement vers le monde de la série télévisée. Son retour au 7e art se fait avec Identities (alias Complete Unknown) dans une veine subtile et intimiste, loin du semblant de thriller que les jaquettes semblent nous vendre. Le film, qui se déroule le temps d’une nuit dans New York, suit les retrouvailles de Tom et Jennie. Tom est un mari comblé tiraillé par un choix de carrière qui l’obligerait à déménager sur la côte Ouest, qui a la surprise de voir débarquer le soir de son anniversaire Jennie, sa petite amie d’il y a vingt ans, qui a pris une nouvelle identité présentée comme une façade à ses amis. Il s’avère que Jennie change de vie comme de chemise, utilisant ses capacités d’apprentissage pour s’immerger à chaque fois dans un monde différent. Une mythomane surdouée, donc, mais seule : Rachel Weisz, magnétique, lui confère une fragilité mêlée d’assurance qui contraste idéalement avec le jeu rentré d’un Michael Shannon chamboulé par cette personne qu’il redécouvre sous un visage inédit. Identities n’a que faire des révélations et du suspense, et préfère entretenir cette réflexion douce-amère, autour des notions de foyer, d’attachement sentimental et de libre arbitre. Et il y parvient plutôt très bien.

À voir… si vous aimez les drames intimistes originaux, si le couple Rachel Weisz / Michael Shannon vous semble, à vous aussi, frappé du sceau de l’évidence.


Bad Cat

Un film de Mehmet Kurtulus et Ayse Ünal, avec les voix (VF) de Frédéric Souterelle, Adrien Solis

Sortie le 6 septembre en DVD et Blu-ray (M6 Vidéo)

Á éviter

On connaissait les chats fainéants comme Garfield, les chats philosophes comme celui du Rabbin, les chats bavards chez Kiki la petite sorcière, voire les chats partouzeurs comme Fritz… Au tour maintenant de Shero, cousin éloigné du héros félin de Ralph Bakshi, d’arriver sur le devant de la scène. Le Bad Cat en titre de ce film d’animation venu ô surprise de Turquie mérite véritablement bien son nom : fumeur, brutal, égoïste, autoritaire, vulgaire et machiste, cette boule de poils pas commode terrorise tout un quartier d’Istanbul, quand il ne pousse pas tout simplement vers leur mort certains humains malchanceux. Une vraie teigne, donc, qui ne parvient pas dans ce long-métrage à nous être attachante. Shero est pourtant lancé sur une trajectoire « rédemptrice » bien connue de ce genre de récit, quand il tombe sur un chaton lui ressemblant trait pour trait, sans la méchanceté qui va avec. Bad Cat n’a, c’est sûr, aucun point commun avec les productions américaines autrement plus léchées (ahem), et leur morale rassurante y compris avec des anti-héros en tête d’affiche. Correctement animé, mais arythmique et doté d’un humour noir souvent difficile à apprécier, Bad Cat détonne par son originalité et sa méchanceté gratuite portée en étendard, mais n’a finalement rien d’une réussite dans le genre.

À voir… si vous adorez les matous mal léchés, si vous vous êtes toujours méfié de l’image du gentil chaton de gouttière.


Memories of War

Un film de John H. Lee, avec Lee Jeong-jae, Liam Neeson, Lee Beom-soo
Sortie le 27 septembre en DVD et Blu-ray (Wild Side)

Á éviter

Ah, la Corée du Sud et les films de guerre. Pour une réussite un peu moins mélodramatique que la moyenne (Far Away, par exemple), il y a toujours un carton plein de contre-exemples aussi caricaturaux que larmoyants. Malgré le pedigree du réalisateur John H. Lee, réalisateur en 2010 d’un efficace et énervé Into the fire, Memories of War vient ajouter une nouvelle preuve accablante à ce bilan en demi-teinte. Des moyens, il y en a visiblement, en tout cas pour la reconstitution historique dans ce film de guerre et de résistance (les SFX numériques, beaucoup moins par contre). Le scénario retrace le lancement en 1950 de l’opération Chromite (titre original du film), au début de la guerre de Corée, et les efforts de soldats visant à récupérer des plans secrets pour faciliter le débarquement des Américains. Une petite histoire dans la grande, donc, mais qui n’a pour le spectateur qu’un intérêt limité. Memories of War, malgré ses scènes de bataille et la présence, dans le rôle du général MacArthur, d’un Liam Neeson semblant découvrir ses dialogues sur un prompteur, coule rapidement à cause d’un ton si caricatural (ah, le cliché de l’increvable crevure nord-coréenne…) qu’il en est presque drôle, et d’un commando de héros interchangeables et sans charisme. Brouillon, longuet, voilà une grosse production qui a déjà commencé à sombrer dans l’oubli – comme les bidasses dont elle voulait pourtant commémorer le sacrifice, triste.

À voir… si vous un êtes un accro des films de guerre coréens, si Liam Neeson avec une pipe peut rendre votre journée meilleure.


Nightwatchmen

Un film de Emilis Velyvis, avec Leonid Iarmolnik, Lioubov Novikova, Ivan Yankovsky
Sortie le 27 septembre en DVD et Blu-ray (M6 Vidéo)

Pas mal

Dans le monde surpeuplé de la production fantastique russe, Nightwatchmen (à ne pas confondre avec le film de zombies The Night Watchmen, ou Night Watch, ou… Watchmen) constitue plutôt une bonne surprise. Moins bancal, fourre-tout et anonyme que des titres comme Dark Fantasy, Guardians, Battlestar Rebellion, Titanium ou Black Lightning (la liste est longue et vous les avez sans doute déjà tous oubliés !), le film d’Emilis Velyvis utilise le ressort connu du jeune héros pénétrant par inadvertance au cœur d’une société secrète pour emballer une aventure farcie de rebondissements et de scènes d’action enthousiasmantes. Oh, bien sûr, l’ensemble ne vole pas beaucoup plus haut que la saga Underworld : c’est très bleu, il y a des vampires et des femmes sexy qui aiment le cuir, mais production russe oblige, le film est aussi parcouru par une douce folie et peuplé de personnages plus burinés et étonnants que la moyenne. Pour ne rien gâcher, le film est sorti dans une édition vidéo plus riche que d’habitude, avec une batterie de suppléments qui versent un peu trop, malheureusement, dans le promotionnel. Mais pour une cinématographie aussi peu considérée chez nous, c’est déjà beaucoup !

À voir… si vous aimez les univers à la Underworld, l’humour slave, le cuir et les lentilles bleues.


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