Inédits vidéo : la sélection DTV de juin 2017

Elle revient, fidèle au poste, et comme chaque mois, pour vous aider à y voir plus clair dans l’actualité des Sortie le es DTV : la sélection des inédits vidéo de juin 2017 prend cette fois une orientation assez fantastique, avec plusieurs séries B plus ou moins recommandables au programme. Et comme toujours, nous avons effectué une sélection drastique au milieu de la vingtaine de titres recensés en DVD ou VOD. Si nous avons mis de côté un peu vite un incontournable de votre année cinéphile, n’hésitez pas à réagir dans les commentaires. En attendant, bonne lecture… et bonnes projections !


Clown

Un film de Jon Watts, avec Andy Powers, Laura Allen, Peter Stormare
Sortie le 28 juin en DVD et Blu-ray (Wild Side)

Pas mal

Le talent parfois ne suffit pas pour se tailler une carrière dans le cinéma. Demandez à Jon Watts : le réalisateur s’est lancé dans l’aventure du premier long-métrage grâce… à une fausse bande-annonce de Clown, qui clignait tellement de l’œil à Eli Roth, cité comme réalisateur de ce film imaginaire, qu’il proposa au jeune homme de transformer sa vidéo Youtube en véritable production de cinéma. Quatre ans plus tard, et après un excellent Cop Car, Jon Watts est à la barre de Spider-Man : Homecoming, l’un des blockbusters les plus attendus de cet été. C’est donc le bon moment pour se plonger dans Clown, qui révèle des qualités de metteur en scène assez évidentes pour se distinguer ce genre de série B de la masse. Digne héritier de Pennywise, le clown en titre est un père de famille malchanceux, qui enfile un costume démoniaque et se transforme peu à peu en monstre avide de chair enfantine. De ce pitch farfelu qui pourrait faire basculer le film à tout moment dans la série Z et potache, Jon Watts tire un récit au sérieux surprenant. La force de Clown, c’est de rendre attachant ce type banal transformé littéralement en mangeur d’enfants. Rendant un hommage évident à La Mouche, le réalisateur orchestre une décomposition corporelle peu ragoûtante, rajoutant une louche d’humour noir pour rendre son calvaire plus supportable. Dans son dernier acte, Clown dévoile des ficelles plus classiques, le film ne cherchant pas à réinventer la roue. Mais là encore, il sort du lot par l’excellence de ses maquillages prosthétiques, et une science du cadre qui lui évite de tomber dans la facilité. Une valeur sûre pour les amateurs d’horreur !

À voir… si vous n’avez pas une peur bleue des clowns (ou alors si, du coup), si vous voulez enfin découvrir une bonne production d’Eli Roth


La 9e vie de Louis Drax

Un film d’Alexandre Aja, avec Aaron Paul, Jamie Dornan, Sarah Gadon
Sortie le 6 juin en DVD et Blu-ray (Carlotta Films)

Pas mal

Melting-pot d’ambiances et de genres, quelque part entre Hitchcock, Jeunet, un Stephen King passé sur la côte Ouest et le Quelques minutes après minuit de Bayona, La 9e vie de Louis Drax est un curieux projet pour Alexandre Aja, le réalisateur de Horns et La colline a des yeux. Loin des débordements sanglants qui ont fait sa gloire, le cinéaste français signe ici un film qui désarçonne volontairement le spectateur : ça débute comme un avatar d’Amélie Poulain avant de prendre la forme d’un thriller à la lisière du surnaturel, alors même que l’histoire tourne autour de la maltraitance infantile. Aja, pas aidé par un casting inégal (si Aaron Paul brûle l’écran en père aimant et incompris, Jamie Dornan est lui assez épouvantable), tente de jongler avec des éléments tellement disparates que l’ensemble du projet menace parfois de s’écrouler. Il est évident qu’Aja réfrène un peu ses ardeurs, tant le film reste graphiquement sage alors que la mort et le deuil rôdent, omniprésents, dans le décor. Cependant, on s’attache assez vite à ce petit Louis Drax, héros comateux et sarcastique qui dénoue les fils de son passé tout en commentant avec détachement les comportements des adultes qui l’entourent. Assez pour regretter que le film, esthétiquement intéressant, ait traîné aussi longtemps dans un tiroir, avant de passer directement par la case vidéo – une première pour Aja.

À voir… si vous aimez les fables fantastiques mâtinées de thriller hitchcockien, Aaron Paul, les bifurcations de carrière imprévisibles

Lire la critique complète de La 9e Vie de Louis Drax


The Bye Bye Man

Un film de Stacy Title, avec Douglas Smith, Carrie-Anne Moss, Faye Dunaway
Sortie le 22 juin en DVD et Blu-ray (Metropolitan Filmexport)

Pas mal

Descendu en flammes par la presse lors de sa sortie américaine, The Bye Bye Man débarque chez nous avec une réputation de nanar complètement stupide. Un verdict qui semble faire l’unanimité. Mais pourtant, sans crier au chef d’œuvre injustement incompris, le film de Stacy Title possède une once d’intégrité qui incite à la clémence, malgré ses nombreux errements. Présenté, un peu à tort, comme un slasher ado de base, The Bye Bye Man adopte en fait plutôt les clichés du film de fantômes à la Mama et l’ambiance d’un Destination Finale. L’histoire (trois étudiants libèrent le Bye Bye Man, un être qui obsède et pousse au crime tous ceux qui entendent son nom) n’a que peu d’importance : passé un prologue intrigant et brutal, elle n’est qu’un prétexte à observer la désintégration d’un groupe d’amis confronté à une folie épidémique. La mythologie créée autour du fameux Bye Bye Man (son chien en CGI, qui apparaît de manière très originale, le train, les pièces de monnaie) est si arbitraire et confuse qu’elle laisse supposer de nombreux remontages. Les effets numériques sont cheap, la réalisation trop télévisuelle pour faire peur, les stars invitées (Carrie-Anne Moss et Faye Dunaway !!) se demandent ce qu’elles font là… Bref, The Bye Bye Man traîne dans son sillage un paquet de casseroles. Mais c’est quand il brouille la frontière entre réalité et cauchemar éveillé pour ses héros qu’il réussit un peu à amuser la galerie.

À voir… si vous aimez les boogeymen cynophiles, les ados un peu cons, les ambiances à la Candyman


Indignation

Un film de James Schamus, avec Logan Lerman, Sarah Gadon, Tracy Letts
Sortie le 15 juin en DVD (M6 Vidéo)

Pas mal

Son nom est peu connu du grand public, mais James Schamus est depuis ses tous débuts le scénariste et producteur presque attitré d’Ang Lee. Après avoir travaillé sur des classiques comme Tigre & Dragon ou Brokeback Mountain, Schamus est passé à la réalisation pour la première fois, en s’attaquant au roman en partie autobiographique de Philip Roth Indignation. Pas la plus aisée des tâches, tant l’univers complexe de l’écrivain n’a pas toujours bien passé l’épreuve du grand écran. Mais avec cette plongée dans l’Amérique blanche et conservatrice des années 50, l’apprenti cinéaste livre un film d’époque subtil et incarné, volontiers philosophique. Le héros, Markus (Logan Lerman, Fury) quitte l’échoppe de son père et la synagogue du quartier pour entrer à l’Université de l’Ohio en 1951. « Outsider juif » comme quelques autres au sein de l’établissement, il tombe amoureux d’Olivia Hutton (Sarah Gadon, également dans La 9e vie de Louis Drax), une fille de la haute société qui cache un terrible secret. Indignation, comme souvent chez Roth, est une histoire marquée par la fatalité. L’étudiant brillant est poussé dans ses retranchements par son environnement et la direction, et même dans ce décor clos, transpirent toute l’étroitesse d’esprit et la difficulté d’échapper aux carcans familiaux qui caractérisaient cette période de transition. Le film est bavard, mais ici ce sont les dialogues qui comptent, et qui révèlent en creux les failles et les modes de pensée de chaque personnage. À découvrir.

À voir… si vous aimez les adaptations intelligentes, les drames patients et évocateurs


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