Les enquêtes du département V : Miséricorde, le Cold Case danois

par | 27 mars 2015

Après Millenium, Miséricorde inaugure avec savoir-faire une nouvelle saga scandinave : les enquêtes du Département V.

La vie de l’inspecteur Carl Mørck (Nikolaj Lie Kaas, Les bouchers verts, Adam’s Apples) bascule après une enquête tragique, durant laquelle son collègue meurt devant ses yeux et son meilleur ami finit paralysé. Traumatisé, Carl doit désormais se contenter d’archiver les vieux dossiers au commissariat. Pour l’assister dans sa tâche, il se voit assigner un nouveau partenaire, Assad (Fares Fares, Easy Money) d’origine syrienne. Même s’ils ont du mal à s’entendre, rapidement, les deux hommes vont à l’encontre des ordres de leur hiérarchie et décident de rouvrir leur première enquête jamais résolue. Cinq ans plus tôt, une jeune politicienne prometteuse, Merete Lynggaard (Sonja Richter), a disparu sans laisser de traces…

Une franchise calibrée pour cartonner

Phénomène littéraire dans son pays natal, la série de romans policiers du Danois Judd Adler-Olsen, Les enquêtes du département V, a logiquement débarqué au cinéma sous la houlette de Zentropa, la société de production co-créée par Lars Von Trier. Alors que le deuxième épisode, Profanation, était sorti en salles chez nous, ce Miséricorde, première enquête du taciturne Carl Morck et de son assistant syrien Assad – lequel a sensiblement évolué par rapport à sa version papier – a eu droit au traitement « e-Cinema » (sur lequel nous revenons dans la critique de Profanation). Une sortie exclusive en VOD, puis en vidéo, donc, pour ce thriller ô combien classique en apparence réalisé, comme la suite, par Mikkel Nørgaard, et inaugurant une franchise typiquement scandinave calibrée pour cartonner.

"Cette première affaire possède les bons ingrédients pour river les amateurs de procedurals à leur écran."

Mais un thriller bien troussé, copieusement atmosphérique et léché, dans lequel une section spéciale de la police dédiée aux affaires non classées (ou « cold cases », pour rappeler une certaine série US), où sont « jetés » nos deux héros, part sur les traces d’une femme politique disparue quelque part entre le Danemark et la Suède. Adoptant une véritable dynamique de buddy movie, différente de celle des romans, Miséricorde unit Carl et Assad, qui bien entendu n’ont rien en commun, pour résoudre cette affaire qui possède les bons ingrédients pour river les amateurs de procedurals à leur écran. Mais guère plus : la séquelle Profanation se révélera bien plus riche et intrigante…