Saving General Yang : la guerre en famille

L’histoire est peut-être inconnue chez nous, mais la saga, légendaire plus qu’historique, du clan Yang fait partie du patrimoine pour les Chinois. Cette fratrie de sept frères, qui durant le Moyen-Âge défendit le pays contre les invasion nordiques, a été contée de mille et une façons au cour des siècles. Dans les années 2000 une série de livres et de pièces a remis ces récits au goût du jour, les frères Yang ayant même fait l’objet d’une série à succès en 2006, Young Warriors of the Yang Clan. Il n’est donc pas étonnant de voir arriver en 2013 une version cinématographique de ces exploits guerriers, un film à gros budget (32 millions de dollars) produit par le mogul Raymond Wong (qui a récemment engrangé les billets verts avec la franchise Ip Man, qui s’agrandira d’ailleurs avec un troisième épisode dans l’année à venir) : Saving General Yang, un titre qui constitue tout un programme.

La guerre, c’est dans leur sang

Trois extraits des croquis de production : l’histoire des frères Yang avait été racontée d’une manière originale dans Les 14 Amazones (1972), qui s’intéressait aux veuves du clan.

Trois extraits des croquis de production : l’histoire des frères Yang avait été racontée d’une manière originale dans Les 14 Amazones (1972), qui s’intéressait aux veuves du clan.

En effet, malgré ses relents forcément patriotiques (il s’agit encore une fois de défendre la Mère patrie contre les envahisseurs étrangers, sadiques et supérieurs en nombre), Saving General Yang se base sur une dynamique plutôt simple : les sept frères du clan Yang, qui assurent la pérennité de la dynastie Song, sont obligés de mettre leurs différences de côté et de se servir de leurs dons militaires pour une mission d’importance : sauver leur père, tombé entre les mains ennemies. Comme dans un bon film de John Sturges (ou Kurosawa, c’est selon), chacun de ces sept mercenaires combattants a son arme de prédilection, son caractère bien à lui et un conflit personnel à régler.

Raymond Wong s’est assuré que son ambitieux projet ne soit pas mis dans les mains d’un faiseur sans âme, puisqu’il s’est assuré la présence de Ronny Yu derrière la caméra. Bien qu’il n’ait jamais vraiment confirmé l’immense talent entrevu dans le magnifique et culte Jiang Hu, the bride with white hair, Yu a par la suite montré sa versatilité et sa capacité d’adaptation, traînant du côté d’Hollywood le temps de quelques films d’horreur aseptisés (La fiancée de Chucky, Freddy vs Jason), avant de revenir à Hong-Kong pour y emballer l’un des meilleurs films de Jet Li, le très rétro Maître d’armes, en 2006. Saving General Yang marque donc son retour à la réalisation, d’autant plus attendu qu’il s’est entouré d’une équipe technique et artistique à la hauteur : Kenji Kawai est à la musique, Edmond Wong (Ip man 1 et 2) au scénario, et en tête d’affiche, Ekin Cheng, qui remplace Louis Koo au pied levé, tentera de faire oublier le cuisant échec, dans le même genre, de l’affreux Storm Warriors.

Ils partirent 3000…

La première et très rétro affiche du film, très Shaw Brothers dans l’esprit.

La première et très rétro affiche du film, très Shaw Brothers dans l’esprit.

Le premier trailer doublé en anglais, récemment dévoilé sur la toile, promet un divertissement plutôt effréné, les classiques scènes de bataille entre armées numériques, tournées dans la province chinoise de Henan, contrastant avec des mano a mano qui semblent autant s’inspirer de l’émulation barbare de 300 que des wu xia pian de la Film Workshop. Les Chinois connaissant déjà très bien l’histoire, la tagline du film n’hésite pas à tuer le suspense d’emblée : « Parmi 3000 guerriers, un seul d’entre eux survivra ». Peu importe : on a hâte de voir la famille Yang partir en mission suicide lances en avant.

Universal a récemment acheté les droits d’exploitation de Saving General Yang, qui sortira en Chine en avril prochain, pour plusieurs pays européens. La France n’en fait pas partie pour l’instant, mais vu que des navets comme 14 Blades parviennent régulièrement jusqu’à nous, il y a matière à espérer.

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