Showeb de printemps : une avalanche d’images inédites

Depuis maintenant 2 ans, les distributeurs français et la rédaction du Film Français s’associent pour proposer à la blogosphère ciné des journées dédiées à leurs productions en cours et à venir. L’événement porte le nom de Showeb, et nous étions déjà à la précédente édition à l’automne dernier. Le showeb de printemps, une nouvelle rencontre a eu lieu début mars du côté de l’UGC Bercy : au programme de ce marathon, bandes-annonces, promo reels destinés aux acheteurs, extraits peu ou pas étalonnés, teasers personnalisés… des films de 2015. Si Warner et la Fox, pourtant friands de promos virale, font figure de grands absents, les studios Disney, Universal et Gaumont continuent de sauter sur l’occasion pour faire parler de leurs titres, parfois avec le concours des réalisateurs et producteurs.

De nombreuses bandes-annonces présentées étant déjà connues des internautes, pas besoin de s’attarder dessus dans notre compte-rendu. Vous voulez de l’inédit et des annonces ? Il y en a eu !

SND dégaine la grosse artillerie

Showeb de printemps : une avalanche d’images inédites

Le coup d’envoi du Showeb de printemps a été donné par SND, avec un long extrait d’Enfant 44, thriller historique au casting étincelant, dont nous avons déjà pris le temps de parler. Outre les premières images d’Adam Jones (titre provisoire), comédie culinaire londonienne avec Bradley Cooper en improbable chef cuistot, nous avons surtout retenu la prometteuse présentation d’Antigang, nouveau méfait de Benjamin Rocher (Goal of the Dead) qui a eu envie de s’amuser avec des gros jouets en castant Jean Réno en tête d’affiche d’un film d’action décomplexé sur une unité d’élite confrontée à des braqueurs de bijouteries. Fusillades sur le parvis de la BNF, poursuites sur le périph’, casting viril et influences assumées (de L’Arme fatale à Heat en passant par le ciné HK), Antigang, qui sortira le 19 août, ne fait pas dans la dentelle, mais pourrait connaître un meilleur accueil que Colt 45 l’an passé.

L’équipe de Gaumont a ensuite présenté au Showeb de printemps l’expo « 120 ans de Gaumont », qui aura lieu du 15 avril au 5 août au 104. La prestigieuse collection d’affiches, d’appareils et de films du patrimoine qui sera dévoilée à cette occasion devrait créer l’événement. Côté films, la  « tragi-comédie » Nos futurs de Rémi Bezançon (Le premier jour du reste de ta vie) s’est annoncée via un extrait drolatique, tandis que la séquence du post-apocalyptique Arès, production Louis Leterrier louchant sur Fight Club dans un Paris paupérisé, nous a intrigué à défaut de nous convaincre. Mais ce que nous retenons surtout, après vision d’un très court reportage avec Mamoru Hosuda (Les enfants loups), c’est l’annonce de la sortie de son The Boy and the beast le 30 décembre prochain !

À la poursuite de l’empire Disney

Showeb de printemps : une avalanche d’images inédites

La journée du Showeb de printemps s’est poursuivie avec le planning poids lourds de Disney France. Avec les studios Pixar, Marvel Films et Lucasfilms sous son égide, le géant aux grandes oreilles a les franchises nécessaires pour passer l’année, voire la décennie tranquille. Cela n’a pas empêché la longue présentation d’être assez décevante, malgré la diffusion de 7 minutes du très excitant Tomorrowland de Brad Bird et l’ouverture de l’encore plus alléchant Vice-Versa de Pete Docter, qui marque le retour du Pixar des grands jours (on attend encore de voir ce que donnera The Good Dinosaur, dont la pré-production a été assez chaotique). Impossible de vous en dire plus, et cela concerne aussi le court-métrage Lava, qui servira d’avant-programme à Vice-Versa, et la scène inédite d’Avengers : l’ère d’Ultron. Pour ceux qui frétillaient dans la salle à l’idée de découvrir des images exclusives de l’Épisode VII : le réveil de la force, il faudra repasser plus tard.

« le vrai point d’orgue de ce line-up, voire de la journée, était la diffusion du trailer de High Rise de Ben Wheatley, production sulfureuse qui nous a retourné les sens. »

Plus modestes, Urban Distrib’ et La Belle Company ont profité de leur apparition pour mettre en avant des productions certes plus difficiles, mais pas moins intéressantes. Pour le premier, ce sont deux projets attachants, l’Iranien Red Rose, drame passionnel garni d’images d’archives, et le Britannique Burn Burn Burn, road-movie tragi-comique dans la tradition du cinéma anglais, qui ont retenu l’attention. Pour le second, en dehors des Châteaux de sable avec Emma de Caunes (dont le scénario était offert à toute l’assemblée), et de l’annonce mortifiante des nouveaux projets d’Orelsan et Kev Adams, c’est la sortie en avril du Good Kill d’Andrew Niccol (Gattaca, oui, mais surtout les exécrables Time Out et Les âmes vagabondes) qui va marquer les esprits. Son sujet, la guerre des drones, et sa star Ethan Hawke en font une proposition intéressante malgré le passif poussif de son auteur.

Joker Films met tout le monde d’accord

Showeb de printemps : une avalanche d’images inédites

Passons rapidement sur le line-up limité de Pretty Pictures, qui bazarde notamment le film d’horreur The Canal en VOD pure au mois de mai, malgré de multiples sélections en festival. Pas grand-chose à dire non plus sur le catalogue d’Universal, longue suite de bandes-annonces déjà visibles partout, et surtout rarement excitantes (tenter de nous vendre un navet comme Unfriended et son horreur « filmée » sur Skype a quelque chose de navrant). Rien de nouveau sous le soleil donc pour Fast 7, Jurassic World, Crimson Peak ou Ted 2. Seule exclue, les premières images d’Everest ont rappelé que le film de Baltasar Kormakur (Easy Money) sur une expédition en Himalaya tournant au cauchemar, visait le très grand spectacle, en 3D qui plus est. Jason Clarke, Josh Brolin et Jake Gyllenhaal font partie de la cordée dans ce film qui sort le 23 septembre en France.

Finalement, et comme à l’automne, c’est The Joker Films, et ses joyeux drilles issus de l’écurie Wild Side, qui a créé l’événement, avec un montage vidéo compilant leurs sorties façon retro-gaming de manière hilarante. Vous connaissez déjà Hyena, Sea Fog ou The Duke of Burgundy, chroniqués sur le site, et le Lost River de Ryan Gosling (qui devrait être à Paris pour la promotion du film) approche à grands pas. Plus surprenante et réjouissante était l’annonce de la sortie de The Dead Lands, fresque maori sélectionnée au Bifff qui évoque gentiment Apocalypto, présentée en vidéo par l’impressionnant Lawrence Makoare, habitué des tournages néo-zélandais de Peter Jackson. Un promo reel de Trespass Against Us, drame policier anglais très noir, avec Michael Fassbender et Brendan Gleeson, a également été diffusé : le film serait parfait pour une future sélection à Dinard. Mais le vrai point d’orgue de ce line-up, voire de la journée, était la diffusion du trailer de High Rise de Ben Wheatley. Depuis Kill List et Touristes, nous en sommes convaincus : le cinéaste Britannique est une révélation, un iconoclaste surdoué, qui va enfin accéder à la notoriété avec cette adaptation furieuse de JG Ballard (Crash) qui évoque une version satirique et verticale du Transperceneige. Tom Hiddleston et Luke Evans sont les vedettes de cette production sulfureuse qui nous a retourné les sens. Nous y reviendrons très vite.

Les belles images de chez Pathé

Showeb de printemps : une avalanche d’images inédites

Soyons clairs : les images de Pourquoi j’ai pas mangé mon père, projet de longue haleine de Jamel Debbouze, venu vanter les mérites de son film, ne nous ont pas spécialement convaincues. La star semble découvrir l’existence de la performance capture (un truc de geeks, nous a-t-il dit) avec cette adaptation lointaine d’un roman de Roy Lewis carburant aux anachronismes et à l’esbroufe visuelle (plusieurs plans sont clairement repris au Tarzan de 1999). L’idée, saugrenue et sacrilège, de « faire revivre » Louis de Funès grâce à un mime et un imitateur, ne fonctionne pas et distrait plus qu’autre chose. Heureusement, Pathé avait d’autres projets dans sa besace bien plus excitants, comme Les Cowboys, premier film du scénariste de De rouille et d’os avec Olivier Gourmet et John C. Reilly qui nous renvoie involontairement à une actualité brûlante ; le bizarrement titré En mai fais ce qu’il te plaît, spectacle populaire et franchouillard sur l’exode des paysans du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale ; le nouveau Paolo Sorrentino, Youth, qui associe Michael Caine et Harvey Keitel et a « bouleversé » l’audience du Showeb de printemps via un teaser on ne peut plus hot et décalé ; ou le documentaire La glace et le ciel, de Luc Jacquet (La marche de l’empereur) qui parlera de climat et de fonte des glaces avec des images à couper le souffle.

« L’idée, saugrenue et sacrilège, de « faire revivre » Louis de Funès grâce à un mime et un imitateur, ne fonctionne pas et distrait plus qu’autre chose. »

Au terme de cette éprouvante, mais généreuse journée de projection de Showeb de printemps, Studio Canal a effectué une présentation là aussi décevante (10 minutes des Minions en exclusivité, vraiment, ce n’était pas nécessaire, tout comme le faux teaser de Babysitting 2), seulement relevée par le trailer exclusif de We are your friends, film d’été sur le DJaying avec Zac Efron, calibré pour cartonner pendant les grandes chaleurs. Le studio a profité de l’occasion pour projeter en avant-première Shaun le mouton des studios Aardman. La critique arrive, du coup, très bientôt. Rendez-vous maintenant en octobre, pour une nouvelle avalanche d’exclusivités…

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