Showeb2rentrée : retour vers le futur dans vos salles

Deux fois par an désormais, l’agence Casablanca (groupe Publicis) et Le Film Français convient les blogueurs à une grand-messe cinématographique, le Showeb. Une semaine après le congrès des exploitants de Deauville, petits et gros distributeurs viennent présenter les nouveautés qui figureront sur les plannings des sorties au cinéma dans les mois à venir, voire même de l’année. Cette année, Born to Watch a suivi l’événement qui se déroulait le 7 octobre à l’UGC de Bercy. Bilan après 7 heures de projection !

Opération séduction

Showeb2rentrée : Retour vers le futur dans vos salles

Si la presse nationale peut visionner les films en première mondiale directement au Marché du film de Cannes, ou dans des festivals comme Toronto et Venise, les blogueurs, eux, disposent d’une force de frappe différente, mais bien réelle. Les réseaux sociaux et la création fabuleuse du modèle WordPress ont permis à multiples talents professionnels ou non d’émerger sur la toile et de tutoyer le lectorat du papier. Les professionnels du cinéma les intègrent donc directement dans leur plan de communication, avec un intérêt exponentiel. La phrase désormais systématique : « Si vous avez aimé le film, n’hésitez pas à en parler autour de vous, si non, parlez-en, mais un peu moins fort, » vaut plus qu’un long discours. Le représentant de la jeune société Jour2Fête a remercié la salle pour l’excellent accueil offert par les blogs du film The Salvation. Une reconnaissance grandement appréciée.

« Jamel Debbouze, futur Andy Serkis ? »

Les grands absents remarqués de cette édition, Wild Side, Sony et Warner (qui organise son propre événement) n’ont pas empêché la tension de monter dans le public, notamment à l’évocation de sorties très attendues : Avengers 2, Vice-Versa, le nouveau Pixar (photo ci-dessous), ou encore le Cendrillon de Kenneth Branagh. Les petits distributeurs se sont distingués par la qualité de leurs choix, comme Gebeka Film, Jour de Fête et surtout The Jokers Films, qui associé au Pacte, travaille cette année sur quelques films particulièrement alléchants. La présentation de la société, ponctuée d’interviews tarantinesques (Nicolas Winding Refn, Ryan Gosling et Ben Wheatley ) a mis également les blogueurs en joie. La question du piratage a également été évoquée. Le président de Jokers Films qui distribuait en France The Raid 2 n’a pas manqué de de souligner sa déception de voir le film battre des records de piratages. Mais la sortie tardive du film, un mois après sa parution en vidéo outre Atlantique a malheureusement contribué à ce phénomène. D’une manière générale, il fût bon de rappeler qu’un film doit avant tout se visionner sur un grand écran.

Grosses machines….

Showeb2rentrée : retour vers le futur dans vos salles

 

Pour débuter la journée en beauté, SND (Groupe M6) a dévoilé plusieurs scènes du prochain Astérix, Le Domaine des Dieux, réalisé par Alexandre Astier (Kaamelott) et Louis Clichy (qui a travaillé à l’animation de Là-haut et de Wall-E). Si les dessins enveloppés et réalistes rappellent justement ceux du célèbre studio de John Lasseter, les blagues, elles, transpirent la quête du Graal à plein nez. Soucieux de moderniser l’esprit de la bande-dessinée d’origine, sans la trahir, Alexandre Astier a instillé un humour indémodable (« – Je vais te l’enfoncer jusqu’au Cubitus ! – Présent ! ») et des éléments plus contemporains, comme le fait de nommer un garde romain « Travaillerpluspourgagnerplus ».

Voir la bande-annonce :

Le SND a également présenté l’Affaire SK1, sur l’inspecteur de la police judiciaire qui a traqué, puis arrêté Guy Georges. Gaumont, qui célèbre ses 120 ans cette année, est venue présenter La French, dans lequel Jean Dujardin incarne le Juge Michel aux prises avec la pègre marseillaise et également Samba, par les créateurs d’Intouchables. Le premier évoque fortement les French Connection, et nous reviendrons sur le second, très prochainement.

Universal s’est distingué avec Favelas de Stephen Daldry (Billy Elliot), l’histoire de deux enfants qui vivent dans un bidonville de Rio. La découverte d’un portefeuille dans une décharge à ciel ouvert va changer leur destin. La présence de Martin Sheen au casting semble de bon augure pour ce film attendu le 12 novembre prochain dans les salles.

Voir la bande-annonce :

La présentation de Studio Canal a débuté avec l’ours Paddington, un film d’animation dans la veine de Ted, avec l’accent anglais en plus, qui sortira à Noël prochain. Canal se lance également dans la course à l’Oscar (avec le soutien de la Weinstein Company) avec Imitation Game, où Benedict Cumberbatch incarne un mathématicien chargé de décoder les messages cryptés des Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale, la fameuse machine Enigma.

Canal a également annoncé les sorties, très proches, de Serena et Big Eyes, de Tim Burton, déjà abordés dans nos pages.

Voir la bande-annonce d’Imitation Game :

La bande-annonce de Pourquoi j’ai (pas) mangé mon père (Pathé), le premier film d’animation intégralement tourné en performance-capture en France, a fait sensation. Très impliqué dans le projet, Jamel Debbouze, qui tient le rôle principal d’Édouard a tenu à ressusciter Louis de Funès à l’image en utilisant des images de La Folie des Grandeurs. Avec un matériel technique généralement utilisé dans un registre dramatique, l’adoption de l’œuvre de Roy Lewis doit devenir une comédie préhistorique mordante et spectaculaire. Carlos Grangel (Les Noces Funèbres) anime ce monde primaire, coloré et végétal dans lequel évolue l’étonnant comédien. Jamel Debbouze, futur Andy Serkis ? Rendez-vous l’année prochaine pour le savoir.

Voir le teaser :

Le Pacte, qui s’est associé, nous l’avons noté, avec le tout jeune Jokers (Hyena, Rec 4, Haemoo, Lost River ou encore Juillet de sang) sortira cette année le nouveau film de David Gordon Green (Joe) : Manglehorn, présenté à Venise, met en scène Al Pacino en quête de rédemption. Pari osé, le premier long-métrage de Thomas Salvador s’autoproclame lui 100 % super-héros et 100 % Français. Dans un extrait de Vincent n’a pas d’écailles, le spectateur découvre par l’absurde l’agilité de ce super-Dupont qui se décuple dans l’eau. Le showeb a offert également au Pacte la possibilité de présenter Timbuktu, le prochain film du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako (Bamako, La vie de Tiya) sélectionné au dernier festival de Cannes. Il raconte la vie d’un village malien bouleversé par l’arrivée d’extrémistes religieux qui sème la terreur sur leur passage.

La bande-annonce :

… et petites loco

Showeb2rentrée : Retour vers le futur dans vos salles

Urban Distribution est venu présenter un film canadien, Félix et Meira, de Maxime Giroux (Jo pour Jonathan). Ce mélo dramatique raconte la rencontre entre un trentenaire célibataire qui rencontre une jeune mère vivant dans une communauté chrétienne ultra-traditionnelle. Version originale sous-titrée (oui c’est son nom) distribue, quant à lui, L’homme du peuple, le très attendu biopic sur Lech Walesa réalisé par Andrezj Wajda. Cette production polonaise raconte la montée de cette personnalité hors norme, d’électricien sans histoire à homme d’État qui reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1983.

Jour2Fête touche au cœur avec Lilting, un film anglais de Hong Khaou en compétition officielle au festival de Dinard. Il raconte le dialogue à Londres entre un mère sino-Cambodgienne, Junn qui vient de perdre son fils avec l’ancien colocataire de ce dernier, qui se révèle en réalité son ancien amant par l’intermédiaire d’une jeune traductrice, car Junn ne parle pas l’anglais.

Voir la bande-annonce :

Pour achever la journée en beauté, une adaptation d’un roman scandinave dans la veine de Millénium, Les Enquêtes du département V : Profanation (alias The keeper of lost causes) a été dévoilé par la société Wild Bunch. Elle met en scène les enquêtes de deux policiers affectés aux départements des affaires non classées. La réputation des polars Danois n’est plus à construire et les premières images mettent en appétit.

C’est dans les vieux pots…

Showeb2rentrée : Retour vers le futur dans vos salles

Pour achever cette séance marathon, l’invité-surprise Thierry Frémaux, qui dirige du Festival Lumière de Lyon, un événement montrant des versions restaurées de classiques « opérés » dans l’institut du même nom, et délégué général du Festival de Cannes, a présenté en avant-première une version flambant neuve de César et Rosalie (1972). « Claude Sautet, a-t-il expliqué, est un artiste incompris, à mi-chemin entre le cinéma populaire et la vision d’auteur. Alors, à l’heure où tout le monde ne parle que de François Truffaut, il me semble important de se souvenir aussi de lui. » Le film, d’un bleu aussi étincelant que les yeux de Romy Schneider, a escorté le soleil qui se couchait sur le Cour Saint-Émilion.

Merci aux organisateurs de la journée et aux distributeurs pour leur énorme travail de présentation.

Nous reviendrons bien évidemment en détail sur ces films à venir dans nos pages.

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