Pensé au départ comme une minisérie d’une dizaine d’épisodes pour la Toei, Tokyo Vampire Hotel témoigne avant tout de l’hyperactivité, devenue finalement problématique, du fantasque Sono Sion. Accepter une commande télévisuelle, fusse-t-elle alléchante, quand on enquille déjà par ailleurs quatre à cinq tournages de cinéma par an, est-ce bien raisonnable ? Le réalisateur japonais, s’il est accompagné de deux autres collègues sur la série, n’a toutefois pas rechigné à la tâche, et a trouvé le temps de produire un montage cinéma du show, composé d’un amalgame des premiers épisodes assorti d’un prologue et d’un dernier acte inédit. Un beau bordel narratif, quand on y pense, qui explique le caractère chaotique et déséquilibré du résultat final.

Tokyo Vampire Hotel imagine un univers absurde où une lutte ancestrale oppose deux familles de vampires, les Draculas et les Corvins, à la fois en Roumanie (l’occasion pour l’équipe de tourner dans des lieux historiques impressionnants, telle cette grande mine de sel) et au Japon. Les deux pays communiquent via une sorte de caverne magique, mais ça n’est pas l’élément le plus branque de ce pandémonium à la gloire de son imprévisible réalisateur. Sono Sion impose sa marque dès les premiers instants, lors d’un carnage rigolard ultra-violent dans un restaurant, où est introduite une ennuyeuse héroïne « élue », enjeu d’un combat sans merci qui va s’étaler sur deux longues heures. Farci de rebondissements puérils (une « fuck party » bien pudibonde), de débordements gore (l’hôtel vampirique, avec son escalier à la Scarface, cache des murs en forme de purgatoire éternel !), de combats interminables et de méchants braillards, façon Tokyo Tribe ou Why don’t you play in hell en moins maîtrisé, Tokyo Vampire Hotel peut impressionner à certains moments. La direction artistique est pleine de surprises, la BO est comme toujours très originale… Mais il confirme une récente et dangereuse tendance à la surchauffe de la part de Sono Sion.


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Troissurcinq
Tokyo Vampire Hotel
De Sono Sion
2017 / Japon – Roumanie / 146 minutes
Avec Ami Fukuda, Akihiro Kitamura, Megumi Kagurazaka
Sortie prochainement
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