Top 10 : nos meilleurs films de 2017

Plus essentielle que jamais, dans un monde où l’on doute chaque jour un peu plus de la probité et de la santé mentale de ceux qui nous dirigent, la fiction cinématographique continue d’être le refuge préféré de la rédaction de Born to Watch. De multiples films nous ont fait réfléchir ou reconsidérer notre quotidien en 2017, nous ont permis, d’être émus à chaudes larmes ou tout simplement de nous en mettre plein la vue. Bien que nous ayons manqué en cours de route des rendez-vous avec certains titres jugés incontournables dans la presse (Faute d’amour, Blade Runner 2049, Silence ou encore la Palme d’Or The Square), la moisson a été vaste et généreuse. Découvrez donc sans plus tarder Top 10 2017, des films qui nous ont le plus marqué durant cette année !


10. Coco

Carton monstre des fêtes de fin d’année avec Les derniers Jedi, le Pixar cuvée 2017 s’est avéré être une belle surprise. Cette plongée dans les mythes et croyances du Mexique, visuellement splendide et procurant une joie enfantine grâce à un script roboratif (et, c’est un fait, sans grosses surprises), conserve pourtant une hauteur de point de vue et une gravité que l’on avait pas croisée chez le studio à la lampe depuis Là-haut. Dans le film de Peter Docter, le premier quart d’heure nous faisait attraper la boîte de mouchoirs. Dans Coco, c’est le terrassant dénouement, vers lequel tend toute la construction narrative du scénario, qui vous laissera en miettes émotionnellement.


9. 120 battements par minute

Sensation cannoise et candidat malheureux à l’Oscar du film étranger, 120 battements par minute a remis en lumière une période de combat trop peu racontée au cinéma. C’était il y a presque un quart de siècle, en France : Act Up luttait de manière spectaculaire et rentre-dedans contre les pouvoirs publics, pour sensibiliser ses compatriotes aux ravages du Sida qui décimait alors la population LGBT. Menaçant parfois d’être englouti par son concept de mise en scène (le film se déroule pour une bonne partie dans un amphi où se déroulent les AG de l’association), 120 battements par minute vit et meurt par ses acteurs, tous confondants de vérité, et demeurera le film de la révélation pour l’incroyable Nahuel Pérez Biscayart, également à l’affiche de l’excellent Au revoir là-haut.


8. Grave

Un premier film français, de genre, qui emmagasine les prix, affole la critique internationale et se paie une énorme marketing dans son pays à l’heure où le seul genre qui prédomine justement est la comédie ? Grave est bien ce mini-phénomène, qui a secoué son monde en mélangeant étude psychologique hallucinée et saillies cannibalisantes, au sein d’une université transformée en terrain d’initiation morbide sulfureux. Julia Ducournau et Garance Marillier s’y sont faites un nom, et on a hâte de savoir ce que l’avenir leur réserve.

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7. La planète des singes : Suprématie

Le troisième et dernier (?) opus de la trilogie de La planète des singes, en plus d’être un indéniable triomphe technique et visuel, restera comme un blockbuster emblématique de son époque. Cruel, tragique et pourtant porteur d’un espoir inébranlable, le film de Matt Reeves, moitié western désenchanté, moitié film d’évasion désespéré, laisse tout second degré derrière lui pour embrasser la noirceur de notre temps, synonyme d’incertitude et de renoncement à certaines de nos libertés. Costaud.

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6. Mise à mort du cerf sacré

Aussi fun qu’un Michael Haneke, aussi hermétique émotionnellement qu’un Kubrick, Mise à mort du cerf sacré est ce qu’on peut posément appeler un anti-feel good movie. Avec un ton toujours aussi discrètement sardonique, Yorgos Lanthimos (The Lobster) orchestre l’inexorable descente aux enfers d’une famille privilégiée, damnée par un gamin qui pourrait tout aussi bien être la réincarnation de Damien Thorn. C’est prodigieusement filmé, glacial au point de nous filer des frissons d’inconfort, complètement barré et définitivement brillant.

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5. Psiconautas

Passé un peu sous les radars de la critiques, le film d’animation hispanique Psiconautas choisit de fréquenter le terrain de l’allégorie poétique et anthropomorphique pour causer écologie, abus infantiles, dépendance et dépression. Un programme tout ce qu’il y a de plus guilleret, mais comme Ma vie de courgette avant lui, Psiconautas captive néanmoins par la richesse maniaque de son univers, dominé par la figure burtonienne, dangereusement suicidaire, de Birdboy. À découvrir !

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4. Un jour dans la vie de Billy Lynn

Sacrifié par son distributeur, l’opus hautement expérimental d’Ang Lee n’aura pas eu droit à la carrière qu’il mérite. Un jour dans la vie de Billy Lynn n’est de toute manière pas un film qui brosserait le public, américain en particulier, dans le sens du poil. Antithèse d’un American Sniper, ce long-métrage tourné en 3D et 120 images par seconde (et cela se sent dans tous les gros plans, avec le grain de peau qui semble presque sorti d’un microscope) aborde le patriotisme par le versant névrosé. Héros de guerre traumatisés par les combats, Billy Lynn et sa troupe de camarades défilent dans une Amérique de carnaval, contaminée à tous les niveaux par la bigoterie, l’appât du gain et une vision totalement viciée de ce que doit être l’amour du drapeau. C’est d’une acuité folle et surtout douloureuse.

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3. Jackie

L’un des deux films de Pablo Larrain distribués en 2017 (l’autre étant Neruda), Jackie s’est fait une joie de détourner les codes et carcans du biopic historique. En sondant la psyché de Jackie Kennedy dans les jours qui suivent l’assassinat de son Président de mari, le réalisateur dévoile une œuvre funèbre et funeste, porté par une photographie hivernale d’une classe folle, une musique dissonante reflétant les états d’âme de Natalie Portman (exceptionnelle dans le rôle) et un montage obsessionnel, ressassant comme un cauchemar les scènes clé d’une présidence narrée comme une parenthèse chevaleresque et conclue dans l’horreur et la confusion.

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2. La La Land

Taxez-nous de suiveurs ou de petits cœurs fragiles, mais ici, on est instantanément tombés sous le charme du deuxième long-métrage de Damien Chazelle. Déjà amplement détourné, moqué ou excessivement idolâtré, La La Land est une bulle de plaisir, de grâce et de malice, qui peut se révéler énervante, parce qu’on sent bien, puisqu’on est à Hollywood, tout ce qu’il peut y avoir de factice derrière cette explosion de couleurs et de célébration du jazz dans la cité des anges. Comme dans tout bon mélo, il y a pourtant une bonne dose d’amertume et de renoncement dans cette histoire d’amour contrariée, qui fait que La La Land n’est pas aussi inoffensif et léger qu’il n’y paraît. C’est une œuvre complète, attachante, et qui pourrait même, qui sait, se bonifier encore avec le temps.

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1. Get Out

Jordan Peele l’a répété à longueur d’interview : malgré les apparences, Get Out ne commente la nouvelle ère de la présidence Trump, tout simplement parce qu’il avait écrit son scénario à une époque où cette simple idée relevait de l’impensable. Et pourtant. Il n’y a pas de film capturant plus le zeitgeist de cette année 2017 dangereusement folle, marquée par les politiques liberticides américaines, les scandales sexuels en tous genres, le regain du terrorisme, de la xénophobie et de l’intolérance, que cette production Blumhouse réalisée par un comédien dont on ne pouvait soupçonner les immenses talents d’auteur / réalisateur. Get Out démonte, sous le prisme du film de genre à rebondissements, tout ce qui dérape peu à peu dans notre société. La résurgence du spécisme, le mépris de classe, la fin des illusions autour du vivre ensemble, la manipulation des masses par une élite confite dans l’hypocrisie… Il y a matière à réfléchir, autant qu’à rire et frémir dans cette œuvre brillante et pertinente, tout ce qu’il faut donc pour terminer en haut de notre podium !

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3Articles commentés

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  1. JT° Le 6 janvier 2018
    J'ai même jamais entendu parler de Psiconautas, quoi ! Bon allez, et ben voilà mon top, très Oscars 2017 approved : 10. Split 9. Grave 8. Loving 7. Coco 6. Blade Runner 2049 5. La planète des singes : suprématie 4. Get Out 3. The Lost City of Z 2. Moonlight 1. La La Land (taxez-moi de suiveur ou de petit cœur fragile aussi si vous voulez ;-))
  2. Nico Le 6 janvier 2018
    Ah il faut que je le vois quand même, Blade Runner 2049... Quant à Moonlight, j'ai pas aussi été transporté que je j'espérais, même si ça reste un très bon film.
  3. JT° Le 6 janvier 2018
    Ah, ben je me demandais justement si tu l'avais vu ou pas, et si c'était un oubli ou pas. En ce qui me concerne, je l'ai trouvé quasiment parfait, ce film. Et oui, vois Blade Runner, enfin ! Même si en revoyant mon top, je me dis que j'inverserais bien sa place avec Coco (à qui il manque juste un peu de profondeur pour être encore beaucoup plus haut dans mon top. Mes rétines sont encore imprégnées de l'état d'extase visuel qu'a représenté son visionnage).

Vous avez la parole.