Top 10 : castings incroyables

par | 18 novembre 2011

C’est pas de la télé-réalité, c’est du cinéma !

Vous voulez un bon tuyau pour rameuter le public dans les salles ? Additionnez les stars. Le all-star cast, tradition américaine comme son nom l’indique, n’est pas une idée de génie : c’est du simple bon sens de producteur, qui peut s’assurer d’une bonne visibilité pour la pire des bouses en remplissant le cadre de bouilles connues. À l’époque des grands studios, Warner Bros ou Paramount pouvaient se permettre de faire signer les plus grandes étoiles de leur écurie sur un même projet, sans problème d’agenda. Normal, les acteurs étaient alors liés par contrat à ces compagnies. Obtenir une affiche en or aujourd’hui, comme peut le faire Steven Soderbergh (Contagion est un bon exemple) est déjà plus compliqué, les stars, les vraies, ayant des plans de carrière assez costauds. Essayez donc de coincer Jason Statham plus de trois semaines sur un plateau : le bougre n’arrête pas de tourner !

En voilà une bonne transition ! Statham joue justement dans la très attendue séquelle d’Expendables, un all-action-star cast qui tenait plus du rendez-vous manqué que de la pétarade ultime qu’on espérait. Pourtant, on veut bien redonner sa chance à Stallone pour réussir pleinement son coup en 2012 : cette fois, Bruce Willis et Schwarzenegger ont un vrai rôle, le méchant est joué par Van Damme, et papy Chuck Norris vient dire bonjour. Bref, voilà un casting incroyable comme on en fait plus. Quels sont les autres films ayant le plus de stars au compteur ? Tentative de réponse…

10. Ocean’s 13

À l’affiche : Brad Pitt, George Clooney, Al Pacino, Don Cheadle, Matt Damon, Julia Roberts, Elliot Gould, Scott Caan, Ellen Barkin, Andy Garcia, Vincent Cassel, Casey Affleck, Bernie Mac, Eddie Izzard

Le film : pas besoin d’avoir fait math-sup’ (ou math-spé’, je sais pas, j’hésite…)* pour comprendre que la saga « Ocean » est basée sur le principe de l’addition, ce qui tombe plutôt bien pour ce dossier. Dans le troisième et dernier épisode des aventures de Danny et ses copains braqueurs, Soderbergh a tout simplement repris tout le casting des deux précédents opus (moins Catherine Zeta-Jones) et ajouté, en guise de cerise sur le gâteau, Al Pacino en méchant patron de casino. Autant dire que les moments où la légende se confronte à Clooney et Brad Pitt atteignent des sommets au starpoweromètre. Ne cherchez pas, je viens d’inventer le mot.

* Oui, c’est bien une private joke.

9. True Romance

À l’affiche : Christian Slater, Patricia Arquette, Christopher Walken, Dennis Hopper, Val Kilmer, Brad Pitt, Tom Sizemore, Chris Penn, Gary Oldman, Samuel Jackson, Michael Rapaport, James Gandolfini, Saul Rubinek, Victor Argo

Le film : avant même que Pulp Fiction ne le propulse dans la stratosphère de la pop culture, Tarantino était déjà synonyme de scènes cultes pour la majorité des acteurs hollywoodiens. On subodore que c’est la qualité du scénario ultra-référencé (Sonny Chiba, John Woo, Robert Aldrich… et j’en passe), plus que le profil de pubard d’un Tony Scott à peine sorti de Jours de tonnerre, qui a attiré le parterre de stars se disputant les faveurs d’un film haché mais kinétique, d’une hystérie absurde revigorante. Certains n’avaient pas encore explosé (Patricia Arquette, James Gandolfini), d’autres y ont trouvé là matière à encore plus de respect (le duel entre Dennis Hopper et Christopher Walken est souvent considéré comme la meilleure scène du film, et c’est vrai).

8. La conquête de l’ouest

À l’affiche : Henry Fonda, Gregory Peck, James Stewart, Eli Wallach, John Wayne, Richard Widmark, Walter Brennan, George Peppard, Karl Malden, Lee J Cobb, Spencer Tracy, Thelma Ritter, Debbie Reynolds

Le film : Épopée si énorme, si épique dans sa conception qu’il fallait quatre réalisateurs, plus de 12 000 figurants, et non pas un mais trois écrans pour la diffuser (le fameux procédé Cinerama, abandonné peu après la sortie du film), La conquête de l’Ouest se devait d’avoir un casting à la hauteur de son titre. La ruée vers l’or, la Guerre civile, les pionniers, les Indiens, tout y est, sous une dimension à la fois épisodique et feuilletonnante, l’histoire est aussi longue à suivre que le Mississipi à remonter. Découpé en quatre segments, le film ne fait donc pas forcément se rencontrer toutes les stars de la MGM qui se bousculent au portillon (Spencer Tracy est même relégué au rôle de narrateur en voix off, du fait de ses ennuis de santé au moment du tournage), mais cela contribue à lui donner son aura quasi-patrimoniale, qui compense les errements techniques et artistiques dues au format très particulier du film.

7. Paris brûle-t-il ?

À l’affiche : Kirk Douglas, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Cassel, Bruno Cremer, Glenn Ford, Yves Montand, Daniel Gélin, Anthony Perkins, Michel Piccoli, Simone Signoret, Robert Stack, Jean-Louis Trintignant, Orson Welles, Michael Lonsdale, Charles Boyer, Leslie Caron, Claude Rich

Le film : Ah, les films de guerre… Quand ils concernent la Seconde Guerre Mondiale, les films de guerre sont l’assurance de pouvoir caster un maximum de têtes connues pour personnifier les milliers de héros (ou de méchants, si vous êtes blond et pouvez imiter l’accent allemand) qui se sont distingués durant ces années noires. Co-production de prestige, Paris brûle-t-il ? a cette particularité amusante, puisqu’il s’attache à l’histoire de la libération de la capitale, de mélanger stars américaines, françaises et allemandes. Delon joue Chaban-Delmas, Kirk Douglas tente de faire croire qu’il est Patton, Gert « Goldfinger » Fröbe endosse lui l’uniforme du général Choltitz, à qui l’on posa en 1945 la fameuse question. Très long (trois heures !), un peu scolaire, mais spectaculaire à souhait.

6. Un pont trop loin

À l’affiche : Dirk Bogarde, Sean Connery, Ryan O Neal, Gene Hackman, Michael Caine, Anthony Hopkins, James Caan, Maximilian Schell, Hardy Kruger, Liv Ullmann, Elliott Gould, Robert Redford, Ben Cross, Laurence Olivier

Le film : Oui, encore un film de guerre. Mais la décennie est différente (nous sommes en 1977), et le film de Richard Attenborough beaucoup plus tourné vers les batailles et le grand spectacle que celui de René Clément). Après Paris, c’est au Nord, pendant la foireuse opération Market Garden (sans doute la plus grande défaite des Alliés dans leur progression vers Berlin), que se déroule Un pont trop loin et le casting est cette fois majoritairement anglo-saxon. Toutes les générations s’y croisent, avec une préférence pour les Britanniques distingués et les yankees beaux gosses. À noter que si Colin Farrell apparaît au générique, il ne s’agit pas de la star de Miami Vice alors bébé (il est né en 76), mais de son respectable homonyme briton, lui aussi acteur. Eh oui, on ne peut pas tous jouer dans Le Parrain dès le berceau, hein Sofia…

5. The Banquet

À l’affiche : Jackie Cheung, Tony Leung, Maggie Cheung, Stephen Chow, Anita Mui, Eric Tsang, Simon Yam, Leslie Cheung, Andy Lau, John Woo, Leon Lai, Aaron Kwok, Gong Li, Sammo Hung, Rosamund Kwan, Tony Leung Ka Fai

Le film : Réalisé à huit mains par Tsui Hark, Alfred Cheung, Joe Cheung et Clifton Ko, The Banquet (à ne pas confondre avec son homonyme de 2006 avec Zhang Ziyi) est un exemple fameux de « film charitatif », une tradition chinoise qui veut que les stars soient solidaires après un événement dramatique – en l’occurrence l’inondation de la rivière Yangtze en 1991 – et tournent bénévolement un film choral, souvent écrit, tourné et monté en quatrième vitesse. Inédit en France, The Banquet est pourtant un fascinant who’s who du cinéma de Hong-Kong, alors en plein dans son deuxième âge d’or. Toutes les stars de la péninsule, même les réalisateurs, apparaissent à l’écran durant l’histoire, son point culminant étant bien sûr le fameux banquet promis par le titre. Pour l’anecdote, le film a permis de récolter 22 millions de dollars hong-kongais l’année de sa sortie. 

4. Les Acteurs

À l’affiche : Pierre Arditi, Jean-Paul Belmondo, Claude Brasseur, Gérard Depardieu, Josiane Balasko, Jean-Claude Brialy, Albert Dupontel, André Dussolier, Michel Galabru, Alain Delon, Jean-Pierre Marielle, Michel Piccoli, Claude Rich, Michel Serrault, Jean Yanne, Jacques Villeret, Ticky Holgado, François Berléand, Dominique Blanc, Maria Schneider

Le film : Bertrand Blier a un peu triché sur ce coup. Non content d’attirer depuis ses débuts les meilleurs acteurs du cinéma français, il a décidé, peut-être pour fêter les 100 ans du cinéma, de leur dédier un film entier, une mise en abyme carburant à la facétieuse misanthropie typique du cinéaste, avec un scénario timbre-poste, et de nombreux, nombreux numéros de cabotinage. Le « casting » est majoritairement masculin, ce qui ne surprendra personne venant de Blier (à quand Les Actrices, hmm ?), et Les Acteurs tourne souvent à vide malgré son défilé de gueules connues. L’exercice reste néanmoins fascinant.

3. La ligne rouge

À l’affiche : Jim Caviezel, Ben Chaplin, Sean Penn, Woody Harrelson, Adrien Brody, Nick Nolte, John Travolta, John C.Reilly, Nick Stahl, Jared Leto, Elia Koteas, John Savage, Kirk Acevedo, Tim Blake Nelson, George Clooney, Thomas Jane, Miranda Otto, John Cusack

Le film : Lorsque Terrence Malick est revenu vers le cinéma, vingt ans s’étaient écoulés depuis son dernier film, Les moissons du ciel. Deux générations. L’aura de ses deux premiers longs est pourtant devenue tellement forte que pour le tout Hollywood, figurer dans sa Ligne Rouge était plus qu’une motivation, c’était une chance incontournable. George Clooney avait par exemple déclaré à l’époque du tournage : « S’il me demande juste de balayer le plateau, je le ferais ». On imagine mal l’incroyable casting du film servir le café aux électriciens, mais cela traduit en tout cas le respect inspiré par le projet et son créateur. Film de guerre philosophique, pendant lumineux d’Apocalypse NowLa ligne rouge est aussi fameux pour avoir sacrifié au montage (le premier durait six heures) des storylines entières, Adrien Brody ayant été par exemple quasiment rayé du cut final.

2. Le Jour le plus long

À l’affiche : Sean Connery, Henry Fonda, Richard Burton, Paul Anka, John Wayne, Arletty, Jean-Louis Barrault, Gert Frobe, Bourvil, Robert Mitchum, Sal Mineo, Peter Lawford, Roddy McDowall, Robert Ryan, Rod Steiger, Robert Wagner, Daniel Gélin, Curd Jurgens, George Segal, Mel Ferrer

Le film : À jour historique, casting historique. Rien de plus simple : sans doute le plus célèbre film sur la Libération produit par Hollywood, Le jour le plus long est une reconstitution parfois figée et peu crédible (malgré ses fabuleux plans aériens, le Débarquement ressemble lors de certains plans à une balade de santé pour Henry Fonda), mais débordant de scènes cultes, imprimées à coup de rediffusions dans notre inconscient cinéphile. Comme dans chaque grand film de guerre dépassant les trois heures, chacun des acteurs a l’occasion de briller, qui par un fait de bravoure, qui par une réplique célèbre. Et si tous ne sont plus aussi célèbres qu’ils l’étaient à l’époque, ils ne font pas de la figuration, rendant ce mastodonte guerrier là aussi réalisé à huit mains, toujours aussi efficace.

1. The Player

À l’affiche : Tim Robbins, Fred Ward, Whoopi Goldberg, Peter Gallagher, Dean Stockwell, Vincent d’Onofrio, Sydney Pollack, Lyle Lovett, Richard E Grant, Gina Gershon, John Cusack, Robert Carradine, Harry Belafonte, Cher, James Coburn, Peter Falk, Jeff Goldblum, Angelica Huston, Jack Lemmon, Elliot Gould, Dennis Franz, Malcolm McDowell, Andie McDowell, Nick Nolte, Julia Roberts, Burt Reynolds, Susan Sarandon, Lily Tomlin, Bruce Willis, Robert Wagner, Rod Steiger, Patrick Swayze

Le film : Last but not least ! Qui mieux que Robert Altman pouvait rassembler le casting le plus glamour, vertigineux et définitif qui soit sur grand écran. Le maître du film choral, alors en plein pic créatif – Short Cuts vient tout juste de sortir -, jubile à adapter le roman satirique de Michael Tolkin, qui décortique sans pitié les dessous de l’industrie hollywoodienne, des scénaristes traités comme des moins que rien, aux stars capricieuses et leurs agents tout aussi gonflés d’egos. Avec l’arrivée d’Internet et de séries similaires du type EntourageThe Player a pris un petit coup dans l’aile question pertinence. On ne peut nier toutefois le pouvoir ravageur et précurseur du script, et surtout le côté jouissif du défilé interminable d’acteurs de légende, tournoyant autour d’un Tim Robbins en grande forme. Un must !