Top 10 : nos meilleurs films de 2013

par | 9 janvier 2014

Le voici, le voilà : après mûre réflexion, voici notre top 10 des meilleurs films de 2013. Qui est monté selon vous sur notre podium ?

Et voilà, 2013 s’est achevée il y a quelques jours, et nos regards se dirigent déjà vers les grands événements de 2014, trop nombreux pour être cités ici. Comme chaque année sur Born to Watch, le moment est venu de dévoiler nos chouchous de 2013, les dix films qui nous ont le plus marqué, remué, ému ou impressionné. Nous noterons dans ce top la forte présence du cinéma américain, toujours fort d’un vivier de talents confirmés ou bourgeonnants (que c’est beau), et l’absence, pas véritablement souhaitée mais notable, du cinéma asiatique. Ce n’est pas faute d’avoir vu quelques très bons titres venus de l’Est cette année (A touch of sin et Le Transperceneige en premier lieu), mais il faut savoir faire un choix…

Et puis il y a cette donné importante à prendre en compte pour relativiser ce type de classement : nous n’avons pas tout vu ! Pas de Vie d’Adèle, de Capitaine Phillips ou de Passé au menu, donc. Désolé… Et place au classement !

10. No

Pablo Larrain, l’étonnant réalisateur de Santiago 73 Post Mortem, livre avec No une œuvre à la fois libre et bouillonnante, relatant avec un sens du détail qui fait mouche la fin de l’époque Pinochet dans les années 80 au Chili. Les parti-pris esthétiques (les formats vidéo Ikegami, U-Matic et Betacam nous renvoient à la préhistoire du caméscope) et narratifs du film servent un récit questionnant avec force les principes d’engagement politique, de démocratie et de transmission des idéaux. Des idées tout entières portées par le regard juvénile et plein de malice de Gael Garcia Bernal, dans l’un de ses meilleurs rôles.

9. Hijacking

La grosse machine de Paul Greengrass, Capitaine Phillips, aura causé bien du tort à ce formidable film danois qu’est Hijacking, en le reléguant un peu dans l’ombre. Réalisé par le scénariste de La Chasse, le film nous parle lui aussi d’un bateau de commerce dont l’équipage est pris en otage par des pirates, au large des côtes africaines. La grande force de Hijacking, c’est qu’il déjoue les attentes du spectateur, en préférant souligner le désespoir tenace des otages et le pragmatisme idéologique d’un patron devenu négociateur, plutôt que de jouer la carte du sensationnalisme. Le dénouement du film n’en est que plus glaçant, et mémorable.

8. Prisoners

Thriller adulte et dérangeant, ciselé à la perfection par le Canadien Denis Villeneuve (avec l’aide de son chef op’ Roger Deakins), Prisoners tutoie durant ses 150 minutes des classiques aussi précieux que Seven ou Zodiac, nageant dans les mêmes eaux saumâtres du polar moralement ambigu et fondamentalement angoissant (on y parle d’enfants kidnappés, après tout). Visuellement époustouflant, le film bénéficie aussi d’une interprétation de très haut niveau, l’intensité animale du jeu de Hugh Jackman étant idéalement mise en contraste avec la folie intérieure qui semble toujours à deux doigts de submerger le flic joué par Jake Gyllenhall.

7. Neuf mois ferme

Le Vilain avait beau être son plus grand succès de réalisateur, le Dupontel virtuose et méchant de Bernie commençait à nous manquer un peu. Avec Neuf mois ferme, il fait mieux que redresser la barre : peaufiné au fil des projections-test, cette improbable romance judiciaire est sans aucun doute la comédie française de l’année, voire la meilleure comédie tout court de l’année. Sans perdre de son audace visuelle (le plan-séquence du bébé est à ce titre magnifique), Dupontel atteint un équilibre miraculeux entre gags échevelés et émotion palpable, offrant qui plus est un role en or à une Sandrine Kiberlain transfigurée. C’est simple : rien que d’y repenser, on a encore mal au bide.

6. La désolation de Smaug

Le Voyage inattendu, qui s’avérait bien trop familier pour surprendre, paraît bien loin désormais. Avec La désolation de Smaug, la trilogie Le Hobbit se transforme enfin en spectacle mémorable, avec une galerie de personnages s’enrichissant de manière équilibrée (on a toutefois pas fini d’entendre les cris d’effroi des « tolkienistes » les plus intransigeants, à l’évocation du personnage d’Evangeline Lilly), des dilemmes enfin intéressants, des contrées plus cinégéniques, et surtout des morceaux de bravoure ahurissants. Ce cher Smaug ferait presque pâlir de crainte le Balrog de la Moria, tant il semble fait de chair et de sang à l’écran, surtout en HFR (format enfin un peu plus digérable en salles).

5. The Conjuring

Oublions le plus faible Insidious chapitre 2 (lui aussi un carton au box-office) : James Wan, qui transforme tout ce qu’il touche en montagne de dollars, s’est surpassé avec ce Conjuring, synthèse ébouriffante de son univers fait de symboles et passages obligés réinterprétés avec style (poupées flippantes, ténèbres meurtrières et enfants menacés), de références assumées aux grands classiques, et porté par une caméra opératique, constamment en mouvement, qui redonne un coup de fouet salutaire au sous-genre usé du film de fantômes. Classique seulement en apparence, Conjurings’est ainsi élevé loin au-dessus de la concurrence, nous faisant mordre l’accoudoir comme rarement auparavant.

4. Inside Llewyn Davis

Projet en apparence plus modeste que True Grit, le dernier film des frères Coen a pris tout le monde par surprise à Cannes, l’évidence se faisant à chaque critique plus implacable : oui, le duo n’a pas livré pareil bijou depuis au moins No country for old men, et Oscar Isaac, qui incarne dans ce biopic folk aussi fantasque que mélancolique un loser magnifique et mal avisé, est une révélation. Marqué par les choix chromatiques audacieux du DP Bruno Delbonnel, un mélange caractéristique d’absurde existentiel et de comédie douce-amère (ah, ce chat vu comme un témoin silencieux…) et une BO à tomber par terre, Inside Llewyn Davis a montré que les Coen avaient encore les moyens d’étonner, et de ravir.

3. Mud

Take Shelter était notre film de l’année en 2012. Moins une confirmation qu’une nouvelle proposition tout aussi bouleversante, Mud rappelle toutefois que Jeff Nichols est devenu aujourd’hui l’un des peintres les plus inspirés de l’Americana intemporelle. Conte initiatique devant autant à Mark Twain qu’à Cormac McCarthy, ce troisième opus pourrait se dérouler aussi bien de nos jours que dans les 60’s. Dans le rôle-titre (qui n’est toutefois pas le rôle principal), Matthew McConaughey est comme un poisson dans l’eau, personnage mythique pour deux pré-ados en passe de devenir adultes. Comme dans Take Shelter, les acteurs sont formidables, et le mélange de naturalisme et de romanesque laisse pantois et admiratif.

2. Zero Dark Thirty

Fabuleux film d’enquête, de guerre et d’espionnage, Zero Dark Thirty se présente comme une « fiction documentée » relatant, avec un mince décalage temporel, la traque et l’assassinat de Ben Laden. Les Américains ont eu beau critiquer le film sur la base de la participation des autorités militaires à l’écriture du scénario, ZD30 constitue l’antithèse même d’un tract patriotique. Sec comme un coup de trique, le film de Kathryn Bigelow n’est pas là pour émettre un jugement de valeurs, ou servir de compas moral. Bigelow se contente de pointer du doigt les dysfonctionnement d’un pays, voire d’un monde au bord du gouffre moral. Le tout sans oublier de brosser un portrait de femme forte unique en son genre.

1. Gravity

Que dire de plus ? À l’heure où nous écrivons ces lignes, Gravity peut encore réussir l’un de ces rares grands chelems : être un triomphe commercial, technique et critique raflant dans la foulée une moisson d’Oscars. Et ça serait mérité : Alfonso Cuaron, comme Cameron, a dû inventer les outils nécessaires à la concrétisation de sa vision. Le résultat est un survival spatial d’une évidence totale, dégraissée de tout élément superflu, dont la perfection stylistique frise l’insolence (mais quel plan final !), sans toutefois que soit négligé son pouvoir d’évocation, qui rend le film instantanément universel. Expérience rare, Gravity est un moment de stupéfaction cinématographique comme on en voit encore trop rarement sur grand écran.

Et vous ? Quels sont les films qui ont marqué votre année ? Faites-nous part de vos découvertes et de vos coups de cœur dans la section commentaires !