Top 10 : les meilleurs films de Pixar

L’histoire du petit studio a tout d’un conte de fées. Ou quand une petite lampe magique, sortie du ventre d’un Jedi, mange un château enchanté, qui lui-même ingurgite du Jedi… Une histoire qui a débuté avec un nouveau départ. Il était une fois au Skywalker Ranch, une petite société spécialisée dans l’informatique qui décide de voler de ses propres ailes. Steve Jobs, le portefeuille de la société à l’époque où il ne travaillait pas pour Apple, et John Lasseter, l’éminence grise, n’ont pas le choix. Pour faire vivre la société en perte de vitesse, il faut se lancer dans l’animation par ordinateur. Pixar ne se lance pas seul : Disney débourse une somme astronomique pour mettre en branle trois films. Bonne pioche pour le papa de Mickey : les jouets animés et de gentilles fourmis cartonnent au box-office. À cet instant, les choses se compliquent. Steve Jobs et Michael Eisner, le PDG de Disney se prennent le bec sur des questions de contrat. Disney crée même son propre studio spécialisé pour concurrencer directement la petite lampe, qui monte, qui monte.

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Depuis 2006, Pixar et Disney ne font désormais plus qu’un. Bien que Pixar conserve son intégrité physique, le rachat en bourse est bel et bien acté. Aujourd’hui, John Lasseter, passé du stade d’éminence grise à éminence tout court, règne en maître sur les deux sociétés. Mais après cette ascension fulgurante, le pire pourrait bien être à venir. Ces dernières années, l’intégrité de la marque à la lampe a été remise en question. La mise en route de suites, le merchandising épuisant autour de Cars, mettent directement en cause l’inspiration du groupe, au point que l’on se réfère à leurs chefs d’œuvre en parlant d’un âge d’or peut-être bien révolu. Même si Lasseter s’en défend farouchement, le deuxième volet de Cars autorise à en douter, tout comme Rebelle (dernière création originale de Pixar), qui fait du pied aux contes initiatiques et bien-pensants signés Disney tout en se conformant à sa morale conservatrice. Le film, marqué par de sérieux problèmes de production qui ont vu la réalisatrice Brenda Chapman éjectée du projet en cours de route, représente un grand écart peu contrôlé par rapport au parcours jusque là sans faute de Pixar, débuté au cinéma en 1995.

Cette année, c’est une préquelle à l’une des pépites du studio qui déboule sur grand écran, Monstres Academy. Confirmation d’un lent et regrettable déclin, ou nouvelle démonstration de savoir-faire ? En attendant de pouvoir juger le film sur pièces, et en espérant que les projets annoncés du studio (The Good Dinosaur, Un étrange voyage et El dia de los muertos) nous bluffent comme au premier jour, coup de projecteur sur les plus belles productions issues de chez Pixar.


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10. Toy Story 3 (2010)

Quinze ans après le premier opus, Pixar remet le couvert avec un petit air de réchauffé. Les nostalgiques des balbutiements dorés du studio se réjouissent et font la queue pour redécouvrir leurs vieux potes Woody, Buzz et Jessie. Une question typiquement pixardienne (sic) occupe une majeure partie de ce film en forme de remake de La Grande Evasion : en grandissant, devons-nous nos vieux jouets, autrement dit notre part d’enfance ?

Toy Story 3 a d’abord connu des débuts difficiles. En coulisses, Disney et Pixar s’affrontent dans ce qui ressemble à une guerre de tranchées. Le studio Cycle 7, crée par Disney, tente de recycler les films de Pixar. Finalement, la famille de Walt Disney finit par intervenir en personne. Michael Eisner prend la porte et Lasseter sa place. Une fois ce dernier aux commandes, le film, parti pour être une suite classique, achève la trilogie en apothéose en utilisant l’ensemble des moyens et des ressources de la compagnie ainsi que l’amour inconditionnel de Lasseter pour son premier « bébé ». Pour la peine, les jouets s’animent désormais pour la première fois via des lunettes 3D.


pixar_29. 1001 pattes (1998)

Alors que les studios concurrents Deamworks, sortent Fourmiz, chez Pixar les petites mains s’activent pour créer les fourmis animées de 1001 pattes. Coïncidence ? Les apparences semblent indiquer que les insectes ont la côte. Notons tout de même que malgré leur thème, les deux films n’ont rien à voir entre eux, ou avec la trilogie des fourmis signée Bernard Werber. Ce grand film d’aventures animalier, qui rend régulièrement hommage aux Sept Samouraï de Kurosawa, symbolise un peu les batailles livrées dans le petit monde des studios d’animation à l’aube des années 2000.


Up8. Là-haut (2009)

Au sommet de son art, Pixar n’a plus rien à prouver. Du coup, il prend le spectateur à rebrousse-poil en choisissant comme héro un vieillard grincheux. Des scénaristes branchés en mode Miyazaki, une musique somptueuse, un prologue déchirant et surtout un chien incroyablement réaliste qui parle de manière aussi absurde que jubilatoire, sont autant d’atouts qui emportent notre adhésion. Pour Là-haut, Pixar vise l’audace, se penche sur des thèmes sombres et adultes, la partie « action » étant peut-être cette fois la moins convaincante. Néanmoins, il s’agit là d’un coup de maître incontesté et incontestable.


pixar_47. Toy Story (1995)

L’aventure commence avec Toy Story. Avec 362 millions de recettes, le monde retient en un clin d’œil le nom de Pixar. Produit par Disney, réalisé par John Lasseter et écrit entre autres par Joss Whedon, Toy Story fait figure d’exploit technique à sa sortie, sans que ne soit sacrifiée l’histoire, passionnante et pleine de rebondissements. Les bambins se passionnent pour ces jouets animés, qui s’adressent également à leurs parents, touchés par les références culturelles et la salutaire absence de chansons ou de gags gnangnans. Pixar réalise là un départ en trombe, une aventure qui mènera le studio… « vers l’infini et au-delà ».


pixar_56. Monstres & Cie (2001)

Bienvenu à Monstropolis ! Ses habitants de races diverses et variées travaillent à l’usine de recyclage des cris d’enfant. Seulement voilà, il devient de plus en plus difficile d’effrayer les bambins. Très vite la pénurie de hurlements s’amplifie. Chef d’œuvre d’émotion et de drôlerie, Monstres & Cie joue sur l’inversion des valeurs, Bob le monstre était littéralement épouvanté par une petite fille qu’il ramène par erreur dans son monde. Modèle de narration (Les Mondes de Ralph lui a tout pompé), Monstres & Cie peut en outre se targuer de posséder le plan final le plus extraordinaire de l’univers Pixar.


pixar_65. Le Monde de Nemo (2003)

Les douleurs de la vie réelle résonnent étonnamment juste dans le splendide univers aquatique crée par Pixar. Papa poisson-chat, Marin doit élever seul son fils unique Némo, après le décès de son épouse. Lorsque celui-ci est victime d’un kidnapping par un plongeur, le minuscule poisson coloré se lance dans un sauvetage désespéré. Dans sa course, Marin croisera de nombreux poiskaï, plus ou moins bienveillants, mais toujours drôles. Le Monde de Nemo plonge au cœur de l’émotion et de la quête existentielle. Cette lecture originale et visuellement fabuleuse des états d’âme humains deviendra par la suite l’un des étendards les plus populaires du studio (une suite est d’ailleurs toujours en préparation).


pixar_74. Toy Story 2 (1999)

Buzz & Cie font quatre ans après leur création leur grand retour sur le devant de la scène. Woody se retrouve délaissé par son propriétaire, Andy. Enlevé par un collectionneur, il s’apprête, flatté, à terminer sa vie au musée. Mais c’est sans compter sur ses amis, qui traversent la ville, bien décidés à le ramener au bercail. Bourré de références, Toy Story 2 rester dans le cœur de nombreux fans, le meilleur opus de la saga. 2001, Star Wars, Indiana Jones, Jurassic Park, James Bond ou même Star Trek : les hommages savamment distillés suffisent à rendre le film, destiné au départ au marché de la vidéo, culte à bien des égards. Golden Globe de la meilleure comédie cette année-là, Pixar se rapproche déjà à grands pas des Oscars.


Les Indestructibles3. Les Indestructibles (2004)

Un superhéros à la retraite se voit contraint de reprendre du service. Seulement voilà, le gaillard a fondé une famille dont chacun des membres est doté d’un pouvoir surnaturel. Mr Indestructible, qui s’appelle en réalité Robert, coule des jours heureux avec sa « famille nucléaire ». Lorsqu’un grand méchant l’attaque, c’est toute la famille qui réplique ! Pour ce bijou du film de super-héros, Pixar fait appel à Brad Bird, réalisateur du Géant de fer, bide monumental en 1999, qui rencontrera enfin un succès mérité grâce aux Indestructibles. Le studio puise à la fois son inspiration dans l’univers pop de James Bond et des sixties et chez Alan Moore. La philosophie du film lui emprunte son thème de la force du collectif face à l’individuel. Les Indestructibles reste néanmoins un divertissement optimiste, très spectaculaire et hilarant, aux antipodes de la noirceur blafarde des Watchmen.


pixar_92. Ratatouille (2007)

Les Américains ont une vision surréaliste de notre pays et de Paris en particulier. Ratatouille reprend les principaux clichés véhiculés sur notre compte, de nos pires défauts à nos bons côtés. La preuve, le héros principal est un rat ! Et le résultat s’avère formidable. Brad Bird rafle avec cette fable culinaire trépidante son  deuxième Oscar du meilleur film d’animation. D’un point de vue de rongeur, la capitale bouillonne littéralement. Dans un déluge d’images de synthèse plus réalistes les unes que les autres, Rémy le rat cuistot nous en met plein la vue. Ses plats mijotés crèvent  l’écran pour régaler également les narines. Voilà de la vraie 3D ! Notez que Ratatouille arrive en 2007 à point pour « réchauffer » le climat politique tendu entre l’Hexagone et les États-Unis. Espérons que les jeunes Américains ne nous confondent plus avec des mulots affamés…


pixar_101. Wall-E (2008)

Sur une Terre couverte de déchets et abandonnée des humains, un petit être de métal continue inlassablement à trier et à compacter des rebuts, bien que le volume le dépasse. Les trente premières minutes de Wall-E, muettes et splendides, montrent le robot nettoyeur dans son quotidien solitaire. Ses journées de travail se suivent et se ressemblent tant et si bien que Wall-E, très attaché aux humains pourtant aux abonnés absents, rêve le soir d’un peu d’amour à donner et à recevoir. L’arrivée d’Eve, merveille de technologie, bouleverse alors son univers routinier.  Comme souvent chez Pixar, Wall-E présente plusieurs interprétations possibles, et touche tous les âges. Étonnamment subversif, il s’agit surtout d’un brûlot limpide contre la surconsommation et pro-écologie. De multiples références à la vie politique américaine figurent d’ailleurs dans le film. Comme à son habitude, Pixar délivre en bon entertainer un message d’espoir et de confiance en l’avenir. Un mélange irrésistible, qui représente la quintessence du savoir-faire du studio, entre excellence technologique et recherche constante d’univers originaux à explorer.

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5Articles commentés

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  1. JT° Le 12 juillet 2013
    Doit y avoir une erreur, le n°1 apparaît comme n°6 :-D
  2. Wade Le 12 juillet 2013
    Bonsoir JT, Non, non, je t'assure, il n'y a aucune erreur, c'est bien le top de BTW. En revanche, il a fallu trancher et classer 14 films sur un top de dix. Imagine un peu le dilemme. Bref, il faut bien choisir. Plutôt contente que ça fasse parler.
  3. Thai Le 15 juillet 2013
    Marrant, j'ai le même bug que JT chez moi. Il doit y avoir un problème dans le codage du site. ;)
  4. Nico Author Le 15 juillet 2013
    Bon, c'est fini de faire les malins ? Rendez-vous utiles, faites-nous donc connaître votre propre top 10, qu'on joue un peu aussi !
  5. Thai Le 16 juillet 2013
    Alors personnellement, je vais me contenter d'un top 5 (14 films, c'est peu pour un top 10, et comme en plus y'en a quelques uns que je n'ai pas vus). 1.) Monstre & Cie 2.) Les Indestructibles 3.) Ratatouille 4.) Toy Story 2 5.) Wall-E Et de manière tout à fait subjective, si "Up" avait été un court métrage de 5 minutes, je l'aurais placé en première place haut la main. Sauf que je me suis un peu ennuyé pendant les 90 minutes qui ont suivies...

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