Top 10 : les meilleurs inédits
vidéo de 2017

par | 9 janvier 2018

Ils sont inédits en salles, et pourtant ils ont aussi fait l’actu en 2017. Voici notre top 10 des DTV ou Direct-to-Video, à voir séance tenante sur votre petit écran !

Comme tous les ans depuis la création du site, voici venu le temps où nous célébrons le top du DTV de l’année écoulée. 2017 a marqué indéniablement un tournant dans cet univers de sorties parallèles, bénéficiant pour la plupart d’une maigre exposition médiatique (quoique cela a aussi tendance à changer). La multiplication des Netflix Originals, et la « polémique » autour de la présence d’Okja au festival de Cannes a contribué à replacer le principe du « cinéma à domicile » au centre des conversations. Ça n’est pas une surprise : l’opérateur SVOD figure de nombreuses fois au sein de ce classement 2017, parce que la qualité de ses productions est de plus en plus en accord avec ses ambitions affichées (près de 80 films exclusifs sont annoncés pour 2018 sur Netflix). Cela n’empêche pas non plus les perles visibles uniquement en VOD, ou dans un discret DVD, de tenir leur rang. Allez, bonne lecture… et bonnes séances !

10. Swiss Army Man (Netflix)

Cet OVNI yankee a été catalogué « curiosité de l’année » dès l’apparition de sa bande-annonce, où le cadavre de Daniel Radcliffe permet grâce à ses pets de faire flotter Paul Dano sur l’eau. Le premier film de Daniel Scheinert et Dan Kwan, qui évoque autant Quentin Dupieux et Spike Jonze que Jeff Nichols, est en réalité une ode à l’imaginaire, à l’amitié et à la différence, qui transcende par son réalisme magique une histoire qui pourrait trébucher dans le malaise morbide. Swiss Army Man n’est pas entièrement dénué de défauts, mais son attachante bizarrerie suffit à emporter l’adhésion.

9. Popstar (DVD)

Privé de salles, comme souvent ces derniers temps avec les productions Apatow, et même de Blu-ray, Popstar n’est rien d’autre que la continuation, en format long-métrage, de l’univers désespérément puéril, hilarant et irrésistible du vrai/faux groupe Lonely Island, formé par Andy Samberg, Jorma Taccone et Akiva Schaffer. Des anciens du SNL qui démontent avec ce rejeton 2.0 de This is Spinal Tap l’industrie de la pop music américaine, à coups de gags déments et stupides (Seal dévoré par des loups !) et de chansons aussi ridicules que catchy (« Mona Lisa, you’re an overrated piece of shiiit »).

8. L’Accusé (DVD, Blu-Ray, VOD, Netflix)

C’est la tendance lourde du cinéma espagnol : après avoir brillé sur la scène internationale avec ses films fantastiques, c’est désormais dans le genre du polar que la péninsule nous rend jaloux. Au cinéma, cela donnait entre autres Que dios nos perdone cette année. En vidéo, c’est L’Accusé, réalisé par Oriol Paulo (scénariste des Yeux de Julia) qui nous a séduit, avec son script hitchcockien à tiroirs, ses rebondissements hénaurmes, et son atmosphère sophistiquée, où tromperie, mensonges et faux flash-backs s’enchaînent jusqu’à donner le vertige. Le suspense du samedi soir parfait !

7. El Bar  (DVD, Blu-Ray, VOD, Netflix)

Deuxième production espagnole, et deuxième apparition de Mario Casas dans ce classement, avec El Bar, nouveau long-métrage d’Alex de la Iglesia qui semble être désormais abonné pour la France aux sorties Netflix. Huis-clos enragé (comme toujours) où une poignée de clients sont pris au piège dans un bar madrilène sous la menace d’un tireur, El Bar dissèque avec une rutilante virtuosité les travers de la société espagnole et occidentale moderne : parano, individualisme, sexisme, De La Iglesia nous remue et nous terrifie sans retenue. Au diable l’excès !

6. Au bout du tunnel (DVD, Blu-ray, VOD)

Oh tiens, une production hispanique ! Plus précisément, argentino-espagnole, qui avec quelques décors et une tonne d’idées de mise en scène, brode un suspense d’enfer aux rebondissements imprévisibles. Clignant de l’œil à Fenêtre sur courAu bout du tunnel a pour héros Joaquin, un veuf en chaise roulante qui découvre que de l’autre côté du mur, des cambrioleurs creusent un tunnel sous sa maison pour voler une banque… Et c’est parti pour 90 minutes de femme fatale, de malfrats vicieux et de flics douteux, le tout sans jamais quitter la maison du héros. Croyez-nous, c’est aussi jouissif et ludique que ça en a l’air !

5. Jessie (Netflix)

Auteur d’une poignée d’excellentes séries B (Ne t’endors pasOculus), Mike Flanagan a signé cette année l’une des meilleures adaptations récentes de Stephen King. Jessie, femme aimante et secrètement traumatisée, se retrouve seule, menottée à son lit, lorsque son mari meurt d’une crise cardiaque. Le film déploie flash-backs, hallucinations, tension horrifique et dialogues surréalistes pour construire un personnage plus conflictuel et solaire qu’il n’y paraît. Gugino et Greenwood sont magnétiques, la réal maîtrisée, et le twist final aussi inattendu que mémorable.

4. Detour (DVD, Blu-ray, VOD)

Bien qu’il n’ait rien à voir – à part dans son décor – avec le film séminal d’Edgar G. Ulmer du même nom, Detour s’inscrit toutefois dans une tradition très américaine du film noir, stylisé et conscient de l’universalité des codes qu’il réinterprète. Sauf qu’ici, c’est un anglais, le revenant Christopher Smith (Triangle, Black Death) qui s’essaie à l’exercice avec un trio charismatique (Tye Sheridan, Bel Powley et Emory Cohen), et une armada de figures stylistiques : narration à choix multiples, flash-backs, split screen… Malin, badass et ludique, Detour vaut bien qu’on s’y arrête !

3. I don’t feel at home in this world anymore (Netflix)

Parce qu’il y en a marre « de voir les connards gagner », parce que l’apathie lui est insupportable et qu’elle est dans son droit, Ruth, l’héroïne d’I don’t feel at home in this world anymore a décidé de prendre les choses en main et de retrouver ses cambrioleurs. C’est le début d’une odyssée comico-violente, et d’une virée aussi absurde que brillante dans une Amérique coenienne où l’étrange est devenu la norme. Melanie Lynskey et Elijah Wood forment l’un des duos de l’année dans cette perle signée Macon Blair (le vengeur de Blue Ruin !), repartie de Sundance avec le Grand Prix du festival.

2. Okja (Netflix)

Cinéaste précieux, Bong Joon-ho a choisi pour porter Okja à l’écran de passer par la case Netflix. C’était son droit, et c’était même logique vu qu’il n’était pas aisé de financer cette fable trash inclassable et pleine d’excès, charge écolo la plus radicale que l’on ait vu de récente mémoire. Palmé ou pas, projeté en salles ou non, le film est là, et il est inoubliable : même lorsqu’il trébuche ou s’éparpille avec des personnages secondaires… très secondaires, Okja remue, émerveille, interroge et terrifie avec une écœurante aisance. Bong est un auteur, un grand, et quel que soit l’écran, Okja était un événement à ne pas rater.

1.Colossal (VOD, DVD, Blu-ray)

Sorti en e-Cinéma et assorti d’une vraie campagne de promotion, Colossal a fait office d’oasis de fraîcheur l’été dernier. Mélange entre le drame sur l’alcoolisme à la 28 jours en sursis et film de monstres géants façon Godzilla, le nouveau Nacho Vigalondo, spécialiste espagnol des pitch-concepts, ne devrait pas fonctionner aussi bien. Mais par la grâce d’une écriture culottée et subtile, Colossal s’avère pourtant réjouissant et incroyablement profond. Anne Hataway, en héroïne attachante et faillible qui terroriste malgré elle Séoul en revenant dans la bourgade de son enfance, n’est pas étrangère à cette réussite emblématique d’un cinéma qui ose, invente et provoque son audience pour la sortir de sa zone de confort à coups d’idées démentes.