Top 10 : les meilleurs films
de Nicole Kidman

par | 9 mai 2013

À l’affiche de Stoker et membre du jury à Cannes, Nicole Kidman demeure une icône hollywoodienne au pouvoir de fascination intact. Elle méritait bien une petite rétro !

Les années 2000 n’auront pas été très tendres avec Nicole Kidman. L’actrice a durant la dernière décennie plus fait parler d’elle pour ses campagnes de pub avec L’Oréal, son engagement auprès de l’ONU ou un recours abusif à la chirurgie esthétique, que pour ses performances au cinéma. Bien qu’elle soit la femme la mieux payée d’Hollywood (plus de 17 millions de dollars de cachet pour Ma sorcière bien-aimée), Kidman enchaînait flop sur flop, jusqu’à ce que la rédemption arrive avec quelques rôles forts et/ou polémiques, dans lesquels sa beauté diaphane, hitchcockienne, paraissait à nouveau naturelle, sans artifices. Pas un hasard si l’un de ses prochains rôles au cinéma soit celui de Grace Kelly, dans le très attendu Grace of Monaco d’Olivier Dahan. Elle a beau avoir été identifiée comme une grande rousse à ses débuts, Nicole Kidman est bien une blonde, du genre glacée et inaccessible. Une image avec laquelle ont joué de prestigieux réalisateurs, et qui ont contribué à en faire une icône, dont la rareté à l’écran et la discrétion, surtout depuis son médiatique divorce d’avec Tom Cruise, ne font qu’amplifier le mystère.

[quote_center] »Elle vaut bien plus que son image d’icône de parfum pour papier glacé. »[/quote_center]
Aujourd’hui, l’actrice fait partie des nombreux atouts du dernier Park Chan-Wook, Stoker, où elle apparaît aussi sévère que légèrement psychotique. Un rôle intense, moins glamour en tout cas que celui de membre du jury pour le 66e festival de Cannes, où elle siégera aux côtés de son vieil ami Steven Spielberg. Une double actualité qui replace l’Australienne au centre de l’attention : à 45 ans, celle qui a débuté à peine adolescente dans des téléfilms de Noël a encore une belle carrière devant elle. Et déjà une riche filmographie à son actif, dans laquelle BTW s’est plongé pour en ressortir le meilleur. Bonne lecture !

10. Bangkok Hilton (1989)

Le rôle Kat Stanton, une jeune Australienne piégée et emprisonnée dans la prison de Bangkok Hilton.

Pour tous les télévores français nés dans les années 70 et 80, Bangkok Hilton évoque le lointain souvenir d’une odyssée à la Midnight Express multidiffusée entre autres sur M6. Si cette mini-série australienne plutôt correcte perdure dans les mémoires, c’est parce qu’elle a contribué à révéler, au milieu d’un casting solide (Hugo Weaving avec des cheveux, Denholm Elliott période Indiana Jones, Noah Taylor), une rousse incendiaire à fleur de peau, la miss Kidman. Romance, politique, suspense, et un décor carcéral très réaliste : tous les ingrédients d’une saga du dimanche après-midi étaient réunis, avec en haut de l’affiche une comédienne au charisme déjà évident. Signe qui ne trompe pas : l’année suivante, Kidman sera à l’affiche du nouveau blockbuster signé par l’équipe derrière Top Gun, Jours de tonnerre. La suite, on la connaît…

9. The Hours (2002)

Le rôle : Virginia Woolf, célèbre femme de lettres anglaise et féministe avant l’heure.

Si l’on se souvient avant tout aujourd’hui de The Hours pour le faux nez porté par Nicole Kidman (méconnaissable à l’écran, et qui se servait pour l’anecdote de ce maquillage à l’époque pour échapper aux paparazzi), il faut rester objectifs quand à la performance de l’actrice. Bien qu’elle n’apparaisse guère plus d’une demi-heure à l’écran dans un film empesé qui enfile les performances d’acteurs au détriment de son sujet – la difficulté de s’émanciper, quelle que soit l’époque -, c’est elle qui attire le plus l’attention, dans un rôle difficile qu’elle approche avec une retenue et une sensibilité palpables. L’Académie n’aimant rien de plus qu’une bonne transformation physique (et vocale), Kidman rafle grâce à ce film de Stephen Daldry (Billy Elliott, The Reader) l’Oscar de la meilleure actrice.

8. Moulin Rouge ! (2001)

Le rôle : Satine, danseuse étoile du Moulin Rouge au destin tragique.

Le meilleur moyen de décrire un film de Baz Luhrmann est d’imaginer que vous montez dans un manège tout illuminé pour faire un tour… avec 3g d’alcool dans le sang. Tout va trop vite, les spots vous aveuglent, un vertige vous saisit et malgré des sensations grisantes, tout ça vous donne au bout d’un moment envie de vomir. Au milieu des froufrous, du montage épileptique, du choc frontal entre Christina Aguilera et Beck sauce cabaret, Luhrmann a toutefois l’intelligence de concentrer son attention sur Nicole Kidman, sublimée en danseuse/chanteuse rococo qui fait trembler d’amour un Ewan McGregor complètement éclipsé. Les jambes interminables et le regard incandescent de l’actrice suffisent à sauver un Moulin Rouge ! en surchauffe constante, entre ridicule assumé et naïveté désarmante.

7. Paperboy (2012)

Le rôle : Charlotte Bless, nymphomane un peu frustrée qui en pince pour les condamnés.

Avant de monter une nouvelle fois les marches cannoises au sein du jury 2013, Nicole Kidman a préparé son « retour » de belle manière avec Paperboy, qui est resté comme LE film à scandale (calculé) de l’édition 2012. Le film poisseux et racoleur de Lee Daniels a beau avoir quelques qualités, la Croisette n’aura parlé que de « ça »: la performance de Kidman, qui se lâche comme rarement dans le rôle d’une femme avec « une vie de merde » selon ses termes, qui tombe amoureuse d’un condamné à mort et cherche à l’innocenter en faisant appel à deux reporters. Attifée comme une détrousseuse, l’actrice ose la prise de risque maximum, mimant une fellation devant un John Cusack médusé ou urinant sur la star de High school musical. Pas du grand art au final, mais c’est ce qui s’appelle casser une image.

6. Calme Blanc (1989)

Le rôle : Rae Ingram, une femme en péril sur un voilier « envahi » par un psychopathe.

Le film de la révélation, premier rôle marquant au cinéma pour la comédienne qui fêtait tout juste ses 21 ans, Calme Blanc reste vingt ans après une série B exemplaire dans sa gestion d’un suspense minimaliste, sorte de variation énervée du Couteau dans l’eau de Polanski, avec lance-harpon et explosions en option, et sans aucun doute le meilleur film de Philip Noyce (Salt) bien que les rumeurs attribuent une part de son efficacité au producteur George « Mad Max » Miller. Face à Sam Neil et un Billy Zane débutant mais intensément inquiétant, Kidman impose un personnage de femme forte, passant de la fragilité de l’épouse perdant son enfant à la froide détermination en passant par la fausse séduction. Autant dire que le pauvre Billy n’avait aucune chance d’en sortir vivant…

5. Birth (2005)

Le rôle Anna, veuve de la haute société terrifiée à l’idée que son mari se soit réincarné dans la peau d’un petit garçon.

Bien qu’imparfait, Birth fait figure d’oasis au milieu du désert artistique que constituait la filmographie de Kidman dans les années 2000. Au cœur d’une période qui aura vu défiler des ratages aussi spectaculaires que Et l’homme créa la femme, Ma sorcière bien-aimée, Australia, La boussole d’or et Invasion, Birth intrigue, dérange, interpelle. Kidman a rarement été aussi glaciale et en même temps sujette à une intense détresse émotionnelle, que dans la peau d’Anna, que le souvenir de son mari défunt détruit petit à petit. Lorsqu’un jeune enfant (Cameron Bright, éphémère enfant star) vient tenter de la convaincre qu’il est bien son mari ressuscité, sa vie vacille et forcément, ses proches paniquent. Tirant le meilleur parti de son décor hivernal new-yorkais, Jonathan Glazer compose un magnifique poème funèbre évoquant Nicolas Roeg. Une curiosité, qui ne recule pas devant les séquences dérangeantes, comme ce très glauque bain partagé entre Anna et l’enfant.

4. Rabbit Hole (2011)

Le rôle Becca, mère de famille ravagée par la mort accidentelle de son fils.

Alors que la presse people n’a que le mot « botox » à la bouche et qu’on préfère parler de son second mariage avec l’artiste Keith Urban que de ses films, la Kidman décide de ressortir le grand jeu. Dans Rabbit Hole, elle incarne aux côtés d’Aaron Eckhart une mère endeuillée par le décès de son fils dans un accident de voiture, qui cherche à tout prix à effacer ses souvenirs contrairement à son mari qui ne veut rien oublier de leur bonheur détruit. Ça sent le film dépressif, et effectivement, John Cameron-Mitchell (Shortbus) cherche bien à ausculter les différents états émotionnels à travers lesquels passe ce couple déchiré, s’accrochant comme il peut à quelques branches humaines pour, littéralement, survivre. À nouveau nommée aux Oscars, Nicole Kidman se montre bouleversante dans un rôle à multiples facettes, prouvant après quelques années ponctuées de choix malheureux, qu’elle vaut bien plus que son image d’icône de parfum pour papier glacé.

3. Prête à tout (1995)

Le rôle : Suzanne Stone, jeune femme ambitieuse qui ne reculera devant rien pour devenir présentatrice télé.

Au milieu des années 90, même si elle a réussi à se faire une place à Hollywood, Nicole Kidman est pour beaucoup réduite au rang de « femme de Tom Cruise ». Elle fait des pieds et des mains pour obtenir auprès de Gus Van Sant le rôle de Suzanne Stone, qui va réellement la faire exploser. Comédie noire et acide tournant en ridicule la soif de célébrité des Américains moyens et leur dépendance aux médias, anticipant en cela le boom de la télé-réalité, Prête à tout montre que l’actrice peut tenir un film sur ses épaules et de belle manière. Suzanne est du genre à jouer de ses charmes pour embobiner quelques nigauds pour éliminer son mari gênant. Joaquim Phoenix ou Matt Dillon font partie des pigeons que l’arrogante et ignare jeune femme n’hésite pas à écraser méthodiquement, « car vous n’êtes en personne en Amérique si vous n’êtes pas à la télé ». Le film est jouissif et la propulse au rang de star, un avant que le Portrait de femme de son ancienne camarade de classe Jane Campion n’enfonce le clou.

2. Les Autres (2001)

Le rôle Grace Stewart, retirée dans sa demeure du Jersey avec ses deux enfants, qui ne doivent surtout pas voir la lumière du jour.

Sans doute le meilleur film d’Alejandro Aménabar, et pas loin d’être la meilleure performance de Nicole Kidman. Celle-ci n’a jamais été aussi près de son image « d’actrice hitchcockienne » à la glaçante beauté, pilier d’une œuvre dans la lignée de classiques comme La maison du diable ou Les Innocents, eux aussi habités par des personnages féminins marquants. C’est autour de sa silhouette gracile, en proie à un mélange de terreur et de tristesse, que se construit ce pur conte gothique et fantastique, dont la chute est à peine moins grandiose que celle de Sixième Sens, sorti quelques années plus tôt. Le film fait un tabac au box-office, marquant ainsi une forme d’émancipation professionnelle pour l’actrice, qui se trouve au même moment au cœur d’une tempête médiatique suite à son divorce. Une rupture peut-être provoquée par le tournage de son film précédent…

1. Eyes wide shut (1999)

Le rôle Alice Harford, femme de médecin avouant un soir ses fantasmes à son mari.

Un réalisateur de la trempe de Stanley Kubrick ne pouvait partir sur la pointe des pieds. Son ultime œuvre en tant que metteur en scène, bien que plus intimiste en apparence, sera née dans la douleur, après deux ans d’un tournage en vase clos suscitant mille rumeurs. Il faut dire que l’auteur de Full Metal Jacket avait fait fort en engageant la famille la plus hot de la décennie en cours, Tom Cruise et Nicole Kidman, pour jouer un couple en pleine crise conjugale. Au final, Eyes Wide Shut n’a rien à voir avec un éphémère coup médiatique, mais se révèle être une œuvre puissante, constellé de symboles, de faux-semblants et de sous-textes particulièrement crus, à l’image des scènes rassemblant les deux acteurs, mis à nus dans tous les sens du terme. Si l’expérience paraît pénible pour Cruise au point qu’il en devienne malade, Kidman elle en ressort grandie, entrant dans l’histoire du cinéma via quelques scènes à la fois terriblement impudiques et nimbées de mystère. Elle aura aussi l’honneur de murmurer l’ultime mot de l’œuvre kubrickienne, l’ultime pied de nez d’un film aussi cryptique que ses masques de carnaval : « Fuck ».