Warcraft : les premières images !

Vous ne le savez peut-être pas encore, mais dans le Livre des Records, une ligne est consacrée au jeu vidéo World of Warcraft : le titre édité par Blizzard est tout simplement le jeu en ligne qui a compté le plus d’abonnés dans le monde, avec plus de 12 millions de comptes recensés au top de sa popularité. Le succès de Warcraft ne vient pas de nulle part : l’univers créé par l’éditeur était déjà au centre des jeux PC du même nom à partir des années 90. Jeu de stratégie en temps réel à la base, Warcraft est devenu ensuite un RPG tellement célèbre que son nom est entré pour de bon dans la pop culture, au même titre que Facebook ou Game of Thrones. Blizzard Entertainment l’a compris, à un tel point qu’un projet d’adaptation cinéma a vite fait son apparition dans leur calendrier. Et le chemin a été aussi long qu’une partie en ligne de WOW.

Après que la société ait refusé de vendre les droits à Uwe Boll (bon instinct sur ce coup !), Warcraft, le film, a ainsi failli voir le jour en 2012 sous la houlette de Sam Raimi, fan de l’univers et désireux de travailler sur une autre franchise à grand spectacle après l’expérience malheureuse de Spider-Man 3. Après plusieurs reports, il quittera finalement le navire, laissant le soin à Legendary Pictures et Universal, les studios finançant le projet, de trouver un autre capitaine pour mener à bien cette difficile adaptation. C’est finalement l’inattendu Duncan Jones, qui avait alors uniquement réalisé deux films de science-fiction très remarqués (Moon et Source Code), qui a décroché le job. Grand amateur de WOW lui aussi, Jones s’est aussitôt mis au travail avec le scénariste Charles Leavitt (Blood Diamond) pour retravailler une histoire basée d’après les premières annonces sur plusieurs livres dérivés du jeu, comme Rise of the Horde. En d’autres termes, Warcraft : le commencement (titre final français), serait une origin story racontant les circonstances de la rencontre entre les deux grandes factions du jeu : l’Alliance – les humains – et la Horde – les orques.

Un monde entier à recréer

Warcraft : les premières images sont là !

L’action de Warcraft se déroule dans un royaume imaginaire, Azeroth, qui est le théâtre d’une guerre entre deux races connectées par un gigantesque portail, ouvrant une porte entre des mondes parallèles. Au cœur de cet affrontement se distingue Anduin Lothar, seigneur de guerre de l’Alliance, qui sera joué dans le film de Jones par Travis Fimmel, le héros de la série Vikings. Face à lui, les guerriers Orques sont emmenés par Durotan, chef du clan de Frostwolf (Toby Kebbell, Cartel) et Orgrim Doomhammer, leader de la Horde (Robert Kazinsky, Pacific Rim). Leurs noms vous sont peut-être inconnus, mais la situation ne risque pas de changer grâce au film. En effet, tout comme avec la saga de la Planète des singes, les silhouettes aux muscles disproportionnés des Orques ont été créées entièrement en images de synthèse, avec un niveau de photoréalisme encore inédit à l’écran, que l’on doit à ILM. Un chiffre permet de mesurer le défi que représente ce film où la moitié des personnages sont des êtres totalement imaginaires (à la façon d’Avatar, donc), évoluant dans un univers tout aussi fantaisiste : 20 mois ont été consacrés au total à la post-production du film, qui permet de donner vie aux lieux-clés, reconnaissables entre mille par les joueurs, d’Azeroth.

Après avoir abreuvé les Comic Con et autres BlizzCon de visuels, storyboards et concept arts, Warcraft, dont la date de sortie a été repoussée à mai 2016 pour éviter d’atterrir en concurrence frontale avec Le réveil de la Force à Noël, s’est enfin révélé en images début novembre. Un court teaser a servi d’apéritif avant le premier vrai trailer visible ci-dessous, et qui montre clairement vers quelle esthétique s’est tourné Jones pour créer une adaptation digne de ce nom. Si l’aspect « cinématique améliorée » est encore présent à l’esprit par moments (avec un rendu très plastique de certains personnages), le réalisateur vise clairement à émuler l’imagerie flamboyante et aventureuse des films de Peter Jackson… et d’Avatar. Mais le twist, c’est qu’il a aussi apposé sa patte sur le scénario pour donner une part égale aux protagonistes des deux camps et à leurs familles : les us et coutumes à la fois nobles et barbares du Durotan et des siens sont au centre de l’histoire, puisque ce sont eux qui vont atterrir dans le monde des humains… et s’allier après quelques grandes batailles (car il y en aura, et pas qu’un peu : le film s’intitule tout de même L’art de la guerre !) pour combattre un ennemi commun.

Le pari à 150 millions de Blizzard

Warcraft : les premières images sont là !

Aussi coloré et épique qu’il s’annonce, Warcraft a tout d’un pari pour Universal. Certaines rumeurs ont laissé entendre que le projet s’avérait « problématique » pour le studio, qui a transformé le film en tête de gondole commerciale pour l’été 2016, sans être pour autant sûr de rafler la mise à la manière de Jurassic World. Bien que très populaire, l’univers des Warcraft est malgré tout loin d’être aussi connu du grand public que l’œuvre de Tolkien, et son ambiance de guerre totale le distingue de prime abord plutôt à un public adolescent qu’à de dociles marmots fascinés par les gentilles escarmouches de Narnia. Sans compter le fait que du côté des humains, le film ne comporte aucune grande star (Dominic Cooper et Ben Foster, qui joue très bien les Gandalf). Le pouvoir de la franchise de Blizzard suffira-t-il à rembourser un budget de plus de 150 millions de dollars, et à lancer, comme l’éditeur l’espère sûrement, une saga cinématographique ?

« Warcraft est devenu tellement célèbre que son nom est entré dans la pop culture, au même titre que Facebook ou Game of Thrones. »

Il est bien sûr trop tôt pour le dire, même si les premières images annoncent un spectacle plutôt grisant et ambitieux (1). Warcraft annonce quoiqu’il arrive le retour d’une tendance que l’on croyait disparue sur grand écran en ces temps de films de super-héros : les adaptations de jeux vidéo au cinéma semblaient en effet passées de mode depuis un moment. Sans doute à cause de leur piètre qualité générale (dernier exemple en date : Hitman Agent 47), sûrement parce que les jeux eux-mêmes ont acquis une densité telle qu’ils rivalisent avec l’expérience cinéma. Warcraft va toutefois précéder une vague de projets (Assassin’s Creed, le reboot de Tomb Raider, Uncharted, The last of us, Bioshock pour ne citer qu’eux) aptes à relancer la machine, dans une industrie hollywoodienne qui ne jure plus que par les marques, d’où qu’elles viennent.

(1) À ce propos, il est tentant de vous raconter ce que nous avons découvert au dernier Showeb de Paris, une rencontre avec les distributeurs cinéma, qui nous a permis de découvrir 10 minutes d’extraits du film en exclusivité. Mais on ne peut point… Rageant, non ?

Bande-annonce :

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