Daniel Radcliffe : l’après Harry Potter en 5 rôles

par | 5 juin 2018

À l’occasion de la sortie de Swiss Army Man, faisons le point sur la carrière d’une star dont les rôles s’avèrent bien plus étranges que n’importe quel Harry Potter !

Bien que l’univers magique créé par J. K. Rowling soit toujours d’actualité (la suite des Animaux Fantastiques est prévue dans les salles en fin d’année), il est désormais loin, le temps où les nouveaux épisodes de la saga Harry Potter rythmaient les fêtes de Noël de millions de fans. L’histoire s’est terminée avec Les reliques de la mort – 2e partie en 2011, et depuis, le jeune casting qui déclenche l’hystérie à chacune de ses apparitions a dû trouver matière à reconversion. Moins d’une décennie plus tard, le bilan est plutôt positif pour Emma Watson et Rupert Grint (hilarant récemment dans Moonwalkers) et pour le plus central des comédiens impliqués, Daniel Radcliffe. À peine trentenaire, l’acteur britannique sera sans doute pour toujours associé à ce rôle qui l’a vu grandir à l’écran pendant dix ans. Comme Mark Hamill et Luke Skywalker, Elijah Wood et Frodo Baggins.

Comme ce dernier, Radlcliffe a choisi d’être audacieux dans ses choix pour dissocier son travail de cette franchise pantagruélique. Certes, on a pu le croiser ça et là dans des films fantastiques gothiques (La dame en noir, Horns) et des blockbusters (Insaisissables 2) peu risqués en terme d’image, mais ces rôles ne sont que la partie émergée d’un iceberg on ne peut plus différent. Le bizarre, l’extrême, l’inattendu : voilà ce qui caractérise la filmographie récente de Daniel Radcliffe, qu’on a vu récemment agiter des flingues avec un regard dément sur le tournage de Guns Akimbo, où il joue un type largué héritant des « pouvoirs d’un gladiateur ». Le réalisateur, Jason Lei Howden, est lui connu pour… Deathgasm, pochade gore et métalleuse néo-zélandaise !

Voici donc en cinq films un instantané des rôles les plus surprenants que Radcliffe a endossé depuis 2011 !

Jungle

C’est la dernière épreuve en date que s’est infligée Radcliffe pour l’amour du cinéma. L’acteur est parti en Australie tourner sous la direction de Greg McLean (Wolf Creek, Solitaire), ce Jungle inspiré d’une histoire vraie, celle d’un jeune Israélien ayant dû survivre près d’un mois dans la jungle amazonienne. Pour jouer dans la deuxième partie du film cette partition « survivalesque », Radcliffe, déjà pas un bodybuildeur à la base s’est pratiquement privé de nourriture pendant deux semaines. Couvert de crasse, le regard exorbité, le comédien apparaît décharné et au bout du rouleau. Une dégaine idéale pour cet émule exotique de The Revenant.

Swiss Army Man

Le culte autour de Swiss Army Man ne fait que grandir et ne risque pas de retomber avec la sortie en vidéo du film, également disponible sur Netflix. OVNI total, Swiss Army Man c’est d’abord un pitch improbable, dans lequel un homme suicidaire (Paul Dano) se retrouve naufragé sur une île avec un cadavre aux capacités étonnantes (Daniel Radcliffe). Oui, Harry Potter joue ici un macchabée verdâtre, dont les pets peuvent faire de lui un jet-ski et dont le kiki sert de boussole à son compagnon d’infortune. Abordant derrière ses atours crus des thèmes sérieux comme l’acceptation de soi, la dépression et le repli social, Swiss Army Man marque les esprits par la prestation inédite de Radcliffe, qui relève haut la main un défi artistique particulièrement cinglé sur le papier.

Imperium

Et si on rasait le crâne du petit Harry Potter pour en faire un néo-nazi prêt à saluer Trump d’un sanglant « Heil Donald » ? Cette vision traumatisante, Radcliffe l’a « offerte » à ses fans au détour d’un sympathique polar, Imperium. L’ancien magicien y incarne heureusement un personnage positif, Nate Foster, agent du FBI de bureau qui saisit la chance qui lui est offerte d’infiltrer le réseau des nationalistes blancs pullulant aux USA. Un milieu redevenu malheureusement d’actualité suite à l’élection du clown orange, et que le fragile Radcliffe, avec son allure de petit punk nerveux, investit comme un bon soldat.

The Gamechangers

Encore un rôle WTF à mettre au crédit de Radlcliffe, à l’occasion de ce téléfilm HBO racontant en creux l’histoire des fondateurs de Rockstar Media, le studio à l’origine des jeux vidéo Grand Theft Auto. Ce récit de la lutte entre le studio et les évangélistes persuadés que leurs créations sont le mal incarné ne bénéficie pas, c’est le moins que l’on puisse dire, de critiques élogieuses, mais le look de l’acteur, qui incarne le proto-hipster Sam Houser, lunettes fumées et tenue baggy XXL en prime, ne passe pas inaperçu. GTA for life !

Kill your darlings

Sorti dans l’ombre de La dame en noir, qui marquait la première apparition de Radcliffe dans un film autre que les Potter, Kill your darlings est un premier indicateur de l’ambition artistique à venir du comédien, qui avait déjà défrayé la chronique pour s’être mis (littéralement) à nu sur scène dans une adaptation d’Equus. Le film de John Krokidas nous plonge dans la jeunesse des poètes de la « Beat generation », qui se rencontrent, flirtent, et se retrouvent au centre d’une affaire de meurtre. Radlcliffe y incarne l’auteur du célèbre poème « Howl », Allen Ginsberg, cheveux bouclés et encore indécis sexuellement, avec une fragile intensité.