Le Domino de Brian de Palma dévoile enfin sa bande-annonce

par | 4 avril 2019

Attendu de longue date, le nouveau thriller de Brian de Palma avec Nikolaj Coster-Waldau, Domino, semble porter les stigmates de sa production troublée. Preview !

Brian de Palma ne gardera pas le Danemark dans son cœur. Le cinéaste américain n’a pas mâché ses mots l’an passé, lors de son passage à la Cinémathèque française, au sujet de Domino, qui marque son retour au cinéma sept ans après Passion.  Co-production européenne tournée à Copenhague, Alméria, en Sardaigne et en Belgique, Domino restera selon lui comme « l’une de mes pires expériences de tournage », avec des techniciens non payés, un tournage amputé et des financements évasifs. Pire encore, le produit fini, que la presse évoquait déjà au printemps 2018 comme un possible prétendant à la sélection du Festival de Cannes, a été sabré au montage et retiré des mains du réalisateur , qui ne s’est pas gêné pour se désolidariser du résultat et embrayer sur son projet suivant, Predator (rien à voir avec de la SF, plutôt avec l’affaire Weinstein).

Pendant un an, les producteurs de Domino ont maintenu le silence autour du film, avant de révéler fin mars les photos de promotion officielles et une date de sortie : le 31 mai en salles et en VOD aux USA. Autrement dit, une sortie technique en catimini, un bazardage pur et simple loin des tambours et trompettes attendus pour un tel packaging.

Avis aux fans de Game of Thrones
 

C’est que Domino s’appuie sur un casting vendeur, avec non pas une, mais deux vedettes de la série Game of Thrones, le Danois Nikolaj Coster-Waldau et la Hollandaise Carice Van Houten, entourés de Guy Pearce, Eric Ebouaney (Femme Fatale, 3 days to kill) et Soren Malling (Hijacking, A War). Un générique solide, plongé au cœur d’une histoire à première vue très « depalmesque », pleine de manipulations, de doubles identités et de jeux sur le point de vue. Deux officiers de police danois traquent un terroriste responsable de l’assassinat de l’un des leurs, avant de se rendre compte que celui-ci travaille pour le compte de la CIA.

"Domino restera comme l’une de mes pires expériences de tournage."

Du classique de chez classique, donc, ce que ne vient pas contredire la bande-annonce enfin dévoilée pour accompagner la sortie prochaine du film. Monté avec les pieds comme un DTV de Steven Seagal (une approche commerciale bas de plafond entérinée par l’hideuse affiche officielle ci-dessus), ce trailer permet en partie de prendre la mesure d’un film visiblement un brin fauché – on parle d’un peu moins de 6 millions de dollars, pour un tournage dans cinq pays -, tourné comme Passion au format 1:85 et éclairé comme un épisode des Experts.

Pas de salle pour Brian ?

Quelques affêteries stylistiques (double focale, angles tordus…) subsistent par-ci par-là, et il reste quelques raisons d’espérer quand on sait que le script est signé Petter Skavlan (scénariste de Kon-Tiki et Le 12e Homme), et que le cinéaste s’est entouré de collaborateurs fidèles (Pino Donaggio à la musique, Bill Pankow au montage). Mais la question reste plus que jamais posée : Domino serait-il la pire cata de la carrière de De Palma ? Aucune info n’a filtré sur une possible date de sortie française. Mais ce pourrait être, si l’on suit la logique commerciale des producteurs, le premier titre du maître depuis les années 70 à passer dans l’Hexagone par la case direct-to-video. Un véritable camouflet pour un metteur en scène aussi prestigieux, et devenu si rare depuis son exil européen suite à l’échec de Mission to Mars.