Code 3 : y-a-t-il un urgentiste pour sauver ma vie ?
La comédie ambulancière Code 3 brocarde le système de santé défaillant des USA avec humour et un cynisme revendiqué.
HBO Max nous a offert l’an dernier The Pitt, série médicale en temps réel sentant bon les années Urgences, auscultant l’Amérique des années 2020, tout en prenant le pouls de son système médical post-Covid. Sorti directement sur Paramount+ le 22 Janvier, Code 3, réalisé par Christopher Leone, porte peu ou prou les mêmes velléités politiques en étendard, en adoptant cette fois le point de vue spécifique des ambulanciers. Et si tout n’est pas parfait, loin de là, le patient devrait tout de même s’en sortir.
Randy (Rainn Wilson), ambulancier désabusé, est sur le point de quitter son travail pour lequel il n’a plus aucun égard. Accompagné de Mike (Lil Rel Howery), le seul collègue pouvant le supporter, et Jessica (Aimee Carrero), une stagiaire pleine d’enthousiasme, il va affronter sur le terrain, avec leurs maigres moyens, ses dernières 24 heures de boulot. Et peut-être changer d’avis ?
Ambulances en mal de reconnaissance
Code 3 est un mélange improbable entre une comédie d’Adam Mckay, La 25ème heure de Spike Lee et A tombeau ouvert de Martin Scorsese. Porté par Rainn « Dwight Schultz » Wilson en narrateur cynique brisant le quatrième mur, Christopher Leone pousse un cri d’alarme pour déplorer l’absence de reconnaissance des ambulanciers, alors qu’ils sont des membres clés d’un engrenage médical défaillant. Malheureusement, à trop vouloir représenter la dureté (réelle) du métier, le film semble parfois revanchard envers les autres membres de la profession médicale, que ce soit en affichant les salaires annuels de chaque branche en ouverture, ou en sous-entendant que certains infirmiers ou médecins sont des sans-cœur égocentriques, malgré un « twist » prévisible.
« Code 3 reste une curiosité maladroite qui parvient à nous toucher. »
Drôle sans pour autant provoquer des éclats de rire, Code 3 joue la carte rebattue du dernier jour d’un personnage au bord du gouffre dans un milieu qu’il aime, et se risque même à proposer une variation (embarrassante) du monologue d’Edward Norton dans La 25ème heure, probablement pour être le grand film enragé qu’il aimerait être. Pourtant, il suffit d’un passage inattendu, opposant un vétéran de l’Irak afro-américain atteint de troubles mentaux face à la police, pour réussir à allier l’émotion et le propos. D’abord perçue comme une scène de comédie, l’arrivée des forces de l’ordre instaure un climat de tension, et si l’on ressent un manque de finesse dans l’écriture, la séquence reste la meilleure du film aussi bien émotionnellement que politiquement. S’il n’est pas le brûlot qu’il aurait aimé être, ou bien la comédie la plus drôle de l’année, Code 3 reste une curiosité maladroite, qui parvient à nous toucher. Mais pas non plus de quoi applaudir à 20h.
