Fight or flight : bastons de haut vol
Coincé dans un avion rempli d’assassins, Josh Hartnett fait le show dans ce nerveux et généreux Fight or Flight, au pitch proche de Bullet Train.
Annoncé d’abord en vidéo (c’était d’abord pour novembre 2025, ce sera finalement pour avril), Fight or Flight a eu « l’honneur » d’avoir sa sortie avancée au 1er janvier sur Prime Video, débarquant sans prévenir alors qu’une sortie cinéma aurait été plus appropriée pour découvrir ce film plein d’action. James Madigan réalise son premier long-métrage après des années en tant qu’assistant réalisateur et spécialiste des effets visuels, sur la série See et les Divergente notamment. Il s’offre pour ce baptême du feu un Josh Hartnett qui confirme son retour au premier plan après Oppenheimer et surtout le Trap de M. Night Shyamalan.
Destination ? L’action !
Fight or Flight utilise en ouverture une technique narrative efficace bien que familière : le flash forward de la scène finale nous est d’abord présenté, suivi d’un retour en arrière de 12 heures. Dès les premières minutes, le montage de Ben Mills (Tetris) crée une véritable tension avec une fusillade impliquant le « Fantôme », un terroriste insaisissable responsable de plusieurs attentats. Le récit se concentre sur Lucas Reyes (Hartnett, avec une immanquable coiffure blonde peroxydée), un anti-héros présenté de manière peu flatteuse : réveil difficile, lumière crue en gros plan. Interdit de vol depuis deux ans et bloqué à Bangkok, ce mercenaire se voit confier par Katherine Brunt (Katee Sackhoff), la mission d’intercepter le Fantôme, lors d’une scène assez comique le montrant se laver les mains avec des lingettes humides dans un taxi. Un indice clair sur le ton du film, qui mélange action violente et humour. La mission elle, est minimaliste : Reyes a une cible, un lieu (un avion, donc, dans lequel va se concentrer l’action), mais aucune description physique. Juste un détail : il saigne. Un choix qui va renforcer l’aspect paranoïaque du récit.
« Un spectacle nerveux, généreux et maîtrisé ! »
À bord du vol pour San Francisco, la mise en scène se resserre progressivement, profitant de ce décor de huis clos aérien qui a déjà donné lieu à tant de films d’action en altitude, d’Air Force One jusqu’à Non-Stop, pour ne citer qu’eux. L’information selon laquelle le Fantôme se trouve à bord ajoute en effet un nouveau défi, qui rappelle le ferroviaire Bullet Train : l’avion est en fait rempli de tueurs attirés par la prime. D’où une avalanche de scènes de combat, bien chorégraphiées dans des espaces restreints, et qui sont l’un des points forts de Fight or Flight. Madigan utilise intelligemment les éléments du décor (chariots, ceintures, verres, sièges) et synchronise les combats avec la musique. Le retournement majeur survient avec l’entrée en scène d’Isha (Charithra Chandran, One Piece, Les chroniques de Bridgerton), une hôtesse de l’air capable de se défendre. Un personnage féminin crédible, avec un passé bien étoffé, loin d’être un simple archétype. Le scénario rajoute une autre dimension en transformant les « règles » de sa traque, Lucas devenant une cible lorsque son passé refait surface. Malgré le peu d’espaces disponibles, l’avion devient une véritable arène, et, passage obligé, une scène de trou d’air brutal dans la carlingue permet à la mise en scène de jouer avec la perte de repères et la panique collective.
Fight or Flight n’hésite jamais à exagérer – à commencer par le jeu de Hartnett, qui s’amuse beaucoup – mais le fait avec une cohérence remarquable, même quand une tronçonneuse est de sortie. La conclusion parvient à surprendre, laissant une impression de spectacle nerveux, généreux et maîtrisé, où la contrainte spatiale devient un véritable atout de mise en scène plutôt qu’un simple gimmick.
