O’dessa : les ballades du monde d’après

Le casting et l’univers singulier de la comédie musicale post-apo O’Dessa font oublier la trame classique de son scénario et ses chansons un peu guimauve.
L’une des exclusivités Disney+ les plus originales depuis longtemps, O’Dessa est une comédie musicale qui a la particularité de se dérouler dans un futur apocalyptique et de mêler drame et science-fiction. Elle met en scène l’actrice révélée dans la série Stranger Things, Sadie Sink, qui en plus d’interpréter le personnage-titre chante dans le film – ce n’est pas son coup d’essai puisqu’elle a joué plus tôt dans la comédie musicale Annie.
Dans O’Dessa, une prophétie raconte qu’une personne peut sauver la population grâce à une guitare aux pouvoirs magiques : la légende du septième fils. Le film dévoile rapidement le décor de ce monde futuriste : la vie y est difficile pour une partie du peuple, les récoltes se font rares en raison d’une terre très sèche. O’Dessa, 19 ans, y vit seule avec sa mère très malade. D’une façon assez originale, le film enchaîne les séquences musicales pour les présenter. Peu de temps après, la mère de la jeune femme décède. O’Dessa se coupe les cheveux : nouveau look pour une nouvelle vie ! Elle part en quête d’une vie meilleure, guitare héritée de son père en bandoulière. Mais elle fait une mauvaise rencontre qui va bouleverser la suite de son périple : des saltimbanques qui ont connu son père, quelle coïncidence ! Ils font ensemble la fête, boivent et au petit matin, O’Dessa se réveille seule et sans sa guitare, son seul bien.
Mon royaume pour une six-cordes

N’écoutant que son cœur, elle se met à leur poursuite direction Satylite City, ville magnifique et sombre, aux teintes bleues et rouges, un univers coloré qui définit pour une bonne partie l’esthétique du film. Satylite City est contrôlée par Plutonovich (Murray Bartlett), un homme machiavélique et sans remord, du genre à divertir la plèbe en diffusant publiquement les séances de torture qu’il inflige. O’Dessa, arrivée sur place, va devoir participer à un concours amateur pour récupérer sa guitare et faire preuve d’ingéniosité. Le concours est animé par Néon Dion (Regina Hall, l’iconique Brenda dans la saga Scary Movie), personnage détestable et machiavélique qui obéit aux ordres de Plutonovich. Seule et ne connaissant personne, O’Dessa se réfugie sous un pont et sauve la soirée d’Euri (Kelvin Harrison Jr.). Une belle amitié débute et va révolutionner la vie des habitants…
« Un avertissement s’impose pour les allergiques aux ballades : cette comédie musicale en comporte beaucoup, voire trop. »
Malgré quelques scènes très prévisibles, le duo principal d’O’Dessa fonctionne très bien notamment lorsqu’il chante ensemble. Le scénario du film de Geremy Jasper (Patti Cake$) s’appuie sur des personnages bien développés, qui évoluent tout au long du scénario. Nous regretterons l’arrivée trop tardive de Plutonovich : son duel promis avec O’Dessa se fait attendre et il faut en passer par quelques artifices visibles pour retarder l’échéance. Heureusement, Neon Dion et O’Dessa, tout aussi opposées, divertissent avec des répliques bien écrites. Parce que nous sommes rappelons-le, sur Disney+, un avertissement s’impose pour les allergiques aux ballades : cette comédie musicale en comporte beaucoup, voire trop. Malgré son esthétique criarde et rock’n’roll, le film manque de chansons plus rythmées qui permettraient de dynamiser le tempo et de relancer l’intérêt du spectateur. Un personnage principal féminin qui se découvre un destin d’élue et a comme mission de renverser le régime abusif et dictatorial subi par une population apeurée, ce n’est pas ce qu’on peut appeler une grosse prise de risques en termes de scénario. Si le couple O’Dessa et Euri suit un schéma très classique, c’est le casting d’O’dessa qui réussit à les rendre attachants. Allez, tous en cœur : l’amour est plus fort que touuut…