The Bayou : carnage et clichés dans les marais
Un groupe de survivants est pourchassé par des alligators dopés aux OGM dans le fade The Bayou, un survival sans grande imagination.
Réalisé par Brad Watson et Taneli Mustonen, The Bayou laissait espérer un bon petit film de bestioles carnassières, dans la veine des classiques du genre comme L’incroyable alligator ou Lake Placid. L’ambiance du bayou, ses marais perdus et la menace des alligators auraient pu créer une atmosphère lourde et sauvage. Mais le résultat peine à convaincre, tant le scénario multiplie les maladresses et les invraisemblances, au point de basculer dans le ridicule. Entre personnages caricaturaux, situations tirées par les cheveux et tentatives de suspense qui tombent à plat, ce film peine à nous faire frissonner.
Un survival avec du potentiel… sur le papier
The Bayou démarre pourtant sur les chapeaux de roues : une fusillade, un local pris d’assaut, et un mystérieux liquide qui se répand dans un lac, transformant des alligators en super-prédateurs assoiffés de sang. Notre héroïne Kyle (Athena Strates), étudiante en biologie, suit justement un cours sur les super-prédateurs — quelle heureuse coïncidence pour le scénario. Avec son amie Alice et quelques connaissances, elle part disperser les cendres de son frère Jamie dans les Keys. Pendant ce temps, les journaux relaient déjà des attaques d’alligators d’une violence inhabituelle. Le groupe embarque dans un petit avion douteux. À bord, un passager s’obstine à parler au téléphone et en énerve un autre, qui se prend la tête dans le plafond et provoque un crash aussi ridicule qu’inattendu — un moment comique involontaire qui donne le ton du film. Après l’accident, les survivants se retrouvent coincés dans les marais. Alice tombe sur un nid d’alligator et décide de voler les œufs pour renflouer les dettes de sa mère — une idée bien stupide, qui attire l’attention des reptiles, présentés comme anormalement agressifs : plus vifs, plus intelligents, presque organisés.
« The Bayou s’efforce d’empiler le plus de clichés possibles, pas aidé par des acteurs qui peinent à nous embarquer. »
Loin de faire monter la tension, The Bayou s’efforce d’empiler le plus de clichés possibles, pas aidé par des acteurs qui peinent à nous embarquer. Comme lors de cette scène où un passager s’éloigne pour uriner et se fait dévorer — le cliché absolu du survival. Le groupe se fait décimer peu à peu, sous les attaques répétées de reptiles surgissant de l’eau boueuse ou des fourrés. Ils sont censés être la grande menace du film, mais leurs apparitions deviennent prévisibles : un remous à la surface, un plan serré, un cri, et couic. Pour fuir, les survivants vont bricoler un radeau de fortune, traqués autant par les prédateurs que par l’ennui. Le scénario tente de glisser dans ce naufrage en eaux saumâtres un message sur l’amitié et le courage qui sonne creux. Cerise sur la mousse, l’affrontement final avec Christina, surnom donné à un alligator légendaire du bayou (parce que pourquoi pas), manque de crédibilité et tombe à plat.
