Trap House : Dave Bautista piégé dans un polar confus
Malgré son mélange original de film d’action et de teen movie, Trap House ne peut surmonter ses nombreux et gênants défauts.
Trap House, disponible sur Prime Vidéo, marque la nouvelle collaboration, après l’oublié Stuber, entre le réalisateur Michael Dowse et l’ex-star du catch Dave Bautista (Dune, Les gardiens de la galaxie). Film d’action teinté, et c’est sa principale originalité, de teen movie, Trap House – le titre fait référence aux maison utilisées comme points de contrôles par les cartels – restera dans les mémoires mais pour de mauvaises raisons.
Le scénario présente deux mondes qui ne devraient jamais se croiser : d’un côté, l’agent de la DEA Mark (incarné par Dave Bautista) et ses coéquipiers, de l’autre, une bande d’adolescents qui ont la particularité d’être les enfants de ces mêmes agents surentraînés. Sur le papier, ces deux univers promettaient une collision explosive. Dans les faits, le film a du mal à donner du sens et de la cohérence au va-et-vient entre les deux groupes. Trap House débute avec une séquence de raid supposément tendu de la DEA dans une station-service – qui cache un repaire truffé d’explosifs. La descente tourne au chaos quand un sniper abat un des agents. Une scène qui aurait dû marquer, mais qui part en fumée à cause d’une mise en scène confuse et sans inspiration.
Eliminer un cartel ? Un jeu d’enfants !
Même s’il jongle avec de multiples éléments narratifs, Trap House est un film qui ne décolle jamais. On a l’impression que le film nous promet un danger qu’il n’ose jamais vraiment assumer. Les incohérences sont nombreuses : Mark emmène son fils Cody (Jack Champion, Avatar : de feu et de cendres) sur une planque, où le gamin réussit à prendre des photos compromettantes sans se faire repérer… La scène qui tourne au ridicule sans le vouloir. Cody y trouve l’idée de cambrioler une « Trap House » avec ses potes au nez et à la barbe du cartel, persuadé qu’ils pourront gagner de l’argent et aider leur ami Jesse, le fils de l’agent abattu en ouverture.
« Trap House pêche par son scénario bancal, ses choix invraisemblables
et son manque de tension. »
Sans surprise, rien ne se passe comme prévu. Les exécutions se multiplient, des menaces pleuvent sur les familles, et les ados décident de « partir en guerre ». C’est à ce moment que Trap House perd pied. Comment des hommes armés et liés au cartel peuvent-ils se faire battre par une poignée d’adolescents équipés de tasers pour moins de 500 dollars ? Les affrontements ressemblent plus à une comédie involontaire qu’à un vrai thriller. En parallèle, une romance se noue entre Cody et Teresa qui vient d’arriver dans ce lycée, ce qui éveillera immédiatement les soupçons du spectateur avisé.
Au fur et à mesure que le film s’enlise et que les enjeux s’évaporent, Dave Bautista — pourtant investi physiquement — devient prisonnier d’un scénario qui ne sait plus quoi faire de lui. Le moment où il comprend l’implication de son propre fils au milieu du chaos arrive trop tard et manque de poids. Le final, lui, expédie les conséquences sans ménagement. Trap House pêche par son scénario bancal, ses choix invraisemblables et son manque de tension. Malgré un sujet prometteur et la présence de Bautista, le film ne trouve jamais le ton juste entre drame, thriller et film d’ados.
