The Rip : les super-ripoux de Miami

par | 26 janvier 2026

The Rip : les super-ripoux de Miami

Soutenu par un casting charismatique et une réalisation solide, le très référencé The Rip s’avère être un très bon polar du samedi soir.

L’espoir d’un retour en forme de Joe Carnahan, dont le dernier bon (et grand) film était The Grey / Le territoire des loups, se faisait de plus en plus flou suite aux échecs de films comme Boss Level ou, de manière plus lointaine, L’agence tous risques. Et pourtant, The Rip, vendu en grande partie autour de la nouvelle réunion de l’écran des meilleurs potes de Hollywood, Ben Affleck et Matt Damon, est bel et bien la série B fun qu’on attendait du réalisateur de Mi$e à prix. Un polar aux multiples références, avec un vrai casting de gueules (Scott Adkins, Kyle Chandler, Steven Yeun et la révélation d’Une bataille après l’autre Teyana Taylor), et qui s’avère être la bonne surprise des plateformes de ce début d’année.

Se remettant à peine de la mort de leur capitaine, la méfiance s’intensifie au sein d’une brigade anti-stups de Miami, après la découverte de 20 millions de dollars cachés au sein d’un quartier résidentiel semblant désert. Durant une longue nuit, soupçons, mensonges et accusations vont prendre de plus en plus d’ampleur au sein de l’escouade, allant jusqu’à remettre en question l’intégrité de certains de ses membres…

To live and die in Florida

The Rip : les super-ripoux de Miami

Doté d’une photo parfois splendide, jouant sur les lumières nocturnes, le flou et les ombres, Carnahan renoue avec un cinéma de genre américain typique des années vidéo-club. Débutant comme un récit de flics ripoux et bourrus à la William Friedkin, l’intrigue bifurque vers le film de siège renvoyant au classique Assaut de John Carpenter, tout en renouant avec un certain esprit hard boiled dans la caractérisation de ses personnages. En ne cherchant pas à complexifier une intrigue somme toute familière, dont les inspirations « whoduniciennes » vont ravir les fans du « Qui c’est qu’a fait l’coup ? », The Rip déroule un script épuré, qui tente souvent de nous prendre à revers. Carnahan joue sur nos attentes et nos théories, tout en questionnant l’intégrité des policiers une fois mis en face de leur propre précarité, et de la perte de confiance envers les institutions prétendument morales.

« On ne peut qu’admirer l’homogénéité des références de Carnahan,
qui ne prennent jamais le pas sur son récit. »

Misant sur le hors champ, rendant invisible la menace, tout en amenant une tension de plus en plus étouffante, et ce grâce à un formidable travail de montage, Carnahan captive et ne perd jamais son spectateur. On ne peut qu’admirer l’homogénéité de ses références qui ne prennent jamais le pas sur son récit, situé en majorité dans un décor de ville fantôme, qui fait osciller l’ambiance entre le polar et le film d’horreur. On lui reprochera cependant des ficelles assez grosses et une séquence de révélation assez balourde, bien que ludique. Dans sa folie algorithmique, Netflix se prend ici pour un gérant de vidéo-club et parvient à proposer un solide compagnon filmique de soirée pizza du samedi soir. Si une horloge cassée arrive à donner l’heure juste deux fois par jour, une plateforme de streaming est donc capable de proposer au moins une série B réjouissante une fois de temps à autre.