Assassination Nation : quand The Purge rencontre Black Mirror

par | 10 août 2018

Découvert à Sundance, Assassination Nation dépeint une Amérique rendue folle par un piratage compromettant. Un jeu de massacre qui s’annonce très sardonique !

Imaginez : si les données personnelles, mails, conservations Messenger et autres photos compromettantes de toute une ville étaient soudain rendues publiques ? Si tous les secrets qui s’échangent à la pâle lueur de nos smartphones n’en étaient plus du jour au lendemain ? À cette hypothèse digne d’un épisode de Black Mirror, Assassination Nation apporte une réponse claire et nette : l’intégralité de la population perdrait complètement la tête et ferait sombrer la ville dans une atmosphère de guerre civile.

Enfin, en tout cas, si vous habitez en Amérique. Car la nation dont il est question dans le film de Sam Levinson (le fils de Barry, pour qui il a notamment écrit le scénario de The Wizard of Lies avec De Niro), ce sont bien sûr les États-Unis, où le cocktail de puritanisme, d’hédonisme de la jeunesse et d’amour des armes à feu s’avère chaque jour plus explosif. Alors que la question de l’utilisation de vos données personnelles et les affaires de piratage informatique impliquant la Russie font chaque jour la Une des journaux, Assassination Nation tombe à point nommé pour relancer le débat avec un ton « anarchiste pop » parfaitement dans l’air du temps. Les financiers d’Hollywood ne s’y sont pas trompés : suite à sa projection en séance de minuit au Festival de Sundance, le film a fait l’objet d’une véritable guerre d’enchères, jusqu’à ce que les frères Russo (Avengers : Infinity War), via leur société AGBO, en acquièrent les droits pour 10 millions de dollars. Prévu pour une sortie le 21 septembre aux USA, Assassination Nation devrait donc logiquement faire du bruit et exciter la controverse. Mais au fait, de quoi parle exactement le film ?

Internet m’a tuer

Assassination Nation : quand The Purge rencontre Black MirrorComme le révèle la bande-annonce non-censurée du film, Assassination Nation raconte en flash-back comment la petite ville de Salem (sic) a sombré l’espace d’une nuit dans la démence et les règlements de compte en public, quand tous les secrets compromettants de ses habitants ont été révélés. Lily, lycéenne blasée et ses trois meilleures amies se retrouvent alors au centre d’un maelström d’hyper-violence, façon American Nightmare mais sans protection…

"Assassination Nation devrait donc logiquement faire du bruit et exciter la controverse."

Même si le teaser gardait intelligemment le mystère sur la nature des exactions commises par les Salemiens (ça se dit ?), le trailer final ne laisse planer aucun doute : Asssassination Nation sera outrageusement gore, dépravé et brutal, avec une pointe de cynisme qui caractérise bien ce genre de séries B sensationnalistes, dénonçant la propension à la violence des Américains tout en la transformant en spectacle décomplexé, et, au dire des premières critiques, ouvertement féministe. Au générique du film, on retrouvera les jeunes Odessa Young, Hari Nef, Abra et Suki Waterhouse (cette dernière ayant notamment tenu le haut de l’affiche de The Bad Batch), entourés pour l’occasion de Joel McHale (Community), Bill Skarsgard (Ça) et Bella Thorne (Midnight Sun). Aucune info pour l’instant sur une date de sortie française, mais la mise en ligne de la bande-annonce doublée laisse planer peu de doutes sur une annonce prochaine…