Journal d’une fashionista : victime de la mode ?
Satire douce-amère de la téléréalité, Journal d’une fashionista vise juste, mais se montre un peu trop balisé pour surprendre.
Premier long-métrage de Nastasya Popov, Journal d’une fashionista (Idiotka dans son titre original) balance entre humour déjanté, critique de la téléréalité et drame familial, au gré d’un récit à la fois absurde et ultra-coloré, où l’on croise entre Camila Mendes (Riverdale), Mark Ivanir (Emilia Pérez) et Galina Jovovich (la maman de Milla, oui). Le film raconte l’histoire de Margarita, une jeune créatrice de mode (Anna Baryshnikov) habitant le quartier russe de West Hollywood, qui s’inscrit à l’émission « Triomphe, sers, survivre » pour tirer sa famille de la galère. Une façon également pour elle de vivre le rêve américain et de toucher du doigt la célébrité, même si le prix à payer tire plus vers la survie que le triomphe…
Une héroïne incarnée avec brio
Découverte dans Manchester by the sea et vue récemment dans The Drama, Anna Baryshnikov porte à bout de bras le film avec un jeu sincère, drôle et touchant. Elle campe parfaitement cette jeune femme écrasée par les responsabilités, prête à mettre sa fierté de côté pour aider une famille qui vit dans une précarité constante, quitte à leur mentir. En revanche, même si la pauvreté de ses proches constitue le vrai moteur de l’histoire, les personnages eux-mêmes manquent un peu d’épaisseur. Pourtant, avec des acteurs expérimentés comme Mark Ivanir et Galina Jovovich, on pourrait s’attendre à mieux. Mais ils restent souvent cantonnés à un rôle superficiel, sans que le scénario prenne vraiment le temps de les développer. Difficile, du coup, de s’attacher vraiment à eux.
« Journal d’une fashionista reste une comédie satirique attachante. »
Journal d’une fashionista tape juste en dénonçant les dérives toujours aussi actuelles de la téléréalité, à travers cette émission fictive, où les émotions sont fabriquées et exploitées sans scrupule et mettent au second plan les créations de mode. Cette critique du divertissement superficiel fait mouche, avec des séquences aussi drôles que grinçantes. L’apparition de personnalités comme Julia Fox et Saweetie accentue encore le côté extravagant de cet univers. Par contre, le scénario reste assez balisé : les rebondissements se voient loin à l’horizon, et le parcours de Margarita manque de surprises, jusqu’à un dénouement trop prévisible. Malgré ça, Journal d’une fashionista reste une comédie satirique attachante, portée par l’énergie de son casting et en particulier par la prestation éclatante d’Anna Baryshnikov.
