La bouche du diable : la grotte des promesses perdues

par | 11 août 2026

La bouche du diable : la grotte des promesses perdues

Malgré des décors attrayants et un casting charismatique, La bouche du diable échoue à apposer une patte mémorable sur le film de requins.

Sorti en exclusivité sur Prime Video, La bouche du diable avait vraiment de bons ingrédients pour offrir un film de survie familier mais sympathique, avec ce groupe d’amis qui part faire un voyage en Thaïlande, où l’on croise Kathryn Newton (Lisa Frankenstein, Wedding Nightmare 2) et Lana Condor (À tous les garçons que j’ai aimés). L’idée de départ du film de Jeff Wadlow (Action ou Vérité, Nightmare Island) était pourtant attirante, et La bouche du diable soigne aux entournures sa montée dans l’angoisse, mais le résultat ne marche pas vraiment. Le scénario part un peu dans tous les sens, les personnages restent, sans mauvais jeu de mot, en surface, et le rythme est inégal. Quelques scènes créent une certaine tension, mais n’empêchent pas l’impression de déception de s’installer.

Une tension qui prend l’eau

La bouche du diable : la grotte des promesses perdues

La bouche du diable repose en partie sur l’amitié qui lie Charlie (Newton) à Kate (Condor), que le film a le bon goût de ne pas sur-sexualiser, comme c’est souvent le cas dans ces films de genre. Ce lien fort apporte de l’émotion au milieu de l’action, qui démarre rapidement avec une scène autour d’un banc de méduses, rappelant que le danger dans l’eau ne se limite pas aux requins. Wadlow ne cherche pas trop à capitaliser sur cette relation, préférant placer nos héros bronzés en difficulté dès qu’ils pénètrent dans la grotte sous-marine promise par le titre. Laissés à eux-mêmes, les personnages ont juste un plan des cavités pour s’en sortir. Mais bien sûr vient vite l’enchaînement des erreurs et des disputes. Certaines décisions semblent illogiques, certains conflits totalement artificiels. Les attaques de requin attendues arrivent petit à petit, mais le suspense retombe souvent entre deux moments forts.

« La bouche du diable donne surtout l’impression que la menace est à peine exploitée. »

Le pire, c’est que le requin lui-même est quasi absent. Des fois, cette discrétion peut créer du suspense (parlez-en à Steven Spielberg), mais là, La bouche du diable donne surtout l’impression que la menace est à peine exploitée. Et pour ne rien arranger, le chef opérateur James Kniest (Annabelle) a dû se faire croquer au passage, car le film baigne souvent dans une forte obscurité. Malgré quelques bonnes idées et des décors exotiques réussis qui peuvent évoquer le 13 Lives de Ron Howard, La bouche du diable nous a laissé sur notre faim, surtout avec cette fin bâtie autour d’un rebondissement qui tombe à plat. Le scénario d’Aja Gabel et Myung Joh Wesner manque de crédibilité et le film n’exploite jamais vraiment tout son (réel) potentiel.