Son of Sara : la main de l’occulte sur le berceau

par | 3 septembre 2026

Son of Sara : la main de l’occulte sur le berceau

Une femme lesbienne voit sa grossesse perturbée par des forces malfaisantes dans Son of Sara : un film d’angoisse balisé, mais qui sait se faire émouvant.

Réalisé, écrit et monté par Houston Bone (I don’t know who you are), Son of Sara est un film d’horreur canadien qui mêle vie de couple, maternité et occultisme. Un peu comme un certain Rosemary’s Baby, mais il est permis d’oublier le classique de Polanski pour mieux apprécier le parcours de Sara, une future maman dont les envies et le comportement deviennent de plus en plus inquiétants, à mesure qu’elle se rapproche du père involontaire du bébé, Troy, et qu’une partie de son passé ressurgit.

Malaise et maternité

Son of Sara : la main de l’occulte sur le berceau

Parce qu’il repose sur des thématiques et des ressorts familiers, le spectateur s’attend à un film d’horreur balisé avec Son of Sara. Mais le film de Bone propose un véritable mélange de drame familial, de romance et de body horror surnaturel. Le mystère repose en partie sur son héroïne titre, jouée par Chloe Van Landschoot. Quelque chose cloche chez Sara, et permet au malaise de s’installer. Le film prend le temps de montrer sa relation avec sa copine Carol (Tymika Tafari), leur envie de fonder une famille, la naissance d’un bébé pourtant issu d’une nuit d’ivresse. C’est ce contraste entre l’intimité du couple et l’ambiance malsaine qui rend Son of Sara captivant. L’angoisse vient se nicher dans des petits détails qui rendent la future maman de plus en plus flippante : son envie de dévorer de la viande crue, ses visions hallucinatoires. Qu’arrive-t-il à Sara, qui est-elle en train de devenir ? La tension redouble dans les scènes avec Troy (Garrett Hnatiuk), dont les intentions restent mystérieuses, et dont la propre mère, Agnès, est encore plus inquiétante – que va-t-elle chercher chez eux, du coup ? Carol a-t-elle raison de s’inquiéter (spoiler : oui, un peu) ?

« Émotion, angoisse et quelques pics horrifiques très graphiques viennent récompenser une tension en crescendo maîtrisée. »

Son of Sara est le genre de long-métrage qui ne donne pas toutes les réponses d’un coup. Cultivant le secret, le scénario laisse planer le doute, joue sur les réactions des personnages pour faire monter la pression. Cette angoisse culmine quand Carol comprend qu’il a dû arriver quelque chose à Sara, et que l’on comprend ce qui les lie. Cette relation queer pleine de vulnérabilité, de fragilité, parle d’amour, de confiance, de peur, de l’arrivée d’un enfant comme une lueur positive dans une histoire qui s’assombrit de plus en plus. La grossesse n’est pas qu’un prétexte à un film d’horreur de plus : Bone montre qu’il s’agit d’un symbole de vie et de renouveau, quand tout le reste n’est que mystère et inquiétude.

Ce contraste rend les personnages vraiment insaisissables et maintient le suspense jusqu’au moment clé du film – l’accouchement tant attendu/redouté. Un climax qui rassemble tout ce que le film explore : l’amour entre les deux femmes et le désir de parentalité, confronté à une étrangeté surnaturelle qui colle à la peau de Sara. Émotion, angoisse et quelques pics horrifiques très graphiques viennent récompenser une tension en crescendo maîtrisée. Entre mystère et horreur, émotion et intimisme, Son of Sara dérange, mais dans le bon sens du terme.