Escape of shark : un film de requins qui manque sa cible
Un requin s’infiltre dans un hôtel à touristes dévasté par un tsunami dans le chinois Escape of Shark. Un survival aquatique prévisible et daté.
Derrière son titre anglais à la grammaire bancale, le chinois Escape of Shark promettait de la tension, avec son mélange de film catastrophe et de requins, mais finit malgré sa courte durée (66 minutes !) par se prendre les pieds dans le tapis. Les amateurs de sensations fortes sont souvent friands de ce sous-genre surexploité (voir notamment notre sélection sur le sujet), mais difficile ici de trouver du solide à se mettre sous la dent. Entre un casting qui manque de conviction, un prédateur qui fait de la figuration et un scénario qu’on voit arriver à des kilomètres, le résultat laisse un goût assez amer.
Une chasse au prédateur cousue de fil blanc
Dès le départ, les acteurs ont du mal à nous embarquer dans cette histoire de requin s’infiltrant dans un resort de bord de mer en partie dévasté par un tsunami. Leurs réactions sonnent faux vu l’urgence de la situation, les dialogues sont tout sauf naturels, et on ne ressent jamais vraiment la peur ou l’urgence qui devrait se lire dans leurs yeux. Dur de s’attacher à des personnages quand on a l’impression qu’ils récitent leur texte sans y croire. Côté scénario, c’est du déjà-vu. Chaque rebondissement préparé par le scénariste et réalisateur Hang Zhu est prévisible, des décisions absurdes de ses héros à une tension qui s’installe de manière artificielle. On l’a dit, le sous-genre du film de requins est tellement embouteillé qu’il faut autant de rigueur que d’imagination pour surprendre.
« Les fans du genre risquent de s’ennuyer ferme. »
Et puis, il y a le requin lui-même, supposément la star du show… On l’attend, on l’espère, mais il se fait tout petit. La bestiole apparaît à peine à l’écran, et, quand elle daigne montrer son museau, les effets spéciaux font peine à voir. Ses mouvements sont rigides, son intégration dans les décors est bancale, et au lieu de faire peur, il fait plutôt sourire. Pas vraiment l’effet recherché. En résumé, Escape of Shark enchaîne les mauvais choix : des acteurs sans relief, un scénario qui ronronne et un requin qui aurait mieux fait de rester dans l’ombre. Les fans du genre risquent de s’ennuyer ferme, parce que le pas très long-métrage ne fait que recycler les clichés attendus sans jamais nous entraîner dans sa folie destructrice.
