One Mile : quand Ryan Philippe rejoue Taken en forêt

par | 7 octobre 2026

One Mile : quand Ryan Philippe rejoue Taken en forêt

Abonné récemment aux rôles musclés, Ryan Philippe est la seule bonne raison de voir One Mile, film d’action répétitif à la durée excessive.

Au vu du pédigrée de son casting et de ses réalisateurs, il est surprenant que Mayday n’ait pas eu la permission d’investir les multiplexes. En 1987, période à laquelle se déroule ce buddy movie entretenant sans honte sa nostalgie, nul doute que le film aurait été marketé comme un des événements de l’été. John Francis Daley et Jonathan Goldstein, les réalisateurs de Game Night et Donjons et Dragons : l’honneur des voleurs ont conçu en effet un divertissement jonglant avec savoir-faire entre scènes d’action, moments de comédie à la limite du vaudeville et pointes d’émotion qui donnent une pincée de profondeur à une production bien plus réussie que les récentes collaborations AppleTV / Skydance (Family Plan, The Gorge).

Mon Top Gun dans ton rideau de fer

Mayday : duo de choc chez les Soviets

1987, donc. C’est à peu près à cette période que sortaient sur les écrans du monde entier Top Gun, Double Détente et Midnight Run : autant de références incontournables, puisque Mayday est un buddy movie où le film de Tony Scott joue un rôle central, et où l’action se déplace de l’autre côté du rideau de fer. C’est dans les profondeurs enneigées de l’URSS qu’atterrit Troy Kelly (Ryan Reynolds, moins agaçant qu’à l’accoutumée), un pilote d’avion de l’US Navy en mission d’espionnage, après que son appareil ait explosé en plein vol. Coincé derrière les lignes ennemies, il ne doit son salut qu’à l’intervention de Nikolaï Ustinov (Kenneth Branagh, dans un numéro mi-stoïque, mi-comique), ancien agent du KGB obsédé par la culture américaine. Vivant en ermite, son Graal personnel est une copie pirate… de Top Gun et les voyages en voiture se font au son de Bruce Springsteen. Kelly se méfie, mais doit vite composer avec cet allié excentrique : Volkov, un officier du KGB peu fan de la glasnost (l’imposant Marcin Dorocinski) est à ses trousses, et le gouvernement américain, qui ne veut pas admettre qu’elle espionne son adversaire depuis le ciel, ne va pas lui venir en aide…

Un scénario qui manque de rythme

Le principal défaut de One Mile tient à son écriture. Davidson s’avère incapable de maintenir une tension sur une telle durée, et certaines situations sont trop similaires pour ne pas donner une impression de remplissage. Car en partant d’une base aussi classique, avait-on réellement besoin de deux films ? En resserrant l’intrigue, en allant à l’essentiel, One Mile aurait probablement bien mieux fonctionné. La découpe en deux parties accentue les faiblesses du scénario plus qu’elle n’enrichit l’histoire, qui fait inévitablement penser à la saga Taken, qui malgré ses errances, maîtrisait dans le premier opus beaucoup plus son sujet.

« Une série B de 90 minutes, tendue et resserrée, sera toujours plus efficace et plaisante à voir. »

Dans cet ensemble parfois poussif, Ryan Phillippe reste une présence, un repère précieux. Ce père confronté à la plus dangereuse épreuve de sa vie sonne juste, et le comédien suffit à maintenir l’intérêt pour le parcours du personnage quand le scénario s’enlise. Le plaisir de le voir dans un rôle dramatique de ce genre opère pleinement et offre à la duologie ses meilleurs moments. Les scènes d’action, forcément au rendez-vous, sont plutôt efficaces. Il aurait été préférable de donner plus de place et d’intensité au personnage d’Alex, sa fille jouée par Amélie Hoeferle, qui reste beaucoup trop en retrait, et plus de profondeur aux méchants (dont ce bon vieux C. Thomas Howell), pour les rendre plus crédibles.

One Mile laisse l’impression d’un projet sans prétention qui avait tout ce qu’il fallait pour divertir, mais qui pêche par une durée excessive. Les longueurs et les répétitions font couler l’ensemble malgré les qualités du casting. Ryan Phillippe reste un point d’ancrage solide, mais sa présence ne suffit pas à faire oublier qu’une série B de 90 minutes, tendue et resserrée, sera toujours plus efficace et plaisante à voir qu’un téléfilm interminable.