Top 10 : les meilleurs rôles de Keanu Reeves
À l’occasion de la sortie d’Outcome sur AppleTV, retour en 10 rôles sur la carrière de Keanu Reeves, la plus zen des stars de Hollywood !
Il est assez rare pour un acteur américain de voir sa côte de popularité intacte après 40 ans de carrière au firmament de Hollywood. Dans le cas de Keanu Reeves, c’est l’inverse : plus les années passent, plus l’acteur canadien aux origines britannico-hawaïennes voit sa popularité grandir. Star de l’ère digitale, adorée autant pour les rôles qui ont fait sa gloire que pour sa personnalité zen et philanthrope, Reeves est, tout comme Nicolas Cage dans un autre genre, une figure à part dans l’usine à rêves. Désormais soixantenaire, le comédien peut se retourner avec fierté sur une filmographie forte d’une centaine de titres, dont les plus iconiques viennent à l’esprit dès que son seul prénom (qui signifie, rappelons-le, « brise fraîche au-dessus des montagnes » en hawaïen) est prononcé.
Rarement encensé, au contraire, par la critique, moqué pour son jeu jugé monolithique, Keanu Reeves a pourtant souvent prouvé sa versatilité et a su faire confiance à des réalisateurs qui ont tiré le meilleur de son physique à la fois angélique et athlétique. Une panoplie encore mise à l’honneur, dans un registre doux-amer, avec la comédie dramatique Outcome, diffusée sur AppleTV. Une nouvelle composition en forme de mise en abyme – puisqu’il y incarne une star fictive de films d’action à Hollywood – et un beau prétexte pour passer en revue ses meilleurs rôles, au fil d’une carrière débutée en 1984 avec une pub pour Coca-Cola !
10. The River’s Edge

Parmi les premiers rôles que Keanu Reeves décroche au début de sa carrière, River’s Edge (Le fleuve de la mort en VF), réalisé en 1986 par Tim Hunter (Le Saint de Manhattan) reste le meilleur indicateur du succès à venir de l’acteur. Il campe l’un des membres d’une bande de lycéens rebelles, confrontés à un dilemme terrible quand l’un des leurs avoue avoir tué sa petite amie. Un film rare à redécouvrir !
9. Beaucoup de bruit pour rien

Difficile de savoir ce qu’il est passé à travers la tête de Kenneth Branagh quand il a engagé Keanu Reeves, alors intronisé star de film d’action, pour jouer le vicieux Don Juan dans son adaptation de Beaucoup de bruit pour rien. Bon choix ! Le film, formidable, est une vibrante recréation du texte de Shakespeare. Reeves, renfrogné et à contre-emploi, s’y amuse comme un fou dans un rôle court, mais crucial.
8. Constantine

Descendu en flammes à sa sortie, en tant qu’adaptation pour le moins infidèle du comic book culte d’Alan Moore, Constantine n’a fait que regagner en popularité au fil des ans, au point qu’une suite est désormais envisagée. Dans la peau du détective de l’occulte dérouillant à l’eau bénite les anges déchus entre deux clopes, Reeves marque les esprits. Imparfait, mais fun, le film tient surtout le coup grâce à sa prestation.
7. L’excellente aventure de Bill & Ted

Comme les Matrix, Les aventures de Bill & Ted (dont on retiendra surtout le premier épisode) forment une trilogie incontournable dans la carrière de Keanu Reeves. Pour beaucoup d’Américains, l’image de l’acteur est associée à cette franchise de comédies stoner régressives, où son côté joyeusement ahuri paraît si naturel et évident qu’on le pensait, à l’époque, condamné à enchaîner ce genre de rôles. Grosse erreur, dude !
6. Intuitions

De tous les rôles inattendus qu’a pu endosser Keanu Reeves, Intuitions est sans doute le plus terrifiant. Dans ce drame procédural fantastique impeccablement réalisé par Sam Raimi avant ses Spider-Man, l’acteur incarne le mari odieux et brutal de Hilary Swank, et fait planer une atmosphère de menace physique palpable sur le personnage de médium joué par Cate Blanchett. Une performance impressionnante !
5. My own private Idaho

Joyau de la frange « indé » de la filmo de Reeves, aux côtés notamment de A Scanner Darkly, My own private Idaho est une œuvre clé pour ses acteurs comme pour son réalisateur Gus Van Sant. Ce road-movie à fleur de peau suivant l’errance de deux jeunes gays prostitués a donné l’occasion à Reeves de composer un duo fusionnel et déchirant avec son partenaire, le magnétique et regretté River Phoenix.
4. Point Break

Si Néo a apporté à Reeves le statut de star la plus bankable des années 2000, Johnny Utah est celui qui a mis sa carrière sur orbite dans les années 90. Le jouissif Point Break, entré à la vitesse d’une vague déferlante dans la pop culture, fait partie de ces titres inusables qui ont forgé l’image d’une décennie entière, malgré son pitch absurde mêlant sports extrêmes, leçons de vie bouddhistes et braquages de banque.
3. Speed

En parlant de pop culture ! L’un des meilleurs films-concept de sa décennie, Speed tient de la réussite miraculeuse, avec son histoire de bus piégé filant à toute allure (sinon boum !) à travers les artères de L.A. Merveille de montage et de scénario « à l’économie », de montage, le classique de Jan de Bont a cimenté la réputation d’action man de Keanu Reeves, dont le charisme métrosexué atteint ici des sommets.
2. John Wick

En 2014, John Wick fait repartir d’un coup la carrière de Keanu Reeves, fragilisée par des débâcles commerciales comme 47 Ronin. Synthèse bourrine, sur-stylisée et clinique du film d’action moderne, la franchise fait de lui un « Baba Yaga » aussi léthal qu’increvable ! Les épisodes iront toujours plus loin dans une grandiloquence et un excès cartoonesque de violence, que Hollywood s’empressera de copier.
1. The Matrix

S’il ne doit qu’en rester qu’un, ce sera l’élu ! Keanu Reeves le sait, pour l’éternité, il est et restera Néo, héros christique de la saga Matrix imaginée par les sœurs Wachowski. Il est difficile, si l’on n’y a pas assisté à l’époque, de saisir l’ampleur du choc administré par le duo en 1999 avec le premier – et meilleur – opus. L’influence considérable qu’a eu cette épopée de hard-SF sur la décennie qui a suivi (et pas seulement dans le monde du cinéma !) est à la mesure de la richesse qu’elle a apportée à sa star principale. Mais il ne faut pas sous-estimer l’importance de Reeves, dont le rôle consiste d’abord à nous guider dans cet univers au-delà de la réalité avant d’en prendre le contrôle, dans le succès de The Matrix. Il en est le visage et l’âme aussi, même si les suites peineront à lui rendre totalement justice.