Queens of the Dead : zombies, glitter et esprit queer

par | 24 juillet 2026

Queens of the Dead : zombies, glitter et esprit queer

Inventif, drôle et gore, Queens of the Dead marque pour Tina Romero une belle entrée dans le film de zombies popularisé par son père.

Pouvait-on imaginer plus bel hommage rendu à son paternel que de poursuivre, à sa manière, sa fondatrice « saga » des morts-vivants ? Ce qui aurait pu sembler être un geste intéressé devient avec Queens of the Dead un moment irrésistible. Difficile en effet de ne pas passer un bon moment devant ce film de zombies, oui, mais pas comme les autres. Tina Romero, fille de George, transforme pour son premier long-métrage une soirée banale dans un club queer de Brooklyn en apocalypse zombie complètement barrée, où les drag queen en plein show et les habitués doivent mettre de côté leurs embrouilles pour s’unir et survivre. Le film assume comme un étendard son identité LGBT+ avec une simplicité désarmante, sans que cela sonne comme un argument marketing, et parvient dans le même temps à rendre un hommage sincère au cinéma de George Romero, grâce à de nombreux clins d’œil.

Une galerie de fêtards attachants

Queens of the Dead : zombies, glitter et esprit queer

Queens of the Dead fonctionne en grande partie grâce à son casting choral, emmené entre autres par Katy O’Brian (Love lies bleeding, Twisters). Les personnages queer extravagants brossés par Tina Romero sont variés, drôles et solidaires quand la menace commence à se faire sentir, surtout pendant la défense improvisée du club, où chacun détourne les accessoires de scène pour occire du revenant, comme ce zombie enfermé dans une cage. Le film réserve quelques surprises, comme l’arrivée d’une avocate en plein chaos, incarnée par Margaret Cho (Drop Dead DivaI) : son entrée, alors que le groupe commence à flancher, relance direct l’ambiance. Avec ses connaissances contre ces zombies et son humour pince-sans-rire, elle devient vite l’un des personnages les plus marquants de Queens of the Dead.

« Queens of the Dead ne se prive pas de déverser sa dose de gore.
C’est du Romero ou pas, après tout ? »

Même si Queens of the Dead mise sur la comédie et l’absurde pailleté, il ne se prive pas de déverser sa dose de gore. C’est du Romero ou pas, après tout ? La première attaque qui transforme la piste de danse en mare de sang, donne le ton, et plusieurs combats exploitent avec malice l’univers du club : talons aiguilles, perruques, projecteurs… tout devient arme improbable. Certaines exécutions de zombies se terminant dans des gerbes de sang sont aussi inventives que graphiques, mais toujours servies avec une bonne dose d’humour – on pense notamment à cette scène impliquant des rats… Film hommage doté d’une vraie et touchante personnalité, Queens of the Dead surprend sans tomber dans le prévisible, ce qui est une sacrée qualité dans un genre aussi fréquenté. Le mélange de violence cartoonesque, de répliques qui claquent et d’énergie pop fait tout le charme de ce premier essai.