Mayday : duo de choc chez les Soviets

par | 24 septembre 2026

Mayday : duo de choc chez les Soviets

Action, pop culture et Guerre Froide font bon ménage dans Mayday, buddy movie sympathique porté par le duo Reynolds / Branagh.

Au vu du pédigrée de son casting et de ses réalisateurs, il est surprenant que Mayday n’ait pas eu la permission d’investir les multiplexes. En 1987, période à laquelle se déroule ce buddy movie entretenant sans honte sa nostalgie, nul doute que le film aurait été marketé comme un des événements de l’été. John Francis Daley et Jonathan Goldstein, les réalisateurs de Game Night et Donjons et Dragons : l’honneur des voleurs ont conçu en effet un divertissement jonglant avec savoir-faire entre scènes d’action, moments de comédie à la limite du vaudeville et pointes d’émotion qui donnent une pincée de profondeur à une production bien plus réussie que les récentes collaborations AppleTV / Skydance (Family Plan, The Gorge).

Mon Top Gun dans ton rideau de fer

Mayday : duo de choc chez les Soviets

1987, donc. C’est à peu près à cette période que sortaient sur les écrans du monde entier Top Gun, Double Détente et Midnight Run : autant de références incontournables, puisque Mayday est un buddy movie où le film de Tony Scott joue un rôle central, et où l’action se déplace de l’autre côté du rideau de fer. C’est dans les profondeurs enneigées de l’URSS qu’atterrit Troy Kelly (Ryan Reynolds, moins agaçant qu’à l’accoutumée), un pilote d’avion de l’US Navy en mission d’espionnage, après que son appareil ait explosé en plein vol. Coincé derrière les lignes ennemies, il ne doit son salut qu’à l’intervention de Nikolaï Ustinov (Kenneth Branagh, dans un numéro mi-stoïque, mi-comique), ancien agent du KGB obsédé par la culture américaine. Vivant en ermite, son Graal personnel est une copie pirate… de Top Gun et les voyages en voiture se font au son de Bruce Springsteen. Kelly se méfie, mais doit vite composer avec cet allié excentrique : Volkov, un officier du KGB peu fan de la glasnost (l’imposant Marcin Dorocinski) est à ses trousses, et le gouvernement américain, qui ne veut pas admettre qu’elle espionne son adversaire depuis le ciel, ne va pas lui venir en aide…

« Mayday est une comédie d’action qui ne s’excuse pas d’être surannée. »

Indéniablement, Mayday est une comédie d’action qui ne s’excuse pas d’être surannée. Même si la mise en scène précise, inventive et virevoltante du duo Daley / Goldstein donne au long-métrage une dimension moderne, voire par moments franchement réjouissante (les scènes de combats aériens sont de toute beauté), cette histoire d’amitié entre deux hommes opposés en tous points, mais qui finissent par s’unir autour de valeurs communes, a quelque chose de terriblement familier. La recette date de fait des années 80, et Mayday déroule son programme, d’une rafraîchissante simplicité, à un rythme métronomique, sans jamais admettre que 40 ans de cinéma sont depuis passés par là. En résulte un charme un peu hors du temps, qui donne un cachet imprévu à un film de plateforme a priori si superficiel.

L’alchimie entre Reynolds et le sexagénaire Branagh, aussi improbable qu’elle puisse être, existe instantanément à l’écran. Le réalisateur d’Hamlet en particulier, s’amuse sous son épaisse barbe à jouer les tortionnaires sur le retour rêvant de hamburgers et d’un meilleur avenir pour sa fille (Maria Bakalova, sous-employée). Daley et Goldstein confèrent un même soin à leurs morceaux de bravoure, leurs ambiances hivernales et leurs gags : certains peuvent laisser songeurs, mais la majorité d’entre eux, comme ce marivaudage fugace dans le placard d’un haut officier russe, sont de véritables perles du genre. L’aspect formulaïque de Mayday a beau lui faire du tort – c’est un film qui divertit énormément sur le moment, mais n’a pas vocation à rester dans les mémoires -, force est de reconnaître qu’il sort du lot des productions du même genre, ne serait-ce que par le flair visuel de ses metteurs en scène.