Americana : un thriller « coenien » sous influences

par | 16 février 2026

Americana : un thriller « coenien » sous influences

Malgré la popularité de Sydney Sweeney, Americana se révèle être un polar teinté de western qui ne devrait pas rester dans les mémoires.

Americana est le premier long-métrage du poète américain Tony Tost, surtout connu comme scénariste et showrunner de séries télévisées reconnues (Longmire, Damnation, The Terror ou Poker Face), presque toujours ancrées dans un univers mêlant crime, western et reconstitution historique. Pour cette production, qu’il scénarise également, Tost s’est appuyé sur un budget modeste de 9 millions de dollars, mais aussi sur un solide casting : Sydney Sweeney (qui au moment du tournage, en 2022, n’était pas encore la star qu’elle est devenue), Paul Walter Hauser (Le cas Richard Jewell), Eric Dane (Grey’s Anatomy) ou encore Simon Rex (Red Rocket). On y découvre aussi la chanteuse Halsey, qui tient ici son premier grand rôle et incarne le personnage central.

 Présenté initialement au festival SXSW d’Austin e 2023, Americana a mis plus de deux ans à trouver un distributeur aux USA, avant une sortie en salles discrète en août 2025, soldée par un échec (1M de dollars de recettes). Le film s’est ensuite frayé un chemin jusqu’aux salons français, avec une sortie sur HBO Max en décembre.

Tout, tout pour la tunique

Americana : un thriller « coenien » sous influences

L’« Americana », si on peut le résumer, est un courant culturel, à l’origine littéraire ou musical, qui consiste en une exploration de l’Amérique rurale et traditionnelle. On y retrouve les grands paysages et les gens simples, figés dans un passé presque suspendu. Le film s’inscrit logiquement dans ce mouvement. L’histoire suit Mandy (Halsey) et son fils Cal, qui se prend pour une réincarnation de Sitting Bull. Les deux vivent dans le mobil-home isolé de son petit ami Dillon (Eric Dane), au cœur d’une plaine semi-désertique. Mandy tente de s’enfuir avec la voiture de Dillon. Problème : le coffre contient une tunique indienne sacrée valant un million de dollars, fraîchement volée. C’est le point de départ d’un chassé-croisé impliquant des personnages typiques du genre : Penny (Sweeney), serveuse bègue d’un diner qui rêve de devenir chanteuse de country, son ami Lefty (Hauser), un gentil cow-boy, Ghost Eye (Zahn McClarnon), un descendant indien qui recueille Cal, ou encore Roy (Rex), le commanditaire du vol. Tout ce petit monde va tenter de mettre la main sur la précieuse relique…

« Le film sonne un peu faux, presque programmatique. »

Si Americana a pu être comparé à du Tarantino, c’est plutôt du côté des frères Coen qu’il faut voir l’inspiration. On y retrouve l’aspect choral, l’absurdité de la violence (dans la scène du vol, par exemple) et ce rythme un peu léthargique contrastant avec l’urgence de la situation. Mais n’est pas Joel et Ethan qui veut. Sans être totalement raté, le film sonne un peu faux, presque programmatique, et ne s’approche jamais de l’ambiance d’un Fargo ou d’un No Country for Old Men. La construction en chapitres – qui ne justifie aucun véritable changement de point de vue ou de temporalité – sonne comme une imitation plutôt que comme une nécessité narrative ou un style personnel. À l’exception de Mandy, les personnages manquent d’épaisseur pour marquer l’esprit.