Griff the Invisible : super-héros… ou presque

par | 13 février 2019

Inédit depuis 2010, Griff the Invisible nous présente le super-héros le plus timide du monde : ou quand les justiciers masqués sont d’incurables romantiques…

Gentil au point d’être vraiment effacé, Griff (Ryan Kwanten) est un employé lunaire et solitaire le jour, chaperonné par son grand frère et reclus dans son appartement hi-tech la nuit. Une batcave dernier cri d’où notre héros s’échappe la nuit pour faire régner la justice à la force des poings, grâce à sa cape d’invisibilité. En gros. Sa vie d’asocial épris de justice change le jour où il tombe malgré lui amoureux… de Melody (Maeve Dermody) la copine de son frère.

L’amour sans masques

Griff the invisible, qui était demeuré inédit en France depuis 2010 avant d’être enfin distribué sur le portail (S)VOD Outbuster, est une production australienne qui fait le pari osé de marier comédie romantique et film de super-héros, sans que l’on sache, pendant une bonne partie du film, si l’histoire finira par pencher d’un côté ou de l’autre. On pense parfois à Benny and Joon, et cette façon de créer un couple d’amoureux qui se sentent à l’écart du monde et préfèrent cultiver leur différence ensemble.

Dans le rôle-titre de ce premier long-métrage de Leon Ford (qui n’a jamais transformé l’essai et est resté à son métier initial de comédien), Ryan Kwanten prend le contre-pied total de son personnage d’Apollon ahuri qu’il incarnait à l’époque de True Blood. Raie sur le côté, tics en rafale et moue gênée, il compose un personnage pas si facile à apprécier, guère disposé à mettre de côté sa douce folie ou son rutilant costume en cuir. Sa love story est aussi complexe et surprenante que son parcours de justicier invisible. Malgré des décors étriqués, des coups de mous dans le rythme et un dernier acte qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, Griff the invisible est une curiosité plutôt rafraîchissante à découvrir.