The Stranger in my home : un mystère aux promesses non tenues
L’idée d’un enfant échangé à la naissance sert de base dans The Stranger in my home pour un thriller longuet et sans surprise.
Le thriller The Stranger in My Home réalisé par Jeff Fisher, à qui on doit notamment le film d’horreur méta Killer Movie (avec une Kaley Cuoco pré-The Big Bang Theory), part d’une idée toute simple qui pourtant fait froid dans le dos : et si votre enfant n’était pas le vôtre ? L’histoire d’un échange de bébés à la maternité promettait des révélations explosives, voire une réflexion sur les thèmes de l’identité et de la famille. Malheureusement, cet inédit Paramount+ a bien du mal à tenir sa promesse de bout en bout, alternant moments percutants et longueurs inexcusables.
Un troisième acte « intense » mais prévisible
Tout commence avec Ali (Sophia Bush, Les frères Scott), coach de l’équipe de pom pom girls dont fait partie sa fille Katie (Amiah Miller, Hold your Breath). L’arrivée de Tom Trudy (Chris Carmack, Grey’s Anatomy), qui affirme être le père biologique de Katie, fait imploser d’un coup cette famille. Le malaise est immédiat et bien rendu, surtout à travers la réaction brutale de l’adolescente. On se prend au jeu, intrigué par les comportements bizarres de Tom et ces détails visuels qui trahissent une surveillance inquiétante. Le problème principal de The Stranger in my home, c’est que le suspense retombe vite. Même la rencontre entre les deux familles, pourtant source d’un malaise palpable, ne parvient pas à créer une vraie montée en tension. Tom devient suspect un peu trop tôt, ce qui gâche une partie du mystère. Inévitablement, le deuxième acte tourne en rond, dans l’attente d’une résolution digne de ce nom.
« Le film pose des bases solides avec une prémisse angoissante, mais perd son élan avant de se rattraper in extremis. »
Heureusement, le dernier acte redresse la barre. La disparition de Katie et la révélation du plan machiavélique de Tom apportent enfin l’adrénaline attendue. Le lien avec Peter, le fils qu’Ali avait abandonné, ajoute une couche dramatique intéressante, même si elle arrive un peu tard. Cette ultime partie reste très prévisible et comporte son lot de grosses ficelles (ouvrir une paire de menottes avec une boucle d’oreille ? Ok, si vous le dites). Au final, The Stranger in My Home donne l’impression d’un film à deux vitesses. Il pose des bases solides avec une prémisse angoissante, mais perd son élan avant de se rattraper in extremis. Les thèmes de l’identité et des liens familiaux sont forts, mais noyés dans un rythme inégal et une esthétique télévisuelle anonyme. C’est dommage, car on sent qu’il y avait là le matériau pour un thriller bien plus mordant.
