Top 10 : les meilleurs DTV de 2013

par | 6 janvier 2014

Des films inédits en salles, il en arrive tous les jours dans les rayons vidéo. Born to Watch fait le bilan des meilleurs films passés « sous le radar » en 2013 !

Une nouvelle fois, l’année 2013 a été prolixe en sorties vidéo : les recalés du grand écran, qu’ils soient incontournables ou nanardeux, se font toujours plus nombreux, alors qu’en parallèle, des dizaines de productions franchouillardes pas vraiment nécessaires se vautrent tranquillement dès la première semaine. Nuançons toutefois cette attaque gratuite : il n’est pas dit que toutes les productions qui rejoignent directement les étals Blu-ray des supermarchés, le portail VOD de votre bobox ou la page d’accueil d’Amazon, auraient rencontré un grand succès en salles. Après tout, quelque soit son mode d’exploitation, un film a aujourd’hui besoin d’attention, et de promotion, pour sortir de la masse. Parfois, le défi pour les distributeurs, confrontés à des exploitants de plus en plus frileux, s’avère trop complexe et suicidaire financièrement. Résultat : peu de chances aujourd’hui que vous croisiez en salles un film d’horreur craspec, un film en costumes asiatique ou même un thriller venu d’une contrée un peu trop exotique. Trop dur ! Trop hasardeux ! Et en plus vous allez avoir des racailles dans la salle.

Bon, manque de bol pour eux, il y aura toujours un Conjuring au triomphe indéniable pour venir leur prouver le contraire, mais passons : pour tous les films de ce top 10, la sanction est tombée depuis longtemps, et le plus important est qu’ils soient disponibles ici, maintenant, à portée de télécommande ou de carte bleue. Suspense, fantastique, aventure, science-fiction, horreur ou thriller, il y en a, comme d’habitude, pour tous les goûts. Fait intéressant : tous, sauf Burning Bright, ont été vus en salles par votre serviteur. Ils auraient mérité d’y faire un petit tour près de chez vous.

10. The Agent

Le dernier opus en date du prolifique réalisateur sud-coréen Ryoo Seung-Wan (The UnjustCity of Violence) est un film d’espionnage musclé louchant parfois plus que de raison sur la trilogie Jason Bourne, ne serait-ce que pour son décor principal et hautement symbolique qu’est la ville de Berlin. The Agent a beau être parfois inutilement alambiqué (il faudra s’accrocher pendant la première demi-heure), son histoire de rivalité à la fois personnelle et nationale, associée à des scènes d’action et de combat où le cinéaste rappelle son savoir-faire, s’avère très efficace.

9. Shiver

Resté inédit chez nous depuis 2008, l’ibérique Shiver (alias Eskalofrio en VO) a contre lui d’être arrivé un peu dans l’ombre de grands succès comme L’Orphelinat et REC. Cela ne doit toutefois pas faire oublier les qualités de ce thriller d’épouvante rural signé par le réalisateur de Fausto 5.0, qui utilise autant les ficelles du film de monstres que celle de la ghost story, et garde comme suprême originalité de choisir de mettre en avant un personnage d’ado lui-même considéré comme un freak par ses camarades.

8. Tai Chi Zero / Hero

Trilogie avortée après l’échec de son deuxième opus, la saga Tai Chi Zero / Herotruffe pendant trois heures le genre du film de kung-fu (ou de tai chi, puisque le récit conte la naissance de cet art martial) de gimmicks hérités à la fois du jeu vidéo, du cinéma muet, de la littérature steampunk et du bis ricain, avec un appétit rabelaisien. Ce Scott Pilgrim asiatique carburant à l’anachronisme et à l’humour régressif, relâche la pression dans son deuxième et dernier épisode, mais en l’état, les Tai Chi forment un divertissement tout à fait recommandable pour les fans du genre.

7. Dans l’œil du tigre

Petite série B sortie en catimini chez nous, Dans l’œil du tigre (ou Burning Brighten VO) réussit là où tant de films dit « d’agression animale » échoue : il crédibilise une menace potentiellement ridicule – deux enfants doivent échapper à un tigre dans une maison dont les issues sont bouclées – en soignant ses personnages, son atmosphère « transpirante », et les apparitions de sa bête vedette, un félin qui suscite à la fois peur et compassion. Le résultat : un modèle de suspense qui avec peu de moyens, tient en haleine pendant 90 bonnes minutes. Gentil le cha-chat…

6. Dredd

Il aurait été logique que Dredd 3D, adaptation à moyen budget de la fameuse BD britannique, comble les amateurs de SF bourrine sur grand écran. L’échec américain du film, mené par un Karl Urban mono-expressif, en a décidé autrement, et c’est bien dommage. Même s’il ne brille pas par la complexité de son script ou de ses dialogues, Dredd se déguste comme un spectacle primitif qui va droit au but. Fusillades dantesques, punchlines définitives, production design soigné, le film rend enfin justice à un personnage et un univers à nul autre pareil. Vivement… la suite ?

5. Phase 7

Petite pépite qui ne paie pas de mine au premier abord, Phase 7 renouvelle le filon pourtant surexploité du film de virus/zombies avec un humour à froid et des personnages de patachons attachants qui rappellent illico Shaun of the Dead. Pourtant, ce huis-clos venu d’Argentine sait cultiver sa propre différence, et surprend à chacune de ses embardées, soignant ses hommages (Peter Jackson, John Carpenter pour la musique) et ses variations d’ambiance avec un panache tout simplement irrésistible.

4. Innkeepers

Nostalgique obsessionnel des années 70-80, Ti West confirme les espoirs placés en lui après House of the Devil avec cet Innkeepers au classicisme trompeur : à la fois film de fantômes patient et terrifiant, et comédie de mœurs à l’humour caustique, ce nouvel essai tente de retrouver un feeling cinématographique oublié, totalement à rebours de la mode actuelle, y compris chez James Wan. Rien que pour cette recherche étonnante (et aussi ses acteurs, tous parfaits), Innkeepers est une réussite précieuse.

3. Headhunters

À l’heure où l’on parle toujours de Millenium pour souligner la bonne santé du thriller scandinave, Headhunters, Grand prix de l’Étrange festival en 2012, est passé beaucoup trop inaperçu (l’hideuse jaquette n’a pas aidé). Huilé comme du Mamet, sarcastique et palpitant, le film se déguste comme une hargneuse série noire où nous sommes obligés de prendre fait et cause pour un cambrioleur mégalo. Le face-à-face entre Aksel Hennie (prochainement dans Hercule) et Nikolaj Coster-Waldau (Game of Thrones) produit, c’est le moins qu’on puisse dire, son lot d’étincelles.

2. Dragon Gate 3D

Après une période qu’on pourra qualifier de panne créative, le hong-kongais Tsui Hark est revenu en force pour attaquer le marché chinois avec la série des Detective Dee, mais aussi avec ce Dragon Gate 3D, qui marque ses retrouvailles avec Jet Li. Œuvre virevoltante, comme toujours imparfaite, mais bourrée de trouvailles et de personnages féminins d’anthologie, ce véritable festin esthétique comblera de joie tous les amoureux du wu xia pian, de chasse au trésor et plus généralement de grand spectacle n’ayant pas peur d’en faire trop !

1. Citadel

Et le « prix » de l’inédit vidéo va donc cette année à l’Irlandais Citadel, film fantastique angoissant qui explore avec une douloureuse acuité les ravages de l’agoraphobie. Se servant de sa traumatisante expérience personnelle, le réalisateur Ciaran Foy mélange parabole sociale et film d’horreur avec peu de moyens et l’aide d’un acteur possédé par son rôle. On pense à Clive Barker, à Cronenberg, dans cette peinture d’une banlieue ressemblant à un purgatoire terrestre, théâtre d’une éprouvante catharsis pour son héros replié sur lui-même. Une vraie réussite, qui marque la naissance d’un cinéaste extrêmement prometteur.

Parce qu’il est toujours bon de mettre en avant des titres qui bénéficient de peu de promotions, on ne saurait trop vous conseiller de jeter aussi un œil à ces titres, en quelque sorte nos mentions honorables : le film de monstres alcooliques Grabbers ; le très flippant et surprenant The Pact ; le déroutant Swordsmen et son mélange d’arts martiaux et d’enquête à la History of Violence ; les ludiques et bourrins The Collection et No one lives ; un chouette film de surf australien nommé Drift ; l’halluciné et presque expérimental Universal Soldier : le jour du jugement ; et pour les fans de gore et de grindhouse vraiment fauché, le très incorrect Father’s Day.

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